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 [FLASHBACK] I'm a man you don't meet every day ♥ Dee + Eli

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Fée Clochette
ICI DEPUIS LE : 29/04/2016
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MessageSujet: [FLASHBACK] I'm a man you don't meet every day ♥ Dee + Eli   Jeu 2 Juin 2016 - 0:50



So come fill up you glasses of brandy and wine
Whatever it costs, I will pay
So be easy and free when you're drinking with me

I'm a man you don't meet every day

La musique des Pogues résonne dans le pub où ça parle maintenant très fort. Martin entrechoque sa pinte de Guinness contre la mienne avec un petit sourire espiègle. Ce soir, mec, je rentre pas seul ! Je rigole, un peu éméché par les quelques pintes déjà ingurgitées. Martin a habituellement la poisse avec les filles, ce qui fait que lors de nos soirées entre potes, c’est le seul avec qui je suis certain de rester à la fin. Les deux losers de fin de soirée, lui aura essayé avec plusieurs filles et se sera fait refoulé, moi je m’en serai tenu à une distance de sécurité plutôt grande. La timidité aura ma peau, je suis bien incapable d’aller parler à une nana qui me plaît, voilà la plus grande tragédie de ma vie ! Me voilà à l’âge de vingt-six ans toujours célibataire, sans copine depuis mes dix-huit ans. C’est risible, je sais. Mais c’est sa faute ! A celle qui a volé cinq années à mon cœur… et bien plus encore. Le plus grand regret de ma vie. Un ange blond a volé mon cœur alors que j’étais à l’université, ce qui ne m’aide pas à aller vers les autres filles que je trouve jolies ou intéressantes, sachant qu’aucune d’elles n’a encore égalé Delilah.

J’ai un peu honte d’y penser encore un peu, parfois. C’est ridicule ! Cette fille que je ne reverrai jamais, en plus ! Et vous savez quoi ? C’est une célébrité ! Elle a réussi sa vie, elle écrit des livres à succès, elle est riche. Forcément elle n’était pas intéressée par quelqu’un comme moi, l’homme invisible qui plus est. Le destin a pas été cool sur ce coup, j’aurais pu tomber amoureux d’une fille quelconque, une fille « normale ». Mais lorsque j’ai posé les yeux sur Dee, tout a basculé. Dee, c’est comme ça que ses copines l’appellent, moi évidemment, je ne lui ai jamais parlé. Sauf une fois, je lui ai tenu la porte, elle m’a dit « merci », je lui ai répondu « de rien », rouge comme une tomate. Et je suis allé me cacher. Ne vous moquez pas, c’est maladif !

Je réponds à mon ami Martin, le mettant au défi. Epate-moi ! Et la prochaine soirée c’est moi qui te paye tes bières ! A mon tour d’entrechoquer ma pinte contre la sienne, et j’en bois immédiatement quelques gorgées. Délicieux. Même après cinq pintes, le goût amer de cet or noir à la mousse onctueuse arrive à ravir mes papilles. Je souris bêtement, satisfait. Non, tu sais quoi Eli ? me hurle mon ami à l’oreille. Ce soir, aucun de nous deux rentre seul ! Tu vas pécho, mon vieux ! Je suis ton copilote ! J’éclate de rire face à autant de sérieux de sa part. Ouais c’est ça ! Et demain je gagne à la loterie ! Non mais la blague… Il me regarde, un peu déçu, mais se retourne vers la foule. Six secondes plus tard, il reprend la parole. Bon alors si t’as envie de rester seul, je t’abandonne, la jolie brune là-bas m’appelle ! Il lève son verre vers moi, le regard légèrement fatigué par l’alcool, et il s’éloigne, me laissant seul avec pour seul ami un pilier de bar, et je parle pas d'une personne, je pars d'un vrai pilier, qui parle pas, sur ma droite, bien épais, avec des cadres accrochés dessus. Allez, je finis ma pinte et je rentre chez moi. J’observe quand même la technique d’approche de mon ami. Le voilà qu’il parle à la brunette, plutôt jolie d’ailleurs, et je souris un peu niaisement quand je vois qu’elle lui répond au creux de l’oreille. Ca a l’air de s'annoncer pas mal pour lui, pour une fois… Ah, il y a même un rapprochement physique, eh ben, ce soir c’est Martin Champion que j’ai en face de moi ! Quelques personnes se sont mises à danser au milieu du pub, ce qui est tout à fait normal en fait dans ce genre d'endroit, et je vois Martin emmener sa brune sur la piste de danse. Bonne technique. J’aime bien danser, moi, sauf que là y a trop de filles autour et j’ai trop honte. J’ingurgite alors ma bière vitesse grand V, je bouge quand même, histoire de ne pas paraître trop alone, je fais genre je vais rejoindre quelqu’un, et puis ça me fait voir du paysage, on change de perspective, c’est bien. Je connais pas ce bar, c’est la première fois qu’on vient là, les potes avaient envie de changer, ce soir, alors j’ai suivi. Je me pose pas très loin du bar, finalement, et je termine ma pinte. C’est à ce moment-là que je la vois. Elle. Elle ! Delilah ! Elle est là avec ses copines. Au bar. D’un coup, je sens la panique monter en moi. Qu’est-ce que je fais ? Je pars ? Je reste à la regarder secrètement ? Je crois que je vais partir, ce sera mieux. On va éviter de se faire du mal ce soir. On va éviter de remuer le passé, c’est jamais bon. Je cherche un rebord où poser mon verre vide, je tourne la tête d’un côté puis de l’autre, ah j’en vois un là-bas. C’est bien, ça m’empêche de m’approcher du bar et c’est sur le chemin de la sortie. Sans pouvoir me contrôler, je tourne à nouveau la tête pour la regarder elle. Elle est si belle, elle rayonne, comme d’habitude. Elle rit, et oooh elle se passe la main dans les cheveux, j’adore quand elle fait ça. C’est si sensuel. Elle est si parfaite. Argh mais non !!! Eli, arrête ! Sors de là !

Trop tard. Elle m’a repéré. Hello, coucou ! Je suis le cinglé qui te matait sans arrêt à la fac, tu te souviens ? Putain j’ai honte… Est-ce qu’il est encore temps de partir pour l’éviter ? Oui, bien sûr. Sauf que mes pieds ne répondent plus à mon cerveau et ils restent plantés là, pile dans l’axe pour ce champ de vision magnifique. Elle me sourit. Oh seigneur… Enfin je vérifie quand même à ma droite et à ma gauche si c’est pas à quelqu’un d’autre qu’elle envoie ce sourire. Non, je crois que c’est à moi. Elle doit me reconnaître. J’ai besoin d’un verre. De n’importe quoi, mais quelque chose qui me donne le courage de faire ce que je meurs de faire depuis des années. Mon cœur s’est emballé et tourne à plein régime, je ne sais pas quoi faire. Quelqu’un qui danse me bouscule et me pousse en avant, à croire que le destin s’en mêle. Alors naturellement, mes pieds continuent leur chemin, jusqu’à elle.

Je ne sais pas trop comment, mais un mot arrive à sortir de ma bouche alors que je ne suis qu’à quelques centimètres d’elle. Salut ! Je lui envoie même un large sourire, trop heureux de la revoir, en réalité. C’qu’elle est belle ! Je suis déjà en train de me noyer dans ses yeux. Elle doit voir des étoiles au fond de mon regard, sauf s’il est noyé dans l’alcool, ce qui est fort probable. Delilah, c’est ça ? Ouais ouais… je fais genre. Ca vaut mieux ! Reste cool, Eli, reste cool. Détendu, zen. Tout va bien se passer ! Tu dois pas te souvenir de moi, j’ajoute en rigolant… Comment le pourrait-elle ?
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Peter Pan
ICI DEPUIS LE : 27/05/2016
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MessageSujet: Re: [FLASHBACK] I'm a man you don't meet every day ♥ Dee + Eli   Mar 7 Juin 2016 - 18:14



I'm a man you don't meet every day
Elijah & Delilah
2014 –
« Ce soir, je vous préviens, on fait la fête jusqu’au bout de la nuit ! » Avait-elle annoncé à ses amies en sortant de chez elle. Une voiture luxueuse les attendait pour l’occasion, chauffeur en costume, champagne à la main, et toit ouvrant pour profiter de l’air frais du soir. Si elle était d’ordinaire plus raisonnable et moins tape-à-l’œil, elle avait bien l’intention d’exploser tous les codes de la bienséance ce soir, et pour cause, elle avait reçu le prix littéraire du roman de l’année la veille, à vingt-six ans, après des semaines en top des ventes, une victoire qu’elle comptait bien savourer avec ses amies les plus fidèles. Dans sa famille, seule sa mère avait été présente à la cérémonie de remise des prix. Son père n’avait pas daigné venir, et elle avait été très claire à ce sujet : elle ne voulait plus jamais le voir. Quant à son frère, ah son frère. Il était si indifférent envers elle qu’elle doutait qu’il ait même fait attention au carton d’invitation qu’elle lui avait envoyé. Aujourd’hui, la seule chose qui importait réellement pour Dee, c’était ses amis, puisqu’ils étaient les seuls à constituer un semblant de famille aimante. Elle était incapable de vivre sans eux, elle le savait bien.

Elles entrèrent toutes dans la voiture en pouffant, et à peine celle-ci eut-elle démarrée que le champagne fut versé dans leurs verres. Sa meilleure amie leva son verre, invitant tout le monde à faire de même avant de porter un toast. « A Dee, et à sa brillante carrière d’écrivain, qui ne fait pourtant que commencer ! » La blonde pouffa et trinqua avec ses amies avant de vider lentement une première coupe de champagne. A mi-chemin du bar dans lequel elles allaient depuis des années maintenant, Dee profita du toit ouvrant pour laisser sa joie exploser dans un cri, faisant se retourner de nombreux passants dans la rue qu’ils traversaient. La joie, c’était ce qui la caractérisait toujours. Elle hurlait à tue-tête, et ses amies se joignirent à elle au bout de quelques temps, avant qu’elles n’explosent toutes de rire et retrouvent la chaleur de l’habitacle. La joie, les rires, les cris de bonheur, tant d’artifices pour oublier que sa famille n’était qu’un grand vide, qu’elle avait toujours été le membre de trop, celle qui n’aurait jamais dû voir le jour. Elle avait beau avoir vingt-six, avoir grandi depuis le temps où elle recherchait désespérément l’attention de son frère, ou de son père, ce sentiment de vide était toujours là. Vide qu’elle tentait de remplir par tous les moyens possibles, pour ne jamais être seule, pour ne jamais être isolée, ne jamais avoir l’occasion d’être triste, ou abandonnée. C’était sans doute pour ces raisons qu’elle n’avait jamais eu de véritable relation, qu’elle n’était jamais tombée amoureuse. Ouvrir son cœur à un homme, c’était risquer qu’il l’écrase. Et son cœur, il avait déjà tant souffert, une blessure de plus l’achèverait peut-être. Autant ne pas se risquer à ça.

Elles arrivèrent quelques minutes plus tard au Temple Bar, leur bar de prédilection. La musique battait son plein et la clientèle était déjà nombreuse au vu de l’heure. En groupe, les filles se dirigèrent vers le bar pour commencer la soirée en beauté. Un shot de vodka et un petit cocktail en prime qui montèrent déjà au cerveau, elles riaient sans complexe, trop fières, trop heureuses. « Delilah Buckley, messieurs dames, écrivain talentueuse, récompensée par le prix de meilleur roman de l’année ! » s’exclama bientôt l’une de ses complices, déclenchant les rires autour d’elle, et la gêne de Dee, qu’elle noya dans son verre. Elle ne buvait pas vraiment, habituellement, mais c’était l’occasion, non ? Déjà un peu trop d’alcool dans le sang, elle entraîna ses amies sur une piste de danse improvisée, suivant le rythme de la musique dans chaque mouvement qu’elle faisait. Elle aimait danser, et mieux, elle savait danser. Ses mouvements mêlaient chaque danse qu’elle connaissait dans un combo parfait, elle était sensuelle et décontractée, ses rires emplissant l’espace. Dee, elle était toujours rayonnante, on le lui répétait souvent sans savoir, un soleil. Alors qu’un homme s’approchait d’elle pour la rejoindre, elle s’extirpa de la piste et rejoignit le bar, suivit par quelques-unes de ses complices. Elle commanda un Gin Fizz, son cocktail préféré, toujours si pleine de vie. « Dee, tu feras attention, y a un type derrière toi qui te bave dessus ! » Elle éclata de rire, passa sa main dans ses cheveux pour discrètement se retourner sur un type en veston de rockeur, un visage qui désignait déjà ses intentions. Elle soupira alors et le contourna pour mieux le fuir, cette fois seule avec son verre.

Elle indiqua à ses amies de ne pas se préoccuper d’elle et de rejoindre les autres, d’un geste de la main, d’un sourire, et elle prit une gorgée de son cocktail avant de porter un regard à sa droite et croisa le regard d’un jeune homme, à l’allure familière. Elle fronça légèrement les sourcils, tentant de se rappeler où elle avait bien pu le voir, avant de sourire gentiment en remarquant qu’il ne la quittait pas des yeux. Elle se mit à rire toute seule en le voyant chercher autour de lui à qui pouvait bien être adressé son sourire, et secoua la tête avant de se détourner en souriant. Elle sirota une nouvelle gorgée de son verre avant de se tourner encore une fois vers lui. Où l’avait-elle vu déjà ? Impossible de se souvenir. Il s’était rapproché d’elle, et si elle serait sans doute partie en temps normal, sa curiosité, en plus de l’alcool qui coulait dans ses veines, et l’air de gentil qu’il portait sur lui la firent rester. Arrivé à sa hauteur, sa façon de la saluer, grand sourire à l’appui, la fit éclater de rire. « Salut ! » Répondit-elle sur le même ton, étrangement enjouée. Il connaissait son nom, et alors qu’il enchaînait, elle fronça les sourcils pour tenter de toutes ses forces de se rappeler de lui. Allez, Dee, tu l’as forcément rencontré avant, c’est sûr ! Elle commença à tourner la tête de gauche à droite pour dire que non, prête à s’excuser mille fois de ne pas se souvenir, mais au moment d’ouvrir la bouche, elle eut comme un flash. L’université ! Mais bien sûr, c’était donc ça ! Pourtant, elle n’avait toujours aucune idée de son prénom. S’étaient-ils au moins parlés à l’époque ? « AH ! La fac ! Ca fait tellement longteeeeemps ! » Dit-elle, comme s’ils avaient été les meilleurs amis du monde avant de se perdre de vue. Elle parlait trop fort pour paraître sobre, mais restait parfaitement consciente. « Désolée je… C’est quoi ton nom, déjà ? » Remarque qui pouvait paraître cruelle, certes, mais après tout, il y avait tellement de monde à la fac, et ce n’était pas comme s’ils se connaissaient plus que ça à l’époque ! Elle ne pouvait pas se souvenir de tout le monde après tout. « Tiens, j’te paie un verre pour m’excuser de ne pas me rappeler ! C’est ma tournée ! » Elle appuya sa remarque d’un grand sourire façon Colgate, et se tourna contre le bar. « Alors, tu fais quoi dans la vie, depuis la fac ? » C’était peut-être un peu gonflé de sa part de demander ça, mais tant pis, ça l’intéressait. Il était plutôt mignon, et paraissait plus intéressant que tous les types qui pouvaient bien trainer dans ce bar.
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Fée Clochette
ICI DEPUIS LE : 29/04/2016
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MessageSujet: Re: [FLASHBACK] I'm a man you don't meet every day ♥ Dee + Eli   Ven 10 Juin 2016 - 0:53

Pourquoi je suis là ? Je ne sais pas, mais je me trouve en face de la fille qui a monopolisé mes pensées durant toute la fac et encore maintenant. Cette part de rêve qui ne m’a jamais quitté… celui de pouvoir un jour prendre la main de Delilah, de pouvoir l’appeler « mienne », même si j’ai du mal avec ce concept d’appartenance à quelqu’un. Mais c’est un rêve qui ne se réalisera jamais puisque je suis un empoté des relations amoureuses et que je suis incapable d’approcher une nana qui me plaît. Sauf ce soir apparemment. Alors pourquoi ?

Bloody hell, elle me répond. Elle me parle. Genre Delilah Buckley me parle ! Bon okay, elle me dit juste « salut », mais quand même ! Et je me retrouve comme un idiot face à elle, face à tant de beauté. Non, vraiment, elle est magnifique. Elle rayonne, elle est… parfaite. Elle a l’air super heureuse… mais bon, tu m’étonnes, avec le succès qu’elle a en librairie, faudrait faire la fine bouche pour ne pas jouir de ce succès. Je les ai tous lus, ses romans, vous vous en doutez bien. J’adore sa plume, je la comprends, elle suit mes idées, comme si c’était moi qui écrivais. Je n’ai aucun talent là-dedans, Dee s’exprime beaucoup mieux que moi, mais voilà, à défaut d’être connecté à Dee, je me contente de l’être avec sa plume.

Elle nie de la tête quand je lui sors qu’elle ne doit pas se souvenir de moi. Voilà, j’avais raison. Et quelque part, ça me rassure. Non parce qu’elle aurait pu trop me calculer et voir que j’étais le taré de service qui n’arrêtait de la dévorer du regard. Alors je préfère qu’elle ne se souvienne pas de moi.

Fausse joie.

Elle se souvient.

Merde.

Je rigole, super gêné, je me tripote la nuque, geste machinal qui démontre mon malaise. Je cherche une issue autour de moi. Je dois partir, j’ai super honte, c’est pas possible de rester. Le regard fuyant, je réponds à sa question. Eli… -jah. Enfin tu peux m’appeler Eli. Et… c’est normal que tu ne connaisses pas mon nom, on ne s’est jamais présenté. Je vais pas lui raconter que la seule fois où on a parlé c’était quand je lui ai tenu la porte et que j’étais parti me cacher ensuite, ce serait trop la honte.

Soif. Alcool. Vite. Maintenant !

Elle me propose un verre. Joie ! Me voilà déjà à moitié sauvé. « Et tes bonnes manières, Elijah ? » j’entends la voix de ma mère dans ma tête. « Tu vas laisser une fille t’inviter ? Je ne t’ai pas élevé comme ça ! » Je ferme les yeux un très court instant, puisant dans mon courage, et j’ouvre la bouche, enfin. Merci, mais c’est à moi de t’inviter. Je ne peux décemment pas te laisser me payer un verre. Même si j’imagine qu’elle doit crouler sous les euros. Si cette rencontre est la seule chance de ma vie de l’inviter à boire un verre, je dois la saisir. Bon et puis je suis sûr qu’elle sera la première et dernière chance avec Delilah. Alors oui, je la saisis. Et même si son grand sourire éblouissant me déstabilise à mort. Quand le barman passe devant nous, je l’interpelle et lui demande une pinte de Guinness et « la même chose », en pointant le verre de Delilah. Je me demande bien ce que c’est, j’y connais rien en cocktail, je ne bois que de la bière. On est au pays de la bière, quand même, alors je lui fais honneur.

Je dois attendre ma pinte alors que son cocktail est servi immédiatement. Je regarde mon verre en face de moi, rempli aux deux tiers, qui attend durant sa décantation. Ce que j’aime le plus, c’est voir les couleurs voyager dans le verre, le brun clair du dessus devenir de plus en plus foncé. Magique. J’essaie de me concentrer dessus plutôt que de me dire que je suis à côté de Delilah Buckley et qu’elle me parle, à moi, pauvre mortel.
Sa question est pas cool, parce que je sais d’avance que je pourrai pas lui répondre ensuite « Et toi ? » Évidemment que je sais qu’elle est devenue quelqu’un de connu…
Je tends le billet au barman et en attendant la monnaie, j’aventure mon regard sur le joli profil de Dee. Oui, de profil aussi, elle est jolie. Je la connais sous toutes les coutures, à vrai dire. Et je me rends compte que ça m’a beaucoup manqué de pas pouvoir la contempler durant toutes ces années.
Je dessine, je réponds tout simplement. Des tas de choses. Sur papier et en numérique, je bosse dans une boîte numérique mais j’illustre aussi des livres. J’adore ce que je fais.

« Et toi ? » tsssss. Faut que je trouve autre chose.

Toi aussi tu aimes ce que tu fais ? J’ai… j’ai lu tes livres, je lui avoue sans réfléchir. Le barman me rend la monnaie et me tend ma pinte. Je la saisis immédiatement et je la lève sous les yeux de Delilah.

Sláinte ! je fais avec un sourire. Timide, le sourire, mais il est bien là. Dans ma tête c’est l’euphorie totale : JE TRINQUE AVEC DELILAH BUCKLEY !!!

A tes futurs succès ! j’annonce avec un petit peu de fierté dans la voix. Eh oui, mon super crush de toujours est quelqu’un de connu et c’est un peu comme si je l’avais trouvée avant tout le monde !

Ce qui est complètement stupide, j’en conviens. Chut.

Tu travailles sur un prochain best-seller ? je demande, curieux. Le breuvage qui descend dans ma gorge me fait un bien fou. Et il ne faut absolument pas que mon taux d’alcoolémie diminue, sinon je vais me transformer en carpe. Que Dieu bénisse la Guinness !
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Peter Pan
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MessageSujet: Re: [FLASHBACK] I'm a man you don't meet every day ♥ Dee + Eli   Lun 20 Juin 2016 - 18:12



I'm a man you don't meet every day
Elijah & Delilah
Il la regardait comme aucun homme ne l’avait encore regardée. Ou peut-être était-ce l’alcool qui lui donnait cette impression, mais elle s’en moquait. La façon dont il lui parlait, son sourire un peu maladroit, il y avait quelque chose qui la faisait rester, qui la faisait même oublier qu’elle était arrivée ici avec ses amies. Elle ne le connaissait pas, pas vraiment, elle avait beau se souvenir de lui, elle n’avait pas souvenir d’avoir été proche de lui, ni même d’avoir un jour su son prénom. Lorsqu’il se présenta, elle eut la confirmation de ne jamais lui avoir parlé. Elle fronça les sourcils comme pour réfléchir, une petite moue pour l’accompagner, avant de reprendre la parole. « Elijah… C’est joli ! Mais, dis, si on ne s’est jamais présenté, pourquoi tu connais mon nom, et pas moi ? C’est pas juste ! » Elle était directe, plus encore que d’ordinaire, poussée par l’alcool, un peu pompette après quelques verres. Ainsi, pour s’excuser de ne pas se rappeler de lui, ou en tout cas utilisant ce fait comme une excuse, elle lui proposa un verre, jamais effrayée de faire le premier pas. Elle pouvait bien se le permettre, et puis, qu’est-ce qu’il y avait de mal à ce qu’une femme soit la première à proposer un verre, pour une fois ? Pourtant, il ne la laissa pas faire. A sa réaction, elle éclata de rire en le regardant commander une bière pour lui, un autre cocktail pour elle. Elle aurait abusé du Gin Fizz ce soir. Tant pis, c’était la fête après tout ! « Pourquoi est-ce que l’homme doit toujours payer un verre à la femme et jamais l’inverse ? » Elle posait la question en rigolant, un peu sérieuse pourtant. Elle n’était pas tellement romantique, n’attendait pas le prince charmant, et n’était pas spécialement intéressée par les coutumes et les traditions qui disaient que les hommes devaient payer l’addition, gérer la mécanique et travailler pour toute la famille. « Mais en tout cas, merci ! Le prochain est pour moi ! » Le prochain oui, parce qu’elle ne comptait pas s’arrêter en si bon chemin ! Et, n’avait-elle pas dit que c’était sa tournée ? Elle lui fit un petit clin d’œil complice, libérée de tout potentiel complexe ou timidité.

Son verre fut vite servi, et elle se tourna tout contre le bar, ses avant-bras posés sur le comptoir alors qu’elle remuait sans raison son cocktail avec le touilleur qu’on lui avait servi avec. Alors qu’il payait la commande, à côté d’elle, elle lui demanda ce qu’il devenait, comme s’ils s’étaient connus, comme s’ils avaient été amis toutes ces années d’université. Elle avait le regard plongé sur son cocktail, toujours un petit sourire en coin alors qu’elle repensait à tout ce qu’elle-même avait fait de tout ce temps. Elle n’était pas si différente de l’étudiante qu’elle était à l’époque. Un peu plus amochée, peut-être, mais elle restait la même Dee de n’époque. Elle tourna la tête pour le regarder alors qu’il lui répondait. Il était beau, il avait un regard si tendre. « Tu illustres des livres, hein ? On devrait travailler ensemble ! » Elle se lâcha un petit rire, ignorant que le destin répondrait à sa demande quelques années plus tard. « Tu me montreras tes dessins, un jour ? » Elle esquissa un petit sourire en sa direction. Comme s’il y aurait quelque chose après ça, comme si leurs routes se recroiseraient. Peut-être, songea-t-elle, mais peu de rencontres comme celle-ci, dans un bar, un soir, alors que l’alcool coulerait bientôt dans son sang, se prolongeait. Elle fut surprise de la question d’Elijah, et de savoir qu’il avait lu se livres. Ca lui faisait toujours bizarre, de savoir qu’on la lisait. Elle rougit bien malgré elle et détourna les yeux pour fixer de nouveau son cocktail avant de lui répondre. « Lesquels ? » Elle lâcha un nouveau petit rire, c’était comme sa marque de fabrique, les éclats de rire. « Et, pour te répondre, non, je déteste ça. Ecrire des histoires et vivre de ça, c’est tellement déplaisant, vraiment… Et recevoir des récompenses pour ça l’est encore plus, roh, quel métier, c’est nul… » Un nouvel éclat de rire pour détonner de son ton sérieux pour marquer son trait d’humour. Elle avait une chance inouïe de vivre de ce qu’elle aimait faire, ce n’était pas donné à tout le monde. « C’est vraiment… Enfin, c’est un rêve… Je pense que si un jour je n’aime plus ce que je fais… je n’aurais plus le droit d’écrire, pas vrai ? » Après tout, quelle authenticité pourrait-elle alors avoir, si le plaisir d’écrire n’y était plus, si tout ne se résumait plus qu’au besoin de payer ses factures ? Elle ne voulait pas en arriver là, pas le moins du monde.

Il leva son verre à sa santé et elle baissa la tête, les joues rougies, touchée. Elle la releva bien vite en tendant son verre à son tour avec un grand sourire, le faisant fierté tinter contre la pinte d’Elijah. « Sláinte ! » Elle prit ensuite une gorgée de son cocktail sans le lâcher des yeux. Elle était charmée, vraiment, et était convaincue que l’alcool n’y était pas pour grand-chose. Il n’était pas à la draguer bêtement comme certains s’amusaient à le faire. Sa voix était aussi douce que son regard. Elle était en pleine admiration lorsqu’il s’intéressa à son prochain projet, la surprenant une nouvelle fois. « Oh, toujours ! J’ai même plusieurs projets en tête, à vrai dire ! Peut-être pas de best-seller en vue, mais je ferai de mon mieux ! » Son prochain roman, en vérité, serait la suite de celui qui lui avait valu le titre de roman de l’année. Un roman policier, à mi-chemin entre Conan Doyle et Agatha Christie, selon les critiques, un genre auquel elle s’essayait pour la troisième fois, et qu’elle affectionnait particulièrement. Elle reposa un instant son regard sur la foule de clients qui dansaient, dont ses amies semblaient le centre, qui lui lançaient quelques regards curieux. Elle leur signifia d’un geste qu’elle les rejoindrait un peu plus tard, préférant discuter avec le jeune homme à côté d’elle avant. « Alors, Eli, comment se fait-il qu’on ait passé plusieurs années dans la même université, dans le même cours, sans jamais s’adresser la parole ? C’est bizarre ! » Elle était pourtant du genre à parler à tout le monde, et si la première année, il était un peu difficile de réellement discuter avec chacun, les années suivantes s’avéraient plus simples. Comment avaient-ils pu se manquer, à cette époque ? Elle replaça une mèche blonde derrière son oreille en sirotant son verre en levant les yeux pour pouvoir le regarder, intriguée.
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Fée Clochette
ICI DEPUIS LE : 29/04/2016
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MessageSujet: Re: [FLASHBACK] I'm a man you don't meet every day ♥ Dee + Eli   Lun 27 Juin 2016 - 2:25

Ah elle aime mon prénom, chouette ! C’est au moins une chose qu’elle aime chez moi, je vais pas faire mon difficile, je prends ce qu’il y a ! J’ai aucun mérite, c’est pas moi qui ai choisi, je réponds en rigolant. Je déglutis ensuite avec difficulté quand elle me demande pourquoi elle ne connait pas mon nom alors que moi je connais le sien. Si tu savais Dee…  Je la regarde droit dans les yeux, j’ai déjà plongé dedans et m’y noie sans regret. Si tu savais combien je t’ai épiée en cours… Alors pourquoi je te connais si bien, pourquoi je connais chacun de tes petits gestes anodins ? Parce que t’es toi. T’es parfaite, envoûtante. Parce que… Parce qu’on ne voit que toi, tout le monde te connait, tu rayonnes, t’es un soleil pour tout le monde ! Et tu brilles encore plus pour certains. On ne peut que te connaître et t’aimer ! Je souris un peu bêtement, perdu dans ma rêverie. Sauf que… je suis un peu bourré mais je finis par prendre conscience d’un truc. J’ai dit ça à voix haute, n’est-ce pas ? je demande, le regard surpris. Mon cœur se met à tambouriner, pris de cours. La panique s’empare de moi. Qu’est-ce que j’ai dit à voix haute déjà ? Je ne sais plus à quel moment mes lèvres se sont mises à prononcer ce que je pensais tout bas. Merde. Merde, merde, merde. Bon, reprends-toi Eli, ça va le faire. Bois un coup, ça ira mieux après. Et comme si elle lisait dans mes pensées, Dee veut me payer un verre. J’insiste pour l’inviter, tout de même… et forcément, elle a une remarque à faire là-dessus. Je rigole de façon tout sauf discrète – mais de toute façon on s’en fout, mes paroles ou mes rires sont couverts par le bruit ambiant. Parce que si ma mère apprend que je t’ai laissée me payer un verre, je suis un homme mort ! Crois-moi ! Je la regarde en souriant. Non mais sérieux, tu trouves pas que les bonnes manières se perdent ? C’est pas parce que la femme devient « officiellement » l’égale de l’homme dans la société que ce dernier ne doit plus être gentleman, non ? Je crois vachement aux petits gestes du quotidien, ceux qui font la différence. Inviter quelqu’un, tenir la porte, dire merci, s’il te plait, aider les autres. Je suis peut-être un peu vieux jeu, mais c’est comme ça que j’imagine la vie, la vraie. Et malheureusement, ça se perd. Je dois même passer pour un extra-terrestre parfois, je suis sûr. Mais bon, je m’en fous, moi je suis comme ça et c’est pas un point que je changerai. Alors… laisse-moi t’inviter ! Et… et puis je vais me taire, aussi. Ouh laaaaa cette tirade de fifou ! Je m’épate moi-même. Bon, je rougis un peu en me rendant compte que j’ai réussi à prononcer autant de mots d’affilé face à ma déesse. Merci aux bières ingurgitées ces deux dernières heures ! Je viens de dire que je m’en fous, mais en vrai, je m’en fous pas du tout de l’avis de Delilah. Si ça se trouve, elle me prend pour un dingue. Je comprendrais qu’elle se barre, là. Même si ça m’embêterait beaucoup. J’acquiesce quand même quand elle m’annonce que le prochain est pour moi. Je fais genre « okay, si tu veux » de façon super relaxe alors que dans ma tête : ELLE A DIT LE PROCHAIN !!! ELLE NE COMPTE PAS PARTIR !!! LA LA LA LAAAAAA… c’est la danse de la joie dans ma tête, je me mords l’intérieur des joues pour ne pas sourire comme un con. Et c’est dur ! Et le coup de grâce : son petit clin d’œil qu’elle vient de me faire. J’ai le droit de mourir là ? Parce que j’ai l’impression que mon cœur va exploser. Ou alors je suis peut-être déjà mort ? Ce serait presque plus logique vu ce qui est en train de se passer, c’est sans aucun doute trop beau pour être vrai.

Je réponds à sa question sur ce que je suis devenu, et je saurais pas vous dire pourquoi, mais je me sens « apprécié », comme s’il y avait une connexion entre nous qui venait de s’établir. Résultat : mon cœur s’apaise, bizarrement. Je me sens en confiance l’espace de quelques secondes. Je sais pas si c’est juste l’effet de réaliser mes fantasmes là, de lui parler alors que j’en ai tellement rêvé, mais voilà… Elle m’habite déjà. Je souris timidement à sa proposition de travailler ensemble. Evidemment que j’en rêverais ! Mais soyons réalistes… Oui, ce serait sympa. Tu comptes faire des livres avec des illustrations un jour ? Parce que bon, ses romans n’ont encore jamais été illustrés jusqu’à alors. Ou peut-être que je pourrais faire ta couverture ! Tu… t’as juste à m’appeler, et je dis oui direct ! Ce serait une belle opportunité, c’est clair, mais bon, après ce soir, Dee m’oubliera et tout redeviendra comme avant. Si tu veux, oui, je te monterai. Tu… Tu veux que je te dessine quelque chose là ? Bon, je suis un peu bourré, mais pas assez pour ne plus arriver à dessiner quoi que ce soit. J’attends sa réponse avant de dégainer mon calepin et mon stylo, je les porte toujours dans une poche au cas où j’ai une super idée qui me viendrait quand je me promène.  

En tout cas, je constate que Dee sait comment donner espoir à un mec. Déjà qu’elle veut qu’on boive un autre verre ensemble, maintenant elle me demande de lui montrer mes dessins et de travailler ensemble… C’est beau de rêver, non ? L’alcool qui coule dans mes veines m’aide à lâcher prise sur la réalité et à partir dans cet imaginaire si tentant. Mes lèvres brûlent de trouver les siennes et plus je les regarde, plus cette attirance s’accentue. Elle est si magnifique, Delilah. Cette aura qu’elle dégage vient réchauffer tout mon être, et je ne vois qu’elle. Mon soleil. Mon merveilleux soleil.

Ah ! Elle me demande quels romans j’ai lu. Je rigole et je réponds immédiatement Tu me crois pas ? Je les ai TOUS lus ! Et j’adore ta plume. Ca se lit super bien. J’aimerais beaucoup avoir ce talent. Mais transcrire mes pensées en mots, c’est pas trop mon fort, tu vois. Et hop, un autre petit coup de Guinness, faut pas que l’alcoolémie descende, je me sens bien parti là. Je vous jure, je me surprends moi-même ! Ce soir je me débrouille vachement bien pour retranscrire mes pensées en paroles, en tout cas. Aaaah et quand elle rit, quelle symphonie ! J’adore. J’adore, j’adore, et ça m’avait vachement manqué.

Bon okay, ma question était nulle, je suis d’accord. Je vais aller noyer mon échec dans ma pinte, bonne idée. Elle continue de parler, je continue de l’écouter en la dévorant des yeux. C’est vrai qu’elle a de la chance de vivre confortablement de ce qu’elle adore faire dans la vie. Et c’est vrai que si un jour elle n’aime plus, elle n’aura plus le droit d’écrire. Je lève mon verre à ça, en signe d’approbation.
Elle me parle de son prochain projet et j’écoute religieusement. Tout ce qui sort de son adorable bouche est intéressant, c’est dingue !
Tu veux pas m’en dire un peu plus ? Ou alors il va falloir que je te paie encore quelques verres pour délier ta langue ?! Je rigole, l’œil étincelant. Et puis bon… même si c’est pas un best-seller, t’es assurée d’avoir au moins une vente : la mienne ! Je rigole sans complexe. En tout cas j’ai bien hâte de découvrir sa nouvelle pépite !

Je la vois regarder ses copines sur la piste de danse. Je me tends, peut-être qu’elle a envie de les rejoindre ? Si elle me demande de danser, ça va pas être possible… Je suis tellement nul en danse ! Elle aurait trop honte de moi, et moi encore plus de moi-même. Je la vois faire un petit signe pour dire qu’elle ne les rejoint pas et je me détends alors. J’ai eu chaud.
Sa question sur nos années fac me laisse muet pendant quelques secondes. Euuuh dois-je lui dire la vérité ?
Parce qu’on n’est pas censé être saoul en cours…  je finis par répondre, le sourire aux lèvres. C’est… comment dire… difficile pour moi – sauf si j’ai bu -d’aller parler aux filles. Surtout si elles sont jolies. Pas la peine de rire, c’est un véritable cauchemar pour moi ! J’aimerais tellement être comme toi, Dee… Delilah, pardon. On a pas gardé les cochons ensemble… Ca parait si facile comme ça, quand on te voit ! T’aurais pas une recette miracle pour m’aider un peu ? Non parce que si je dois finir alcoolo, c’est pas tip top, tu vois… Un sourire en coin étire mes lèvres.

La vérité c’est que je suis le mec le plus invisible de la planète. Donc forcément, tu m’as jamais remarqué et on s’est jamais parlé. Y a rien de bizarre, juste de la logique ! Un sourire complètement faux s’affiche alors sur mon visage. Ca me replonge dans la dure réalité qu’est la mienne. Invisible… c’est bien ça l’adjectif qui me qualifie le mieux. Je suis l’opposé de mon grand frère et je sais qu’il adore me taquiner avec ça, pour rester poli. Lui a réussi, toutes les filles étaient folles de lui, elles le sont toujours d’ailleurs. Moi je suis le mec dont personne ne se souvient. J’ai appris à vivre avec, je suis pas là pour me plaindre ou quoi, mais bon, c’est sûrement pas comme ça que je vais me trouver une femme, au grand dam de ma mère.

Je crois reconnaître certaines de tes copines. Y en a pas qui étaient à la fac avec nous ? je demande en regardant au loin, les filles à qui elle a lancé un petit signe. C’est chouette que vos petits copains vous laissent sortir entre nanas comme ça. Est-ce que ça se voit trop, mon intérêt pour son statut célibataire-prise-fiancée-mariée ? Je regarde sa main pour y voir une éventuelle alliance. Non, rien. Ouf, j’ai peut-être mes chances. Et rien que cette idée me fait rigoler. Comme si j’avais mes chances ! Elle est bien bonne, celle-là !

Au loin, c’est au tour de Martin de me faire des signes. Et pas des signes discrets, je peux vous dire. Je crois qu’il veut me dire qu’il approuve totalement le choix de ma cible de ce soir, il pointe Dee du doigt et me fait ensuite le signe des pouces levés. Si ça se trouve, si j’ignore Martin, Dee ne remarquera pas tout ce cirque ? Je lui jette alors un regard et oh malheur, je crois qu’elle nous a grillés direct. Faut… Faut pas faire attention à lui. Il croit… il croit que je suis en train de tenter ma chance avec toi ce soir. Je ricane, plus stressé que jamais. C’est parce qu’il a réussi à se trouver quelqu’un pour la soirée, ce qui arrive jamais, alors il croit que je devrais faire pareil, sauf que… avec toi… jamais j’oserai. Tu es… Je fais des signes incompréhensibles tant je suis stressé. Ce que je veux dire c’est qu’elle est magnifique, inaccessible. Et moi je suis l’homme invisible. Rien à voir, donc ! Incompatibles !

J’ai tellement envie de l’embrasser, mais je la fais rire, je suis pas crédible. Je suis un clown dont on se moque.

Tu es toi, tu vois. Et je suis… moi.  Oui, logique. Débile, Elijah ! Débile ! Et… même si là je meurs d’envie de t’embrasser, tu vois,  ben je le ferai pas, parce que… Euh je crois que j’en dis trop là. Stop, Eli, stop ! Mais non, je me stoppe pas, quel bougre je fais ! En même temps c’est sa faute à elle, ses yeux, c’est trop. Son regard, je suis envoûté, et ce soir je raconte n’importe quoi. Je ne suis plus moi-même, j’ai l’impression. Et comme tout à l’heure, mes pieds n’écoutent plus mon cerveau et en une fraction de seconde, je me retrouve collé à elle, mon bras entourant sa taille pour l’approcher de moi. Mon visage frôle le sien et j’ai le souffle coupé, alors que mes yeux ne quittent pas les siens. Après tout, qu’est-ce que j’ai  à perdre ? Ma main libre vient se poser sur sa joue et sa mâchoire et en un rien de temps, je pose mes lèvres sur les siennes. OKAYYYYY JE SUIS EN TRAIN D’EMBRASSER DELILAH BUCKLEY ET TOUT VA BIEN !!!!

(… jusqu’à ce qu’elle me repousse, mais laissez-moi rêver durant quelques centièmes de secondes, je vous en supplie.)

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Peter Pan
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MessageSujet: Re: [FLASHBACK] I'm a man you don't meet every day ♥ Dee + Eli   Dim 10 Juil 2016 - 14:53



I'm a man you don't meet every day
Elijah & Delilah
Elle ne put s’empêcher de rougir à sa remarque, baissant la tête pour observer son verre alors qu’un petit sourire touché naissait sur ses lèvres. Elle ne pensait pas avoir été à ce point remarquée à la fac. Elle avait beau être toujours entourée d’amis, elle n’avait aucune idée de ce que ceux qu’elle ne connaissait même pas pouvait penser d’elle. C’était assez plaisant, à vrai dire, d’être perçue comme un rayon de soleil. Elle en arriva à regretter de ne pas avoir réellement connu Elijah à l’époque. « J’ai dit ça à voix haute, n’est-ce pas ? » Elle éclata d’un rire franc et hocha la tête en le regardant, les joues toujours un peu rouges. « J’ai bien peur que oui ! » Elle posa gentiment sa main sur l’épaule du jeune homme en riant, puis but une nouvelle gorgée de son éternel cocktail. « Merci, en tout cas. Je ne pensais pas que j’étais vue comme ça. C’est dommage qu’on ne se soit pas connus, quand même. » Ils auraient pu s’entendre, elle en était persuadée. Il avait l’air d’un type bien, sincère, un peu maladroit, et ça le rendait touchant. Elle voulait l’inviter, pour s’excuser de ne pas le connaître, et pour avoir une excuse pour rester au bar à lui parler, mais il refusa, préférant jouer au gentleman.

Elle rit à sa longue tirade, égale à elle-même. Elle n’avait rien contre les gentlemen, lorsque ce n’était pas une forme d’hypocrisie masculine. Elle posa son coude sur le comptoir, son menton sur sa paume en souriant à Elijah d’un air amusé. « Je comprends. C’est sans doute une bonne façon de fonctionner oui. J’ai jamais été vraiment habituée à ce genre de gestes et j’attends pas vraiment qu’on soit comme ça avec moi, mais ça fait quand même plaisir, je pense. » Elle était à l’opposé de ça, à vrai dire. Pas qu’elle rechignait quand on lui tenait la porte, mais elle n’avait pas vraiment eu ce type d’exemples dans sa vie, son père ne s’attardant pas sur ces petits gestes, et son frère étant plutôt du genre à les feinter pour qu’une femme finisse dans son lit. C’était en tout cas ce qu’il faisait la dernière fois qu’elle l’avait vu. Quant à elle, ses relations étaient si courtes qu’elle n’y faisait même pas attention. Elle accepta qu’il l’invite alors, et déclara qu’elle paierait le prochain verre, malgré tout, clin-d’œil séducteur à l’appui. Elle l’aimait bien, ce gars-là, il était différent de ceux qu’elle rencontrait habituellement, et c’était plus qu’agréable.

Il était illustrateur, et pour elle qui ne savait pas dessiner ne serait-ce qu’un visage, c’était énorme. Elle lui proposa de travailler avec lui, sans penser que ses romans n’avaient pas d’illustration. A sa question, elle rit de nouveau. Elle riait toujours, quelle que soit la situation, l’endroit, l’interlocuteur, elle riait constamment, pleine de vie. « Qui sait ! Un livre pour enfants, ce serait marrant, non ? » Elle avait l’envie soudaine de créer un livre pour qu’il l’illustre, sans savoir pourquoi elle voulait tant qu’ils travaillent ensemble. « Oui, ce serait super si tu pouvais faire au moins la couverture ! Il me faut ton numéro, alors ! » Elle sourit, lui offrant encore un clin-d’œil plein de sous-entendus. Un numéro de téléphone, c’était tellement mieux qu’un prénom ! Elle pourrait le recontacter après ça, et qui sait, peut-être l’inviter un autre soir ! A quoi pensait-elle, franchement ? Elle n’avait pas l’intention de le revoir plus que ça, si ? L’alcool avait raison de ses craintes, apparemment. Lorsqu’il proposa de dessiner quelque chose, le visage de Dee s’illumina et elle claqua des mains comme une enfant un peu trop excitée. « Oh oui !! Tu pourrais ? Tu penses dessiner quoi ? » Elle regarda un peu partout dans le bar à la recherche d’un sujet qu’il pourrait bien dessiner. Elle avait toujours rêvé de savoir manier le crayon aussi bien que la plume, alors forcément, les dessinateurs la fascinaient.

Il avait lu ses romans. Tous. Ca lui faisait toujours bizarre. Alors que les années passaient, qu’elle était aujourd’hui une vraie romancière, savoir qu’elle était lu lui faisait toujours drôle, en particulier lorsqu’elle rencontrait des fans qui avaient lu tous ses livres. « Tous, sérieusement ?! Wow, je suis impressionnée ! » Elle lâcha un petit rire pour cacher sa gêne, avant de reprendre son sourire, les joues rougies, touchée à nouveau. « Merci, ça me touche, vraiment. J’ai beau faire ça depuis 5 ans maintenant, je trouve toujours ça étrange d’être autant lue ! » Il lui demanda si elle aimait ça, et il n’y avait pas besoin de réfléchir bien longtemps à la question pour en connaître la réponse. Ecrire avait toujours été ce qu’elle faisait de mieux, comme si elle ne savait faire que ça, en fin de compte. Elle avait toujours été l’élève moyenne, ni trop bonne ni trop mauvaise, mais à l’écrit, elle régnait. C’était son domaine d’expertise, la seule chose qui la rendait heureuse. Coucher les mots sur du papier l’avait sauvée, en quelque sorte, lorsqu’elle était seule, alors que son père et son frère ne la regardaient pas, elle avait au moins ça. Elle préparait son prochain roman, oui, toujours le nez plongé dans sa machine à écrire, toujours une nouvelle idée en tête, incapable de s’arrêter une seule seconde. Un roman à peine commencé, elle entrevoyait déjà le prochain.

Elle éclata de rire à son insinuation. Il ne semblait pas du genre à faire boire une fille pour obtenir ce qu’il voulait, et elle n’était pas non plus du genre à se laisser faire. « Merci, Elijah, c’est adorable ! » Elle sourit à son enthousiasme, et sirota son cocktail avant de reprendre en s’éclaircissant la voix. « Et ne t’en fais pas, pas besoin de me faire boire, je veux bien révéler quelques petits secrets ! Je dois déjà être un peu pompette après tout ! » Elle ricana, pourtant pas loin de la vérité. « Pour le moment, je travaille sur la suite de mon dernier roman ! Je viens de recevoir un prix pour celui-ci, d’ailleurs ! » Répondit-elle avec fierté. Elle avait réussi, ne cherchant pourtant pas les récompenses, c’était toujours agréable d’être valorisée de la sorte. « Je ne dirai rien de plus pour ne rien gâcher, mais j’espère que ça plaira aux lecteurs ! J’aime cette histoire, j’ai envie de l’exploiter encore un peu, surtout que la fin amenait vraiment à une suite, et puis, on me l’a déjà réclamée ! » Elle éclata à nouveau de rire, se souvenant d’un lecteur qu’elle avait croisé en librairie, et qui l’avait assommée de questions sur la suite des aventures de l’inspecteur Callahan. Avec le temps, elle avait quelques fidèles qu’il lui arrivait de croiser. Elle aimait ce qu’elle faisait, elle aimait que d’autres aiment autant ses histoires qu’elle.

Ses amies se déhanchaient sur la piste de danse, mais elle n’avait étrangement aucune envie de les rejoindre pour le moment, préférant discuter avec Elijah à la place. Elle se doutait qu’une fois la soirée terminée, ses amies ne manqueraient pas de lui demander des détails en la taquinant. Après leur avoir indiqué qu’elle comptait rester au comptoir, elle se recentra sur Elijah, s’étonnant de ne jamais lui avoir parlé à la fac, alors qu’ils en auraient eu l’occasion, en partageant le même cours pendant quelques années. Elle écouta attentivement sa réponse avant de finir son verre d’une traite. « Tu ne m’as pas l’air invisible là, en tout cas. » Elle eut un sourire assez séducteur en disant ça. Il était bien loin de lui paraître invisible à l’heure actuelle. « Et, tu peux m’appeler Dee, ça ne me dérange pas ! A condition que je puisse t'appeler Eli ! » Son sourire s’étendit un peu plus, et elle détourna les yeux, fronçant légèrement les sourcils pour répondre un peu plus sérieusement. « Il n’y a pas de recette miracle… Enfin, je sais pas, j’ai toujours été un peu comme ça. Ta mère t’a appris à être un gentleman, la mienne m’a appris à sourire dans n’importe quelle situation et à ne pas avoir peur d’aller vers les gens. Je pense qu’il faut simplement arrêter d’avoir peur, parce qu’on ne mord pas ! Enfin, pas méchamment. Je crois. » Elle éclata de rire après sa remarque, un peu pour rien, l’alcool la rendant plus enjouée que d’habitude. « C’est dommage que tu te sois fait si discret, je suis sûre qu’on aurait pu bien s’entendre ! Et même sans alcool ! » Elle rigolait, mais elle n’en était pas moins sérieuse. Il avait l’air de quelqu’un de bien, et ça lui plaisait. Ca la changeait.

Il demanda ensuite si quelques-unes de ses amies n’étaient à la fac avec eux aussi, en reconnaissant certaines. Ses amies, elle les avait depuis si longtemps. Ce soir, Dee avait organisé une véritable fête et avait décidé d’inviter quelques amies en plus de son habituel ‘girl squad’. Elle suivit le regard d’Elijah et hocha la tête. « Oui, Bevin et Lydia étaient avec nous ! Pour les autres, tu les as peut-être vues traîner à la fac aussi, je les connais depuis le lycée, parfois même plus, donc elles venaient parfois. » Ses amies, c’était toute sa vie. Elle les adorait, et était incapable de tenir sans elles. Elle sourit en les regardant toutes s’amuser, fière d’être leur amie. Elle se remis brusquement à fixer Elijah en éclatant de rire à sa question. « Eh bien, mon chat, Berlioz, est très possessif, c’est vrai, mais comme je le nourris, il n’a rien à dire ! » Elle ricana alors gentiment. Elle était incapable d’avoir une relation réellement longue et sérieuse, très vite lassée, ou en tout cas trop peureuse pour s’attacher. « On est pratiquement toutes célibataires, et puis, même si on ne l’était pas, aucun homme ne nous empêchera jamais de sortir nous amuser ! » Elle tira la langue, cette fois-ci. Dee, elle était indomptable. Personne n’avait le droit ni le pouvoir de l’obliger à rester tranquillement à la maison si elle avait envie de sortir. Elle était libre, libre comme l’air.

Alors qu’un silence s’installait, elle remarqua Elijah regarder au loin, et suivit son regard. Elle aperçut bien vite celui qui semblait être l’ami de son interlocuteur et ne put s’empêcher de rire à ses gestes. Elijah tentait de se justifier alors qu’elle riait encore. Elle ne se moquait pas, elle ne se moquait jamais, à vrai dire, elle riait simplement de la situation, du stress apparent du jeune homme, qui le rendait étonnamment mignon, et de son ami qui continuait ses insinuations comme si de rien n’était, au loin. Elle fit semblant de s’offusquer, main posée sur sa clavicule, alors qu’en vérité, elle avait envie de se tordre de rire. « Avec moi ?! Pourquoi ? Qu’est-ce que j’ai, moi ? Je fais peur ?! » Elle n’imaginait pas ce qu’il était en train de se passer dans la tête du brun. Il s’expliqua alors et elle cessa de rire, les sourcils froncés alors qu’elle essayait de comprendre ce qu’il voulait dire. Il avait envie de l’embrasser. Comme un réflexe, ses yeux se concentrèrent sur ses lèvres. Il n’était pas le seul dans ce cas-là. Il s’approcha finalement, et elle ne bougea pas d’un pouce, le laissant venir. Lorsqu’il posa sa main sur sa joue, son cœur tiqua. Damn, he’s good. Elle se sentait rougir, certainement écarlate maintenant, alors qu’il finit par l’embrasser. Un baiser doux qui la surprit d’abord. Elle avait les bras ballants, les yeux écarquillés, et ne savait plus quoi faire. Le repousser ? C’aurait été plus logique, mais elle n’en avait pas envie. A la place, elle se raccrocha à lui en plaçant ses bras autour de son cou, elle ferma les yeux et intensifia le baiser.

Après ce long baiser, elle se détacha finalement, ne le lâchant pas pour autant, les bras toujours autour de son cou, son visage à quelques centimètres du sien. Elle baissa les yeux un instant, pour les releva pour le regarder, un petit sourire aux lèvres. « Je croyais que tu ne tenterais rien ? » Elle ricana légèrement, pas mécontente de l’évolution de la soirée, l’alcool la poussant bien loin, et elle retrouva les lèvres d’Elijah sans regret.
Codage par Emi Burton



She's afraid to love you
A dangerous plan, just this time, a stranger's hand clutched in mine. I'll take this chance, so call me blind, I've been waiting all my life, Please don't scar this young heart, just take my hand... Even though we may be hopeless hearts just passing through, every bone screaming I don't know what we should do, all I know is, darling, I was made for loving you.
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Fée Clochette
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MessageSujet: Re: [FLASHBACK] I'm a man you don't meet every day ♥ Dee + Eli   Mar 19 Juil 2016 - 13:41

Je fronce les sourcils quand elle admet que ça lui fait plaisir que je lui paye à boire, ponctué d’un horrible « je pense » à la fin de sa phrase. Bon, elle dit clairement ça pour me faire plaisir, alors. Elle pense, mais elle n’est pas sûre que ça lui fasse plaisir… Je ne réponds rien, par politesse, mais dans le fond, ça me déstabilise un max, ne laissant rien transparaître, du moins j’essaie.

Mais quand on parle projet professionnel ensemble, là je me sens dans mon élément. Bon, je sais que ça n’arrivera sûrement jamais, car même si je lui donnais mon numéro de téléphone ce soir pour qu’elle me rappelle pour illustrer ses livres, je suis certain qu’elle ne le fera pas. Je suis sûrement juste une rencontre d’un soir pour elle, une comme elle doit en faire tous les jours, toutes les semaines, tant elle est sociable. Le contraire de moi. Et elle ne peut même pas s’imaginer à quel point cette rencontre ce soir signifie tout pour moi. Si elle savait… Elle évoque un livre pour enfants et je souris. Ce serait cool, oui ! J’en ai déjà fait quelques-uns, c’est vraiment sympa à faire, c’est tout ce que j’aime. Le mieux c’est quand tu vois le résultat après, quand tu vois les yeux des enfants scruter tes dessins avec avidité et émerveillement. Je souris, rêveur, me remémorant le petit salon du livre pour enfant auquel j’avais assisté il n’y a pas si longtemps. Mais Dee n’est pas spécialiste du livre pour enfant alors je sais que ce ne sera pas là-dessus qu’une éventuelle collaboration pourra s’établir. Je propose la couverture de son prochain bouquin pour plaisanter mais elle a l’air de le prendre au sérieux, ce qui m’étonne, et je pense qu’elle le voit sur mon visage. Le pire, c’est quand elle me demande mon numéro de téléphone. J’ai presque un geste de recul tant je suis surpris. C’est en bégayant que je réponds, le cœur tambourinant. D’a-d’acc-d’accord. Pas de-pas de problème. Je te donne ça. Tu-tu as ton téléphone sur toi pour que je te donne mon numéro ? OMG JE SUIS EN TRAIN DE FILER MON NUMERO A DEE ! Même pas en rêve j’aurais imaginé ça. Si, en fait je l’ai imaginé déjà plein de fois, mais chut. Bon je sais que c’est un peu comme jeter une bouteille à la mer là, mais quand même, je file mon numéro à Delilah Buckley et ça, c’est déjà une grande victoire pour moi.
Alors on parle dessin, et spontanément je lui propose de lui montrer tout mon talent. Ouais ouais, faut bien que je me la raconte un peu… Je rigole comme un idiot à ma propre pensée. Je la vois scanner le bar pour trouver un sujet d’inspiration pour mon dessin, ce qui me fait sourire. Evidemment, le seul sujet que j’ai envie de dessiner là maintenant tout de suite, c’est ELLE. Je la laisse faire et la main un peu tremblante, je cherche mon petit calepin dissimulé dans ma poche de chemise. Un crayon de papier court est tenu dans la spirale du carnet. Je le saisis et j’ouvre le carnet, cherchant la première page vierge, dévoilant alors tous les dessins que j’ai eu le temps de faire depuis deux semaines, assis dans l’autobus ou me promenant, badant, dans les rues de Dublin, ou à la terrasse d’un café. De nombreux portraits, c’est ce que je préfère, ou simplement des scènes de la vie quotidienne ou des paysages, des bâtiments. C’est ma façon à moi de prendre des photos : je les dessine. Je jette un œil sur Dee. Je pourrais te dessiner toi ? je propose alors, ramenant le regard de ma belle vers moi. Je lui souris en la regardant, toujours aussi subjugué par sa beauté. A vrai dire, je n’ai même pas besoin de la regarder pour pouvoir la dessiner. Je l’ai dessinée tellement de fois durant ces années d’études que je connais la moindre de ses lignes par cœur. Son visage, son corps, tout. Je peux vous la refaire sans modèle et presque les yeux fermés. Mon crayon commence à gratter le papier et ça y est, le monde autour de moi disparaît. D’habitude, seul mon « modèle » compte à présent, mais comme je n’ai même pas besoin de la regarder, je pars seul dans mon univers. Tout disparaît, les gens autour de moi, même Dee, la musique, le parfum d’alcool, l’agitation, tout. Il n’y a plus que moi et cette page blanche que je remplis peu à peu. Je dessine son visage. Je dessine le fantasme de ma vie. Je la dessine en train de sourire, parce que c’est comme ça que je la vois quand je l’imagine. Elle sourit toujours, elle est heureuse de vivre et elle rayonne. Rien que de la dessiner me fait battre le cœur un peu plus fort. Ca me fait ça à chaque fois. Je vois dans ma vision périphérique que Dee scrute mes coups de crayon mais ça ne me dérange pas. Son parfum vient ravir mes narines, bizarrement je suis conscient de ça. Et c’est délicieux. Peu à peu, alors que je termine, frottant certaines zones pour estomper du bout du doigt, mon environnement revient à moi. La musique résonne comme avant dans ma tête et je m’écarte un peu du calepin que je finis par faire glisser du côté de Dee. Voilà. Je n’attends pas de compliment, mais j’espère que ça lui plait. Je ne lâche pas le dessin des yeux, je m’accroche à lui comme je me suis tant accroché à ceux que j’ai dessinés jusqu’à maintenant, n’ayant que ça pour me consoler. Je te le donne, attends. Mes doigts saisissent la page que j’arrache délicatement et je lui tends le bout de papier. C’est… c’est pas grand-chose. Je souris timidement en haussant les épaules.

On finit par parler de son prochain roman. J’esquisse un sourire quand elle met « Elijah » et « adorable » dans la même phrase. J’adore. Je me contente de ça, c’est déjà beaucoup. Mon expression se change en surprise quand elle avoue avoir gagné un prix. Je lève immédiatement mon verre pour trinquer ! Ooooh ! Alors félicitations ! Même si ça ne m’étonne pas, tu le mérites. Nos verres s’entrechoquent et je bois une gorgée de bière. J’ai hâte de lire cette suite… J’aurai la grande primeur de le lire si j’en dessine la couverture ? je demande presque avec de la pitié dans les yeux, mais on y décèle plutôt de la malice. Ce serait génial, n’empêche. Pouvoir avoir la suite des aventures de l’inspecteur Callahan, brillant ! Je suis déjà très impatient ! A vrai dire, j’ai déjà pensé à d’autres aventures avec cet inspecteur. Quand je lis un bouquin, j’ai des images plein la tête. Je l’ai même déjà dessiné, cet inspecteur. C’est drôle, non ? Peut-être que je pourrais montrer mes dessins à Dee, un jour ?

Je souris un peu mal à l’aise quand elle me contredit et admet que je ne suis pas invisible ce soir. Elle a raison. Et c’est assez incroyable, d’ailleurs. Encore une fois, que Dieu bénisse la Guinness ! Mais le fait qu’elle le reconnaisse, ça me pétrifie. C’est sortir de ma zone de confort, c’est compliqué. C’est faire face à tant de dangers potentiels. J’aime bien être l’homme de l’ombre, celui qu’on ne voit pas. Et puis le sourire qu’elle m’envoie là, c’est trop déstabilisant. Je détourne même les yeux pour tenter de me ressaisir. Sa réponse me fait sourire. Ah tu vois ! Tu mords quand même ! je plaisante. En fait, je devrais aller faire un stage chez ta mère, c’est ça ? Elle pourrait m’apprendre aussi, j’ajoute en rigolant avant de reprendre un ton plus sérieux. Ma mère a essayé aussi. Ca a bien marché sur Aedan, mon frère aîné, mais ça l’a désespérée pour moi. Aedan s’est toujours moqué de moi pour ça. C’est facile de dire de braver ses peurs, mais concrètement, c’est bien plus compliqué à faire. Je me dis que je devrais peut-être pas m’épancher sur elle. Elle va croire que je la prends pour ma psy. Je ne sais pas par quel miracle je suis ici en train de te parler, d’ailleurs. Parce que même si l’alcool aide, toi t’es mon sommet jamais gravi jusqu’à maintenant. Ouais et je vais m’arrêter là hein… Je plonge dans mon verre de bière, à la recherche urgente d’un autre sujet de conversation. Séchant complètement, je détourne le regard et je m’attarde sur la piste de danse. Idée de génie, je vais parler de ses amies.

Sauf que je suis pas forcément discret quand j’essaie de savoir si elle a quelqu’un. J’écoute alors avec attention sa réponse, même si elle vient d’éclater de rire à ma question et que j’ai presque honte de l’avoir posée. La satisfaction doit pouvoir se lire sur mon visage quand elle prononce le mot « chat ». Pas de mec, mais un chat. C’est bien, les chats. J’aime bien les chats. Je vivrais bien avec son chat. Et elle. Ca y est je pars dans mes films. Il est peut-être possessif mais il me connait pas encore, il m’aimera peut-être, qui sait. Je serai gentil avec lui. Ou alors je pourrais me transformer en chat ? Elle pourrait m’adopter et je pourrai lui faire plein de câlins. OK c’est décidé, je veux me réincarner en chat. De Dee uniquement. Non parce qu’avec le bol que j’ai, je finis en chat de gouttière… non merci ! Le mot « célibataire » me fait revenir à la conversation. Je souris bêtement… encore une fois. Tu veux dire que je peux toutes vous avoir ce soir ? je demande en plaisantant, évidemment. Comme si cette chance était possible. Une ou toutes, c’est mission impossible.

Et sûrement pas ELLE. C’est ce que je m’efforce à dire à la suite de gestes pas du tout discrets de Martin au loin. Je m’embourbe dans mon malaise, à vrai dire. Et je vois que Dee se moque. Elle a raison de se moquer, je dois avoir l’air ridicule. Elle me demande si elle fait peur. J’acquiesce sans ménagement. Je te l’ai dit, t’es mon sommet jamais atteint ! Ouais autant lui avouer tout de suite que je suis fou amoureux d’elle depuis des années… Quel con. Et ça donne le vertige tout ça ! Ou alors c’est les litres de bière. Je continue dans mon délire, lui avouant que j’ai envie de l’embrasser. Et dangereusement, je m’approche.  Ou c’est peut-être juste l’ivresse des sommets… je sais pas trop, ai-je juste le temps de murmurer avant de ravir ses lèvres. Alors que je m’attends à être repoussé, je sens qu’elle referme l’étreinte et mon cœur se met à taper très très fort dans ma poitrine. La passion monte d’un coup et c’est même elle qui intensifie notre baiser. Je meurs. JE MEURS ! C’est possible de mourir de plaisir ? Parce que là, je crois que j’ai atteint le summum ! C’est bon, c’est drôlement bon, j’en veux encore, toujours un peu plus. J’ai pas envie de la lâcher et j’ai pas envie qu’elle me lâche. C’est trop beau pour être vrai alors je veux en profiter le plus possible. Mais elle s’écarte de mon visage et mon corps crie. En même temps, ça me permet de reprendre mon souffle et de recouvrer mes esprits. On se regarde, aussi surpris l’un que l’autre. Je l’observe, ce qu’elle est belle… Je serais prêt à mourir pour elle, sérieusement. Elle me possède, c’est chose sûre. Et je ne demande qu’à lui appartenir. Moi qui aie pourtant toujours détesté cette notion d’appartenance… je suis foutu. Je rigole à sa remarque avant de répondre, les joues rosies par l’émotion. J’ai menti. Mais contre mon gré ! Comment résister ? je souffle alors que nos lèvres se retrouvent. Plaisir rime avec mourir, et je crois que c’est pas anodin ! Mes mains s’appliquent alors à la posséder aussi. Je resserre notre étreinte quand mon autre main vient s’échouer dans son cou, caressant sa mâchoire sur son chemin. Je sens sa chevelure entre mes doigts, j’ai envie d’aller goûter son cou, maintenant. L’alcool dans mon sang désinhibe tout mon être et je me découvre des envies peu catholiques alors que nous sommes là, dans ce bar, et que je viens seulement de l’embrasser. C’est mal, Eli. Très mal ! Je viens quand même goûter son cou, parce que je suis faible et que je ne peux résister à rien ce soir. C’est encore meilleur que dans mes rêves… Dee, tu es… je ne termine pas ma phrase parce que y a pas de mot qui pourrait exprimer ce que je ressens pour elle. Alors que nous continuons de nous embrasser, j’entends mon nom à quelques mètres. A regret, je m’écarte de Dee pour regarder Martin, complètement éméché, qui me « parle » (hurler serait le verbe plus adéquat). Eliiiiiiii ! Mon gros ! Eh ben !!! Ca me fait rougir, prenant conscience de ce que j’ai accompli ce soir. Je regarde Dee, rouge tomate, et je me frotte le derrière de la tête tout en m’écartant d’elle. Puis Martin vient vers moi et passe son bras autour de mes épaules. La fille qu’il a emballée l’attend juste à côté et regarde Dee. Martin « murmure » à mon oreille. Eh mec, ce soir je vais chez Kelly… alors je te laisse l’appart à toi tout seul. Les joies de la colocation. Il regarde Dee avec un petit sourire et me fait un clin d’œil. J’ai compris le message, mais je suis horrifié. Allez, bonne soirée Martin ! Euh amuse-toi bien ! La fameuse Kelly a l’air plutôt heureuse de retrouver mon coloc contre elle. Et bras dessus, bras dessous, les voilà qui partent, me laissant face à Dee, tout embarrassé. Je… Je… Enfin… Faut pas… ll dit des conneries, je veux pas euh… Je veux pas qu’elle croie que je vais lui demander de venir chez moi pour faire comme ce que Martin et Kelly vont faire. J’ai beau être un peu ivre, j’ai quand même des manières. Et ce, même si j’ai envie d’elle. Drôlement, même. Je veux encore sentir son parfum, je veux qu’elle m’en imprègne. Je veux sentir ses mains sur moi, je veux qu’elle me possède. Mon cœur est complètement affolé et mes lèvres me disent de retrouver les siennes. Sauf que je me sens super mal à l’aise tout d’un coup.
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MessageSujet: Re: [FLASHBACK] I'm a man you don't meet every day ♥ Dee + Eli   Dim 14 Aoû 2016 - 21:32



I'm a man you don't meet every day
Elijah & Delilah
Sa remarque la fit sourire : s’ils n’avaient pas le même domaine d’expertise, ils en avaient le même ressenti, le même bonheur de voir d’autres s’émerveiller de ce qu’ils faisaient. Si l’envie de créer un livre pour enfants l’intéressait, à entendre Elijah, c’était quelque chose qu’elle envisageait aussi sérieusement que possible vu son taux d’alcoolémie du moment. Elle ne répondit pas, se contentant d’acquiescer le sourire aux lèvres pour lui faire comprendre qu’elle avait la même expérience, avant de lui demander son numéro de téléphone pour pouvoir le recontacter par la suite. La partie encore consciente et sobre de Delilah, bien qu’à peine perceptible, lui criait que prendre le numéro d’Elijah était une erreur qu’elle regretterait. Si ce soir, elle oubliait cette voix raisonnable dans sa tête qui lui soufflait quelques bons conseils, elle savait, au fond d’elle, que ce numéro finirait sans doute supprimé ou abandonné au fond de sa liste de contacts, comme un vague souvenir d’une soirée sympathique à laquelle elle ne donnerait aucune suite même si l’envie se faisait sentir : les risques étaient trop grands, même si elle préférait se convaincre qu’elle faisait ça pour n’avoir aucune attache. Il sembla surpris, presque intimidé par sa proposition, tout bégayant, tant qu’elle eut du mal à se retenir de rire. Elle fouilla alors dans son petit sac pour sortir son téléphone et le lui tendre gentiment. « Tiens, le voilà, rentre ton numéro, et comme ça je pourrai t’envoyer un message ! » Elle voulait le faire, en cet instant précis, alors qu’Elijah ajoutait son numéro à sa liste de contacts, elle comptait réellement lui envoyer un message, ou l’appeler, touchée par le jeune homme, intéressée pour travailler avec lui, et pourtant, quelle erreur faisait-elle…

Il lui proposa de dessiner quelque chose et elle sauta sur l’occasion, incapable de dessiner quoi que ce soit de très concluant, c’était une discipline qui lui plaisait pourtant. Elle adorait admirer les œuvres d’artistes de rue en se demandant comment ils faisaient pour avoir autant de talent. Alors qu’il lui demandait de la dessiner, le rouge lui monta aux joues en même temps qu’un sourire, plus timide cette fois-ci. Elle, on ne l’avait jamais dessinée. Ou du moins, on ne lui avait jamais demandé. Elle avait un dessin d’elle, inachevé, qu’elle avait récupéré sur le sol d’un amphithéâtre de la fac, mais elle n’avait jamais su qui en était l’auteur. Elle l’avait pourtant gardé avec elle sans trop savoir pourquoi, peut-être parce qu’elle trouvait le dessin plus ressemblant qu’il n’aurait dû l’être. Elle eût une petite moue gênée aux lèvres et finit par hocher la tête, replaçant une mèche blonde derrière son oreille. « Si tu veux, oui. C’est la première fois qu’on me demande ça, ah ah ! » Elle lâcha un petit rire avant de se redresser sur son tabouret et regarder ses coups de crayons assurés. Son regard alternait entre son dessin et lui, son regard concentré. C’était comme s’il n’avait pas besoin de la regarder pour la dessiner, c’était assez étonnant. Elle ne voyait pas totalement les traits qu’il dessinait, mais il avait l’air dans son monde, sûr de lui sur ce point-là. Etrangement, son cœur commença à battre un peu plus vite et elle dut détourner les yeux un instant pour se ressaisir. Elle sursauta lorsqu’il lui tendit son carnet, son portrait sur l’une de ses pages. Elle le prit pour mieux le regarder et eut comme un choc, un instant pendant lequel elle ne put rien dire. La surprise devait se lire sur son visage. « On dirait… » Les coups de crayons ressemblaient étrangement à ceux du dessin qu’elle avait trouvé à la fac. Elle lança un regard à Elijah, et sourit. « Non rien. » Elle lâcha son petit rire caractéristique alors qu’il lui arrachait la page pour la lui donner. « Merci, c’est vraiment… Il est réussi ! Je vais le garder précieusement ! » Son humilité la fit rire, et elle posa sa main sur son épaule comme un signe d’encouragement. « Arrête, il est vraiment super ! Tu es très doué. » Elle hocha la tête en souriant, un peu troublée par ces deux dessins si ressemblants qu’elle avait d’elle. Ca ne pouvait pas être la même personne, de toute façon, c’était impossible, après toutes ces années, si ?

Ils en arrivèrent à ses romans et elle ne put s’empêcher de parler de son prix remporté la veille. Elle n’était pas spécialement vantarde, mais surtout fière de ce qu’elle avait accompli à son âge. En entendant ça, Elijah leva son verre à son honneur et elle trinqua avec lui en souriant, en le remerciant d’un hochement de tête timide. Elle but une gorgée de son cocktail en l’observant du coin de l’œil alors qu’il continuait sur sa lancée. « Qui sait, peut-être bien ! » lui répondit-elle sur un ton presque ambigu. Elle jouait avec lui, un jeu de séduction qui l’amusait, et elle s’y prenait un peu trop pour son bien. Contrairement à ce qu’il pouvait dire, ce soir, il n’était clairement pas invisible pour elle. C’était assez fou qu’avec toutes ces années de fac, ils ne se soient jamais parlés. Il semblait plus à l’aise ans l’ombre, mais elle avait envie de le tirer vers la lumière. « T’en fais pas, je n’mords pas très fort ! » Elle se mit à rire alors qu’il lui expliquait la situation. Il n’avait pas tort, c’était facile à dire, mais jamais facile à faire, de braver ses peurs, et elle en savait quelque chose. Elle eut une moue désolée et haussa les épaules, ne sachant que lui répondre. « C’est sûr, ce n’est jamais très facile mais… Je pense qu’en étant bien accompagné, avoir quelqu’un qui aide à dépasser ses peurs et ses complexes, ça aide. » Elle attira son attention sur ses amies, sur la piste de danse, qui les observaient bien peu discrètement. « Ces filles-là, c’est mon armure. » Et pour elle, c’était plus véridique que jamais. Sans elles, elle n’était plus rien que la petite blonde en manque d’affection, qui ne parlait plus à son père et que son frère ignorait constamment, qui avait peur de souffrir. Elle éclata de rire lorsqu’il parla d’elle comme son ‘sommet jamais gravi’. « Wow ! C’est un peu exagéré tout ça ! »

Il changea bien vite de sujet en parlant de ses amies, et la mention de petits-amis potentiels la fit rire plus encore. S’il savait, il n’en parlerait même pas ! Elle fit mine de le fusiller du regard quand il suggéra qu’il pouvait donc toutes les avoir ce soir, le pointant du doigt avec le petit parasol en papier de son cocktail déjà bien entamé. « Eh, attention Casanova, tu vas t’attirer des ennuis si tu commences comme ça ! » Elle plaisantait bien sûr, mais la jalousie l’assaillait malgré elle. Elles avaient toujours été d’accord qu’aucun homme n’arriverait jamais à semer la zizanie dans leur clan, et quelque part, elle avait envie qu’Elijah lui ‘appartienne’, au moins pour ce soir. Au moins ? Non, seulement pour ce soir. Alors qu’il tentait de se justifier sur les signes parfaitement clairs de son ami, un peu plus loin, elle ne put s’empêcher de jouer le jeu de la femme offensée, et la réponse de son interlocuteur la coupa net. « Mais ça veut dire quoi, ça ? J’ai l’impression que tu me connais depuis des années, alors que moi, je viens de te rencontrer… Un sommet, tu y vas fort, tu crois pas ? »

Et alors qu’il disait jusque-là qu’il ne tenterait rien avec elle, au point de la vexer légèrement, il s’approcha d’elle pour l’embrasser doucement, certainement le baiser le plus tendre qu’elle ait reçu jusqu’à présent. Elle avait beau se dire, au fond d’elle, qu’elle devait le repousser, sentant le danger arriver à son rythme cardiaque, elle s’accrocha malgré tout à lui pour poursuivre l’étreinte et s’assurer qu’il ne partirait pas. Elle avait envie de se perdre dans ses bras, elle qui pourtant préférait rester maîtresse de la situation, voilà qu’elle s’abandonnait presque. A sa réponse, elle sourit et retrouva bien vite ses lèvres pour un baiser plus intense, plus passionnel. Elle passa sa main dans les cheveux d’Elijah lorsqu’il arriva à son cou, se mordant la lèvre d’envie. Elle allait lui demander d’arrêter, ou du moins, de continuer ailleurs, chez lui, dans une chambre d’hôtel, peu lui importait. Elle avait envie de lui, et c’était tout ce qui comptait. La façon dont il prononçait son surnom, dans un murmure, la faisait frissonner. Seulement, elle ne s’attendait pas à ce que son ami débarque au moment le moins approprié, faisant s’écarter Elijah, aussi rouge écarlate qu’elle. Elle se retourna pour faire face au comptoir, gênée, en finissant son cocktail alors que les deux hommes discutaient entre eux. Elle ne prêta pas tellement attention à la jeune femme à côté d’elle, qui attendait d’être raccompagnée, trop occupée à scruter Elijah du coin de l’œil, les joues rougies, petit sourire aux lèvres. Elle pouvait entendre ce qu’ils disaient, ou du moins ce que disait l’ami d’Elijah, pas franchement discret, et fit comme si de rien n’était. Les deux partis, ils étaient de nouveau seuls, et un silence gêné s’installa entre eux, avant que le brun se mette à bégayer quelques excuses qui la firent ricaner légèrement. Elle, elle avait terriblement envie de lui, et à l’heure actuelle, c’était tout ce qui comptait. Elle se retourna pour lui faire face à nouveau et descendit de son tabouret pour se rapprocher, c’était à son tour de faire le premier pas. Un petit sourire en coin se dessina sur ses lèvres alors qu’elle n’était plus qu’à quelques centimètres de lui, plus vraiment consciente du monde qui les entourait. Elle finit de rompre la distance qui les séparait en s’emparant une nouvelle fois de ses lèvres, plus sauvage, en s’agrippant à sa chevelure. Lorsqu’elle se détacha, un peu sonnée, un sourire plein de sous-entendus au visage, elle s’approcha de son oreille pour lui murmurer quelques mots. « Invite-moi à prendre un verre chez toi, Elijah. » Elle s’écarta légèrement pour le regarder d’un air malicieux, prête à partir avec lui, oubliant même la présence de ses amies dans le bar.
Codage par Emi Burton



She's afraid to love you
A dangerous plan, just this time, a stranger's hand clutched in mine. I'll take this chance, so call me blind, I've been waiting all my life, Please don't scar this young heart, just take my hand... Even though we may be hopeless hearts just passing through, every bone screaming I don't know what we should do, all I know is, darling, I was made for loving you.
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[FLASHBACK] I'm a man you don't meet every day ♥ Dee + Eli

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