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 Face to face and heart to heart, we're close yet so far apart. (Lucky)

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Fée Clochette
ICI DEPUIS LE : 19/04/2016
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MessageSujet: Face to face and heart to heart, we're close yet so far apart. (Lucky)   Jeu 21 Avr 2016 - 2:27


Face to face and heart to heart
We're so close yet so far apart

feat Lucky

Elle était revenue. Lucy. Sa Lucy. Pourtant, silence radio. Elle n'avait même pas pris la peine de le contacter. Pourquoi ? Il n'en savait rien. C'est peut-être ça qui faisait le plus mal. Ne pas savoir, les non-dits et le silence. Ce silence qui l'étouffe presque. Il déteste ça. Il a toujours détesté ça entre eux. Il n'aimait pas tous ces conversations muettes mêlées d'incompréhension. Ce n'était pas.. Eux. Loin de là. Depuis qu'ils se connaissaient, c'est à dire depuis l'âge de pierre, les deux arrivaient à se comprendre d'un simple mot ou regard. Mais était-ce le cas présent ? Oui, il voulait encore y croire. Pour Lucy, elle semblait apparemment dans une autre sphère apparemment. C'était ce qu'elle voulait faire croire, Luke en était certain. Sinon pourquoi ne l'aurait-elle pas prévenu de son départ hein franchement ? Surtout qu'elle savait qu'ils habitaient à peine à quelques pas l'un de l'autre. C'était tellement ridicule. Luke soupira doucement en secouant la tête. Il fallait qu'il éclaircisse ce point. Il en avait désespéramment besoin. C'était ainsi. Il reposa alors presque avec nervosité son portable sur la petite table. Qu'elle le veuille ou non, il irait aujourd'hui. Ses copies attendraient bien. Si ses élèves se prenaient parfois des vacances improvisées de devoirs, il pouvait faire une petite entorse pour une fois. Il releva alors la tête vers la jeune femme assise alors en face de lui, occupée à lire un livre. Elle semblait tranquille. Sans un mot, le blond se releva, poussant un peu le paquet de feuille vers le centre de table. Il attrapa alors sa veste qu'il avait presque négligemment posé sur son dossier de chaise. Il ne pouvait pas attendre. Cela le rendait presque dingue. Au moins, cela sera fait comme ça. Il récupéra son portable qui se trouvait sur la table, non sans entendre une voix douce. « Tu pars... ? » Eileen. Il la rassura alors d'un sourire comme toujours et puis de quelques paroles. « Oui, juste pas longtemps. Le temps d'aller voir Lucy. Tu peux garder Rosie ? Elle dort encore mais au cas où elle se réveillerait avant ? » expliqua-t-il alors. La jeune femme savait très bien s'occuper de sa fille, il avait confiance même s'il est vrai que la laisser, dans n'importe quelle situation d'ailleurs, lui laissait un petit pincement au coeur. C'était normal. « Bien sûr. Généralement, elle ne se réveille pas avant une heure. » Eileen sembla quelques peu surprise. Il y avait de quoi. Pourtant, elle ne s'en formalisa pas. Heureusement pour Luke. Il ne savait pas du tout comment il aurait pu gérer une relation où l'élue de son coeur se crêperait le chignon avec sa meilleure amie de toujours. Non, franchement, il ne voyait pas du tout comment, il aurait fait. Et c'est mieux ainsi à vrai dire. Il ne voulait pas savoir. « Mais, Lucy n'était pas sensée être en Amérique aux dernières nouvelles... ? Je ne savais pas qu'elle était revenue. » Luke releva la tête vers Eileen. Elle touchait un point sensible. Que Lucy ne prévienne par la brune, c'était compréhensible, mais qu'elle ne lui dise rien à lui, c'était... Impensable. Du moins pour lui. Ils avaient toujours été inséparables même lorsqu'ils se trouvaient à des milliers de kilomètres. La réaction de Lucy était incompréhensible selon le jeune homme. Totalement. « Moi non plus. » finit-il par dire dans un souffle. Eileen ne parut pas insister. Elle dut s'en doute se rendre compte des pensées néfastes du jeune homme. La conversation s'arrêta ici. Il n'y avait rien de plus à dire sur le sujet de toute façon. Le blond récupéra alors ses clefs qui traînait alors sur le petit meuble de l'entrée avant d'enfin quitter la maison, refermant avec précaution la porte pour ne pas réveiller sa fille. La fraîcheur d'Avril vint alors doucement carresser son visage. L'été s'annonçait mal. L'année dernière, les premiers rayons commençaient déjà à réchauffer la terre alors qu'à présent, ils peinaient à sortir des nuages. Peut-être que la semaine prochaine prochaine serait meilleure. Au moins, il ne pleuvait pas. Luke était comme beaucoup de personnes, il n'aimait pas réellement la pluie. Cela donnait une ambiance bien trop mélancolique et nostalgique. Les scènes de rupture ou encore de disputes dans les films se faisaient souvent sous la pluie. L'eau pouvait être aussi synonyme de tempête, c'était bien connu. Il marchait alors tranquillement le long du trottoir. La jeune fille n'habitait pas réellement loin, ce qui était bien là le drame. Il mit les mains dans ses poches. Non, définitivement, il ne comprenait. Mais Lucy restait Lucy. Devait-il lui en vouloir ? Il n'en savait trop rien. A voir l'excuse qu'elle lui servirait. Du moment qu'elle ne lui annonçait pas qu'elle s'était remis avec l'autre crétin. Il n'avait jamais pu l'encadrer lui. Pour lui, il était trop bourru, trop... Non, en fait, il n'avait même pas de raison réelle de le détester. Il avait fait un effort pour Lucy, c'était sûr. Mais quelque chose avait bloqué entre eux deux. Ses sentiments. Il soupira une nouvelle fois avant de relever la tête vers ce qui était l'immeuble de la jeune femme. Il espérait qu'elle soit là. Il n'avait pas pris la peine de lui envoyer un message. De toute façon, à quoi bon ? Elle aurait été capable de ne pas lui répondre ou encore aurait été prévenue de son arrivée. Alors non, il ne valait mieux pas. Oui, Luke était en colère d'un certain côté. Il lui en voulait de ne pas lui en avoir parler. Pourquoi ? C'était la question qui le taraudait le plus. Etait-ce si compliqué de lui envoyer un petit message ou même un coup de fil vite fait ? Mais non. Ca le mettait hors de lui presque. Quand il approcha de l'immeuble, il eut la chance que quelqu'un rentre en même temps que lui. Il n'eut pas besoin de sonner à l'interphone. Parfait. Il monta aisément les escaliers. Il n'aimait pas réellement les ascenseurs et les endroits clos en général. Cela faisait son sport comme disait certains. Luke arriva assez rapidement à l'étage souhaité. Il hésita presque un instant lorsqu'il se trouva devant la porte. Pourtant, sa main en décida autrement. En effet, à peine était-il arrivé qu'elle toquait déjà à la porte. Il attendit. Les secondes semblaient presque des heures. Damn it. Il entendit alors des bruits. Etait-ce derrière la porte ou était-ce un voisin de palier qui avait décidé de faire la java ? Il ne savait pas réellement. Il patienta encore quelques minutes. Enfin, la porte d'entrée sur une jeune fille. Pas Lucy en tout cas. Non, c'était Niahm. Une fille qu'il avait connu au lycée, tout comme Lucy. Il faillit froncer les sourcils. S'était-il trompé ? Pourtant, c'était bien cette adresse qu'on lui avait donné. Il en était persuadé. Génial, il doit jouer à cache-cache maintenant. « Bonjour. » répondit-il alors presque comme un réflexe avant d'ajouter un peu plus. « Heu.. Excuse-moi, je crois que j'ai du me tromper. » finit-il par dire. Génial. Apparemment, la connaissance qui lui avait fait part du retour de la jeune femme avait du s'emmêler les pinceaux ou croire à une intox. Enfin presque. « Tu voulais voir Lucy non ? Attends, je vais la chercher. » What. Voilà tout. La jeune fille disparut aussi vite qu'elle apparut à la porte. Luke patienta. C'était pas croyable. Il ne comprenait définitivement plus rien. Il croisa les bras, presque impatient. Il entendit d'ailleurs quelques autres bruits de l'autre côté. Des paroles étouffées qu'il ne pouvait réellement déchiffrer. Et enfin... Enfin, celle qu'il voulait voir apparu devant lui. C'était toujours la même. Ces mêmes cheveux noirs parfois indisciplinés, ces mêmes yeux rieurs quoi qu'un peu fatigués ou encore ces mêmes lèvres qu'elle plissait apparemment nerveusement. S'attendait-elle à le voir ? Non pas vraiment du à son expression. Pourtant, Luke n'en oublia pas la raison de sa visite. Ni sa colère. Pauvre d'elle. « Tu comptais me le dire quand que tu étais arrivée, Lucy ? » C'était on ne peut plus clash. Cela lui ressemblait pas tellement mais il voulait savoir. Il voulait comprendre cette incompréhension, ce silence qui le rendait dingue. Ouais, il voulait définitivement comprendre, savoir.



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Capitaine Crochet
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MessageSujet: Re: Face to face and heart to heart, we're close yet so far apart. (Lucky)   Jeu 21 Avr 2016 - 23:09



Face to face and heart to heart
Luke & Lucy
Elle était rentrée depuis quelques semaines à peine, sacs et valises à bout de bras, elle avait abandonné tout le reste derrière. A quoi bon ramener avec elle tous ces mauvais souvenirs, après tout ? Son ex-mari, cet homme qu’elle avait autrefois aimé, si fort, vivait désormais seul dans leur appartement de Chicago, parmi les meubles et les murs qu’ils avaient choisis ensemble. Elle avait beau s’être débarrassée de son alliance, il continuait de s’accrocher à elle, presque désespérément. Il n’y avait pas un jour sans qu’elle ne reçoive au moins un message de sa part, la suppliant de lui pardonner, de revenir. Elle avait préféré lui cacher son retour à Dublin pour se protéger, pour ne pas le voir franchir le seuil de sa porte de sn air menaçant et froid qui semblait à mille lieues de l’homme qu’elle avait épousé. Comment un être si attentionné, si adorable, avait pu changer de la sorte ? Comment avait-il pu devenir un tel monstre qu’elle refusait même d’entendre à nouveau le son de sa voix ? Il l’avait détruite, physiquement, mais aussi mentalement. Elle n’était plus rien de la femme, de l’adolescente, qui avait quitté Dublin, les yeux remplis de rêves, tournés vers l’Amérique, une dizaine d’années auparavant. Etait-elle devenue un monstre, elle aussi ? Parfois, elle se posait la question.

Elle n’avait même pas prévenu Luke de son retour. Elle avait voulu, pourtant, à peine arrivée, chargée de toutes ses affaires, elle était allée chez lui pour lui annoncer qu’elle était là, à Dublin, que la distance qui les séparait depuis des années n’était plus, qu’ils pourraient retrouver leur relation comme elle était avant, à l’époque du lycée… Mais elle l’avait vu, après un coup d’œil à la fenêtre, heureux parmi les siens. Une femme à sa gauche, cette femme dont il lui avait parlé, cette femme qui le rendait heureux, cette femme qu’il aimait, et sa fille, sa chère petite fille, qu’elle avait vue à plusieurs reprises, qu’elle connaissait un peu. Il souriait, il riait. Et alors qu’elle était prête, quelques minutes plus tôt, à pousser le bouton de la sonnette, elle s’était rétractée, la tête basse, et avait simplement fait demi-tour, sans rien dire, sans laisser ne fût-ce qu’un mot. Ne jamais venir troubler son bonheur, c’était ce qu’elle s’était toujours promis, comme une obsession, une promesse à laquelle elle n’avait jamais dérogé, pas même lorsqu’elle avait eu désespérément besoin de lui. Et pour ne pas risquer de tout gâcher, elle avait gardé le secret de son retour, du moins auprès de lui.

Sa famille était au courant, et sa fierté en prit un coup lorsqu’elle dut faire face à ses parents, qu’elle avait auparavant convaincus de la laisser partir, alors qu’aujourd’hui, elle revenait les mains vides de toute réussite, rapidement divorcée, sans enfant, sans carrière, sans rien. Elle s’était alors échouée chez Niahm, avec laquelle elle vivait en colocation depuis son retour. Elle était la seule au courant de tout, la seule à savoir ce qu’elle avait vécu, et ce qu’elle traversait en ce moment-même. Elle n’avait jamais rien dit, pas à Luke, encore moins à sa propre famille, et si Niahm n’avait pas compris que quelque chose clochait en lui rendant visite à Chicago, elle aurait continué de se taire. Au moins, elle avait une personne à qui se confier, et qui savait tout de sa situation. Avec elle, elle pouvait laisser couler ses larmes sans qu’on ne lui pose de question, elle pouvait s’enfermer dans sa chambre avec son mal de vivre sans qu’elle ne s’en formalise. Avec Niahm, elle pouvait être elle-même, du moins ce qu’il restait d’elle, sans qu’on ne le juge ou qu’on lui demande de changer. Toutes deux sans grands moyens, la colocation s’était avéré la solution idéale pour elles. Leur appartement était petit, mais suffisant. Et ni l’une, ni l’autre, n’était vraiment seule.

« Tu sais, il finira sans doute par l’apprendre, vous vivez à quelques mètres à peine, vous finirez par vous croiser un jour ou l’autre. C’est ridicule de garder un tel secret, et c’est cruel de ta part. » Son frère lui faisait la morale au téléphone, alors qu’elle était assise à son bureau, dans sa chambre encore bien encombrée, un dessin représentant des nuages remplis de rêves, illustration des rêveries enfantines de son meilleur ami, qu’elle n’avait jamais oubliées. Son frère avait beau être plus jeune qu’elle, elle avait souvent l’impression d’être la petite sœur perdue que son grand frère tâchait de remettre sur le droit chemin. Une façon de plus de se dire qu’elle avait tout raté de sa vie. Elle soupira bruyamment, abandonnant son esquisse pour se laisser choir contre sa chaise en bois. « Je sais. Je sais bien… Je lui dirai, dans quelques temps. Quand j’aurais trouvé une bonne raison. » « Une bonne raison ? Divorcer d’un type qui t’a trompée, c’en est pas une suffisante ? » Ce fut à son tour de soupirer. Elle baissa la tête et déglutit, consciente de sa bêtise. S’il n’y avait eu que ça, pensa-t-elle. « Je ne te comprends pas, Lucy… Ca pourrait être si simple, pourtant, pourquoi tu rends tout ça si compliqué ? » Avant qu’elle n’ait le temps de le remarquer, quelques larmes se frayèrent un chemin dans le coin de ses yeux, et elle préféra abandonner là la conversation, raccrochant son téléphone avant de le poser négligemment sur son bureau.

Repliée sur elle-même, ses mains contre son visage pour sécher ses larmes, elle n’entendit même pas les quelques coups sur la porte d’entrée de l’appartement, pas plus que la conversation qui s’ensuivit. Ce ne fut que lorsque Niahm frappa à sa porte qu’elle releva la tête. « Lucy, il y a quelqu’un pour toi… Je pense que c’est important… » Son air cachait quelque chose, une sorte de gêne, mais étrangement, ses yeux trahissaient une certaine joie. Vu son ton, Lucy n’osa objecter. Elle se leva donc, prit une grande inspiration pour retrouver son calme, et sortit de sa chambre pour se diriger vers l’entrée. Elle jeta un regard à son amie avant de trop s’approcher, et celle-ci hocha la tête en signe d’encouragement. Elle se retourna, ouvrit un peu plus la porte entrebâillée, et lorsque ses yeux se posèrent sur Luke, son cœur tiqua douloureusement. Sous le choc, sa bouche s’entrouvrit, ses yeux s’écarquillèrent, et alors que son cœur tambourinait malgré elle dans sa poitrine, il lui posa la question assassine. « Tu comptais me le dire quand que tu étais arrivée, Lucy ? » Elle sentit son cœur se déchirer en entendant la colère sous ses mots. Elle était si confuse qu’elle fut incapable de prononcer un mot pendant quelques secondes. Sa bouche ne cessait de s’ouvrir et de se refermer alors qu’elle cherchait quoi lui dire pour expliquer son silence. « Luke.. Je… Comment… » Elle peinait à articuler. Son cœur lui faisait mal, ses mains tremblaient, et la honte la couvrait. Elle baissa la tête et déglutit pour retrouver contenance avant d’affronter à nouveau son regard. « Comment tu as su… ? » Elle se mordit la lèvre. Sa question était de trop, elle le savait. Il aurait dû l’apprendre d’elle, et seulement d’elle. « Je suis désolée, je… Luke, je ne sais pas quoi te dire… Je voulais te le dire, tu sais ? J’allais te le dire, même, je… J’attendais le bon moment… C’est tout… » Ses yeux retrouvèrent bien vite le sol alors qu’elle sentait que ses excuses seraient insuffisantes. Depuis quand gardait-elle des secrets ? Adolescents, ils se disaient tout, ils étaient si complices. Que leur était-il arrivé ?
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Fée Clochette
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MessageSujet: Re: Face to face and heart to heart, we're close yet so far apart. (Lucky)   Sam 23 Avr 2016 - 19:41


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feat Lucky

Elle sembla surprise de le voir. Même elle buta sur ses premiers mots telle une enfant ayant fait une bêtise. Etait-ce si dur de lui parler à présent ? Etait-ce si dur de prendre le téléphone et de lui dire son retour ? Avait-ce si dur la jeune femme ? Depuis quand d'ailleurs ne se parlaient plus comme ils le faisaient avant ? Durant leurs années lycées, ils avaient été inséparables et les conversations entre ne s'épuisaient jamais. Jamais il n'avait eu un secret que Lucy ne connaissait pas, et il savait que c'était la même chose pour elle. Alors pourquoi commençait à présent hein ? Est-ce que la distance avait-il eu raison d'eux ? Est-ce que cette fichue lubie des Etats-Unis de la jeune femme aurait-il mis la guillotine sur leur amitié ? Cela se pourrait bien. Tout se lisait sur le visage de la jeune femme. De la confusion et de la gêne. Comment ça de la gêne hein ? Il commençait réellement à douter de la fille qu'il avait sous les yeux. Ou bien était-ce la colère qui l'animait qui parlait à sa place ? Peut-être. « Luke.. Je… Comment… » Encore et toujours des bafouillages, elle tentait de se justifier, mais cela sonnait presque faux aux oreilles du jeune homme. Apparemment, même elle le sentit puisqu'elle baissa les yeux un instant. « Comment tu as su… ? » Est-ce réellement important ? Franchement, il n'avait même pas envie de lui répondre. Non, parce que cela aurait du être elle cette personne. Il ne demandait à ce qu'elle appelle dès qu'elle avait posé le pied à Dublin, non, mais au moins le prévenir dans les heures voire jours suivants. Ce n'était quand même pas compliqué non ? Pensait-elle réellement reprendre sa vie à Dublin sans l'avertir ? Il ne pouvait pas le croire. Il pensait réellement compter plus qu'une simple ignorance qui faisait un mal de chien. Être ignoré par la femme la plus importante de sa vie était une chose presque insupportable. Il avait besoin d'elle, il avait besoin de l'avoir à ses côtés. Cela pouvait paraître assez égoïste, mais ils avaient toujours marché comme ça à vrai dire. Toujours ensemble, pas de secrets, jamais d'oubli. Eux contre le reste du monde. Enfin c'est du moins ce qu'il croyait jusqu'à présent. « Je suis désolée, je… Luke, je ne sais pas quoi te dire… Je voulais te le dire, tu sais ? J’allais te le dire, même, je… J’attendais le bon moment… C’est tout… » Pas de justification, pas d'argument. Juste des mots entreposés entre des hésitations. Pas de pourquoi, ni de comment. Non, rien. Le blond la regarda un instant, laissant entre ses mots un instant de quelques secondes. Secondes interminables. « Quand ? » finit-il par dire. « Quand aurais-tu voulu me le dire ? Quand aurait-ce été le "bon moment" hein ? » commença-t-il alors à dire. En fait, il ne comprenait pas. Réellement pas. Son attitude ne lui ressemblait tellement pas. Ils s'étaient quittés à s'en déchirer le coeur et les voilà presque comme deux inconnus à son retour. Est-ce réellement Lucy, sa Lucy, qu'il avait devant les yeux ? Il ne savait plus. Oui, elle avait ces mêmes cheveux bruns ou encore ces mêmes yeux rieurs. Mais toute cette confusion et ces non-dits déformaient son visage et sa représentation. Ou sa propre colère. Oui c'était sans doute ça. Parce qu'il lui en voulait, c'était un fait avéré. Si cela n'avait pas été Lucy, peut-être qu'il aurait vite passé à autre chose, pour sûr. Mais là, c'était elle. Alors ça ne passait pas. C'était bien plus fort que lui. Même s'il essayait encore et encore, la même question revenait sans cesse encore et encore. Pourquoi, pourquoi ? C'était presque comme une litanie incessante dans sa tête. S'il avait pu, il se l'aurait extraite de la tête. Cela lui fichait un sacré mal de crâne. Mais il ne pouvait pas. C'était ancré en lui, il devait faire avec. C'était tout. J'allais te le dire. Ouais. C'est ce qu'on dit souvent, on allait le faire mais on ne le fait pas. C'est comme quand on reçoit un message d'une personne avec qui on a pas réellement d'affinités, on voit son message mais on ne répond pas non. Et puis quand cette dernière nous demande si on avait répondu à son message. On ment effrontément. Du genre que le portable a du avoir un léger problème d'envoi ou qu'on allait le faire. On allait le faire. Alors, il se sent comme ça Luke. Délaissé, légèrement trahi et un peu colère. Non, beaucoup en colère en fait. Il finit par soupirer légèrement. A quoi bon de toute façon ? C'était comme ça avec lui. Après la colère, la tristesse.. La lassitude. « Franchement, Lucy, si... » Il s'arrêta un instant comme pour chercher ses mots. Ou plutôt chercher dans ses yeux déjà la réponse. En vain. « Si je ne serais pas venu aujourd'hui, serais-tu venu les jours prochains ? » Aurait-elle plutôt compter cela en semaine voire même au mois ? Il ne savait pas. Tout cela ne leur ressemblait pas. Ce n'était pas eux. Quand y avait-il une rupture ? Depuis quand se comportaient-ils ainsi, elle cachant ses secrets et lui les lui reprochant implicitement ? Il aurait réellement voulu trouver la faille et la réparer. Mais il ne voyait pas où ils avaient fauté. Ou est-ce simplement le cours des choses ? Si tel était le cas, il détestait ça au plus haut point. Les amitiés se faisaient et se défaisaient, il en était conscient. Mais pas la leur. Après tout, ils étaient Lucy et Luke ou encore Luke et Lucy. Il ne pouvait pas en être autrement. C'était Lucky et point à la ligne. Perdre son amitié n'avait jamais été une chose qu'il aurait envisagé. Oh non. Pour lui, c'était une évidence même. Ainsi, il tenta de chercher dans son regard une première réponse avant même que ses lèvres ne se mettent à former ses premiers mots. Mais il n'y trouva rien à part encore et toujours de la confusion. Tout ce qu'il voulait lui, c'était retrouvé sa meilleure amie, lui rendre un peu de joie. Retourner à l'époque du lycée presque. Après tout, il savait ce qu'un divorce pouvait entraîner, il en avait vécu un alors il savait. Il aurait été celui qui aurait pu lui redonner le sourire, comme avant, lui faire un peu oublier tout ça et avancer. Parce que le plus important, oui, c'était d'avancer. Peut importait le passé ou le futur même, il fallait juste avancer encore et encore. Alors pourquoi l'avoir évinçait hein ? Quelque chose clochait, il en était certain. Quoi ? Il ne savait pas réellement, mais il se fit presque le serment personnel de le trouver. Si Lucy ne voulait pas lui en parler de suite, il comprenait même si cela faisait mal. Mais il l'apprendrait tôt ou tard, c'était forcé. Il n'aimait pas être tenu à l'écart de la vie de la jeune femme. Cela pouvait assez intrusif et égoïste, mais ils avaient marché ainsi. Lucy avait toujours su les moindres détails de sa vie comme elle la sienne. Enfin c'était du moins ce qu'il croyait jusqu'à présent. Parce que maintenant, il avait l'impression que ce n'était plus le cas. Cela le rendait presque dingue ouais. Presque.



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Capitaine Crochet
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MessageSujet: Re: Face to face and heart to heart, we're close yet so far apart. (Lucky)   Lun 25 Avr 2016 - 1:06



Face to face and heart to heart
Luke & Lucy
Il était là, devant sa porte, le regard dur et blessé, et elle était incapable de cacher sa surprise. Elle n’avait aucune idée de comment il avait appris la nouvelle, ni de comment il avait su où elle vivait. L’avait-il croisée, un jour où elle rentrait ? Ou quelqu’un avait-il vendu la mèche sans l’avertir ? Elle se retourna un instant pour interroger Niahm du regard, mais celle-ci avait déjà quitté la pièce. Elle n’aurait tout de même pas fait ça, pas vrai ? Elle qui savait pourtant tout, elle n’aurait pas été la trahir, elle en était presque certaine. Alors, qui ? Son frère ? Il l’avait mise en garde quelques minutes plus tôt, peut-être était-il passé à l’acte avant de lui donner son ultime avertissement ? Sa sœur peut-être ? Aurait-elle été jusque-là ? Qui ? Qui aurait pu lui faire ça ? Elle aurait voulu se faufiler, se cacher au fond d’un trou et ne plus jamais en sortir, comme une souris prise au piège. Que devait-il penser d’elle ? A en croire l’air qu’il affichait, elle ne devait plus avoir une très grande place dans son cœur, en cet instant. Elle avait mal au cœur, sa gorge était sèche et les mots refusaient de sortir.

Elle osait à peine croiser son regard. Elle avait honte, Lucy. Honte de ne pas avoir eu le courage d’affronter le bonheur de Luke, sous la forme de cette brune aux yeux bleus. Honte de sentir encore son cœur tambouriner dans sa poitrine alors qu’il n’en avait le droit. Honte d’avoir laissé passer sa fierté et ses sentiments avant leur amitié. Tout paraissait si différent, aujourd’hui. Dix ans plus tôt, ils riaient, insouciants de l’avenir qui les attendait, à observer le ciel l’un contre l’autre, allongés sur l’herbe fraîche du Merrion Square, faisant des plans sur la comète en s’imaginant la vie incroyable qui les attendait, les aventures et les voyages, la réussite professionnelle et l’accomplissement personnel, persuadés qu’ils affronteraient toujours la vie main dans la main. Ils étaient remplis d’espoir, les étoiles dans les yeux, tellement certains que leur vie serait belle. La réalité s’était révélée si différente, pour elle. Toutes ses illusions s’étaient petit à petit brisées le jour où elle avait fait la bêtise de monter dans l’avion qui l’emmenait aux Etats-Unis. Lorsqu’elle repensait à cette époque propice aux rêves, au lycée, aujourd’hui, il était rare que quelques larmes ne coulent pas. Luke ne savait rien de tout ça, et elle n’avait jamais voulu lui expliquer, trop fière peut-être, trop honteuse également. Sa propre vie lui faisait honte. Elle aurait voulu retourner toutes ces années en arrière, et tout recommencer, tout refaire en mieux, à commencer par Luke. Il y avait tant de choses qu’elle ne lui avait pas dites, tant de lettres qu’elle ne lui avait pas envoyées, qu’elle gardait dans une petite boîte, celle-là même qui renfermait sa partition de la Berceuse de Brahms. Et il n’en saurait jamais rien.

Elle ne chercha pas à s’expliquer, elle ne chercha pas d’excuse ridicule qui l’aurait empêché de le contacter, hormis qu’elle l’aurait fait. Qu’elle aurait fini par le lui dire. Un jour. Lorsqu’il répliqua, la colère visible sur ses traits autant qu’ils s’entendaient dans sa voix, elle baissa de nouveau le regard sur ses mains, qui s’étaient mises à plier et replier nerveusement le tissu de son haut comme une gamine prise en faute. Oui, quand aurait-ce été le bon moment ? Jamais, certainement. Quand aurait-elle trouvé la force de lui dire que sa vie avait été un échec, du début à la fin, et qu’il en était l’image parfaite : inaccessible, pourtant à portée, le souvenir à jamais oublié d’un baiser qu’elle-même n’avait su garder en mémoire. Elle se pinça les lèvres, et osa lui mentir en le regardant dans les yeux. « J’attendais d’être correctement installée… de… D’avoir trouvé un travail… quelque chose… Je te l’aurais dit, Luke, crois-moi. » Et voilà, elle fuyait à nouveau son regard. Et alors qu’un silence s’installait, il reprit la parole, pour l’assassiner un peu plus de vérités qu’elle n’aurait jamais avouées. S’il n’était pas venu, elle aurait sans doute fait profil bas. Elle n’aurait sans doute rien dit de son retour, et se serait cachée jusqu’à être découverte, un jour, par hasard, lorsqu’il aurait été bien trop tard pour réparer. Ce moment était-il arrivé ? Etait-ce déjà trop tard ? Elle ferma un moment les yeux pour retenir les larmes qu’elle sentait s’y loger, et se pinça une nouvelle fois les lèvres avant de l’affronter. « Ecoute, je suis désolée, d’accord ? Je suis vraiment désolée… S’il-te-plaît, ne m’en veux pas trop… J’aurais fini par te le dire. » Elle laissa passer un moment avant de reprendre, prenant son courage à deux mains pour ravaler sa fierté qu’elle savait si mal placée. « J’avais juste... Besoin de temps, je suppose. Pour reprendre mes marques… Et parce que ce n’est pas si facile que ça, de revenir après tout ce temps… » Elle avouait tout, sans rien avouer du tout, priant pour qu’il lise entre les lignes en sachant pourtant qu’il ne comprendrait jamais le sens caché de ses mots.

Elle se frotta la tête en soutenant finalement son regard, alors qu’un sourire honnête, quoi que légèrement forcé, vint éclairer son visage. « Tu… Tu veux entrer ? Ou qu’on aille se promener ? » Elle avait besoin de lui dans sa vie, terriblement besoin de lui. Elle savait qu’il lui était impossible de vivre sans savoir qu’il était là, quelque part, à des milliers de kilomètres ou à quelques mètres à peine. Elle le savait heureux, et n’avait pas envie de gâcher son bonheur, ou d’être un obstacle à celui-ci. Elle baissa la tête et finit par avouer, à demi-mots, comme un secret qu’elle gardait jalousement pour elle : « Tu m’as manqué, Luke… » Elle avait les larmes aux yeux, à présent. Elle aurait tant voulu lui dire. Elle aurait tant voulu partager avec lui sa peine, tout ce qu’elle avait vécu, et tout ce qu’elle n’arrivait pas encore à accepter. Elle avait été mariée, elle avait été battue, elle était divorcée, elle n’aurait jamais de bébé. Et il n’en saurait jamais rien, oh non.
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MessageSujet: Re: Face to face and heart to heart, we're close yet so far apart. (Lucky)   Mer 4 Mai 2016 - 16:33


Face to face and heart to heart
We're so close yet so far apart

feat Lucky

« Ecoute, je suis désolée, d’accord ? Je suis vraiment désolée… S’il-te-plaît, ne m’en veux pas trop… J’aurais fini par te le dire. » Elle était sincère. Il le sentait dans ses paroles. Pourtant, ses paroles lui firent mal. Elle aurait fini par lui dire. Mais après combien de temps hein ? Un mois, deux semaines ? Le jour où il croiserait par hasard dans la rue des années après ? Etait-ce réellement ça qu'elle sous-entendait. Il en avait bien peur. Pourtant, il ne dit rien. Il laissa couler un peu le temps. Ca ne faisait pas de mal. Certaines fois, le silence était bien plus préférable aux mots bien trop meurtriers. Une seconde. Deux secondes. Le temps filait et sa colère désenflait un tout petit peu. Oui, il était en colère. C'était un fait indéniable. Mais il avait besoin d'elle. Elle avait une place bien trop importante dans son coeur pour qu'il la laisse s'échapper. Il avait besoin d'elle. La savoir ici sans qu'il n'en ait eu connaissance lui faisait mal, le mettait en colère. Est-ce qu'elle avait donc plus besoin de lui comme lorsqu'ils étaient petits ? Avait-elle tourné la page ? Les Etats-Unis n'auraient alors été qu'un chapitre pour l'aider à passer à tout ça, à passer sur leur amitié ? Il ne savait pas, il ne savait plus. Le silence devint tout à coup presque pesant chez Luke. D'ailleurs, c'est presque avec un soupir de soulagement qu'il accueillit les paroles de la jeune femme, encore confuse. « J’avais juste... Besoin de temps, je suppose. Pour reprendre mes marques… Et parce que ce n’est pas si facile que ça, de revenir après tout ce temps… » Après tout ce temps. Luke ne comprit pas tellement. Ou du moins, il essaya de ne pas comprendre. Ce genre de phrase, on la dit pas en l'air. Parce que c'est une phrase coupante. Voulait-elle dire que les choses avaient changé ? Elle devait sans doute pas faire allusion à leur propre relation. Du moins, il l'espérait. Après tout, pour lui, ils étaient presque encore ces gamins qui couraient dans la cour et passaient des heures dans le jardin, l'un racontant ses rêves à l'autre. Ils n'avaient pas tellement changé en fait. Ils avaient toujours cette même relation unique et si forte qui les unissait. Pour lui du moins. Mais le pensait-elle aussi ? Tout portait à croire au contraire. Ce genre de phrase, ça coupe les mots presque. Il tenta alors de balbutier quelques phrases. Du genre de "ouais je comprends" ou "t'en fais pas". Mais il ne put pas. C'était comme si cela resta coincé dans son gosier. Il savait qu'au fond, tout avait changé autour d'eux. Leur situation, leur entourage, voire même leur environnement. Tout en fait. Mais il avait espéré que cela ne les affecte pas autant. Du moins pas autant qu'ils ne se reconnaissent plus l'un l'autre. « Je comprends. » finit-il par dire avec un soupir. Elle avait raison sur toute la ligne. Encore une fois. Son regard chercha le sien encore une fois. Mais il resta baissé. Toujours. Elle le fuyait. Ses paroles restèrent dans sa tête. Après tout ce temps. Il préféra alors ne pas relever encore. Il fallait qu'il arrête de penser trop. Vraiment. D'ailleurs, cela fonctionna presque puisque la jeune femme décida de finalement relever la tête vers lui, soutenant son regard. De son côté, la colère avait déserté ses traits. Il était plus lasse qu'en colère. « Tu… Tu veux entrer ? Ou qu’on aille se promener ? » Elle l'accompagna d'un sourire. Sincère. Forcé. Il la connaissait que trop bien. Il savait quand elle mentait ou quand elle se forçait. Ils avaient grandi ensemble, ses tics n'avaient plus un mystère pour lui. C'est tout le contraire d'ailleurs. Il savait même qu'elle devait aussi le connaître par coeur. Comme son fichu geste habituel de stress, celui de toujours passer ses mains dans ses cheveux. Chose qui l'avait d'ailleurs rendue presque folle au lycée, lors des périodes d'examens. Ouais, il s'en souvenait comme si c'était hier. Lucy avait presque menacé de lui attacher les mains dans le dos pour qu'il arrête. Un léger sourire se dessina sur ses lèvres à ce souvenir. Il posa à nouveau son regard sur elle, sans départir de son petit sourire. « Tu as toujours cette boîte de nesquick qui traîne ? » Référence typique à leur enfance commune. Luke avait toujours été un fan inconditionnelle de chocolat. C'était d'ailleurs la boisson qu'ils buvaient tout le temps. Alors évidemment qu'il voulait entrer. Son invitation était presque une invitation à entrer à nouveau dans sa vie. Il ne pouvait pas la laisser partir. Pas encore une fois. Alors il l'acceptait sur le ton de l'humour comme à son habitude. Il ne pouvait pas rester longtemps en colère contre elle. Cela avait toujours été son défaut d'ailleurs. Comment pouvait-on lui en vouloir hein ? Elle avait relevé une deuxième fois la tête vers lui. « Tu m’as manqué, Luke… » Oh non. Code rouge. C'était pas bon là. Lucy avait les larmes aux yeux à présent. Luke avait toujours détesté la voir pleurer. D'ailleurs, il avait toujours fait pour la défendre et éviter qu'elle ne pleure. Il ne pouvait résister à cette vision. Son coeur fondait automatiquement. Même parfois, il se fissurait lui-même. N'a-t-on jamais dit qu'aimer quelqu'un, c'était aussi ressentir ses joies, ses rires mais aussi ses chagrins et sa tristesse ? C'était ce qui était en train de se passer. « Lucy... » souffla-t-il presque en un murmure. Son propre visage se déforma un peu par l'empathie et la presque douleur de la voir dans cet état. Ainsi, sans réellement y réfléchir, il s'approcha doucement d'elle et vint la prendre dans ses bras. La retrouver dans ses bras était une sensation ancienne qu'il retrouva avec plaisir. C'était presque comme si l'espace d'un instant, ils étaient retournés des années en arrière. Dix ans. Il les revoyait encore sur cette fameuse piste de danse où ce jour-là, le monde n'avait basculé que d'un seul côté. Du sien. Il n'aurait jamais cru pouvoir ressentir à nouveau cette sensation de proximité. Lucy était là devant lui à danser contre lui, l'alcool les faisant faire plus qu'ils ne se l'auraient permis en temps normal. Alors, ouais. Cette sensation, il la retrouva à cet instant. Un pur bonheur. « Toi aussi, tu m'as manqué Lulu. » dit-il avec un petit sourire, utilisant son surnom. Pourtant, il sait très bien qu'après ces quelques heures à ses côtés, à parler de tout et de rien sans doute, il repartirait à sa vie. Il reviendrait à ses obligations de père et de petit-ami. Il ne pourrait plus se perdre dans les méandres de ses souvenirs. Oh non. Alors il profitait de cet instant, bien que rare et presque unique. Cela fait si longtemps qu'ils n'avaient pas partagé un moment comme celui-ci, Lucy et lui. Il fallait en savourer chaque seconde. Presque. D'ailleurs, il espérait que cette étreinte sécherait les larmes de la jeune femme. Au moins cela. C'était tout ce qu'il pouvait faire alors qu'il aurait aimer faire plus. Vraiment. Mais pouvoir la prendre dans ses bras était déjà un privilège selon lui. Alors n'ajouta pas plus. Oh non. « Je me demande si tes voisins et Niahm ne vont pas nous prendre pour des borderlines. » C'est vrai, de la colère puis ensuite des larmes et vint du rire. Un peu contradictoire tout ça. Il voulait un peu plaisanter pour détendre l'atmosphère. C'était lui qui avait instauré ce climat presque pesant entre eux, il se devait de le résoudre. Vraiment.



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Capitaine Crochet
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MessageSujet: Re: Face to face and heart to heart, we're close yet so far apart. (Lucky)   Dim 8 Mai 2016 - 17:47



Face to face and heart to heart
Luke & Lucy
Elle aurait voulu tout lui avouer, là, maintenant. Tout lui dire sur le perron, devant la porte numéro treize, qui désignait son appartement à peine assez grand pour deux. Elle aurait voulu parler, lui dire tout ce qui lui était arrivé depuis son départ. Elle aurait aimé revenir en arrière, l’empêcher de se marier, ou faire en sorte d’être celle à qui il aurait dit oui, imaginer une vie à deux où la fin serait ponctuée d’un « et ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants ». Aucun retour en arrière n’était possible, aucun gommage à sa vie misérable, pas plus qu’elle ne pouvait lui raconter. Alors elle ne dit rien, elle se cacha sous des mots qui n’avaient pas réellement de sens, toujours vague, et la réponse de Luke lui arracha un sourire désolée. Il ne pouvait pas comprendre, pas cette fois. Cette fois il n’avait pas été dans la confidence, elle n’avait pas dévoilé son secret, cette fois, elle l’avait écarté, lui avec qui elle partageait tout autrefois. Il ne savait même pas la vie qu’elle avait eu à Chicago, pas même son flop professionnel. Elle avait tout gardé pour elle, égoïstement, par fierté, par honte. Et pour les mêmes raisons, elle n’osait même pas croiser son regard, le fuyant lâchement en baissant la tête alors qu’elle s’acharnait sur son haut, angoissée, gênée. Elle n’était pas bien sûre de la véracité de ses propos, elle n’était pas certaine d’avoir été le voir, un peu plus tard, pour lui dire qu’elle était de retour. A vrai dire, elle aurait préféré se faufiler dans un trou de souris et y rester jusqu’à sa mort, quitte à éviter tout contact, toute chance. Elle se sentait pitoyable, elle se sentait mal, en face de lui. Et pourtant, elle aurait tant besoin qu’il entre à nouveau dans sa vie.

Alors, elle finit par craquer, lui proposant d’entrer dans son appartement, d’entrer une nouvelle fois dans sa vie. Elle le regardait enfin, un sourire aux lèvres, à la fois sincère et pourtant faussé, légèrement teinté de peine. Elle se doutait qu’il avait remarqué, il remarquait toujours tout. Ils avaient grandi ensemble, ils se connaissaient par cœur, mieux que quiconque, peut-être même mieux qu’eux-mêmes. Ils pouvaient déceler le moindre sentiment sur le visage de l’autre. Mais il ne dit rien, il ne lui fit aucune remarque, se contentant de répondre à son sourire de la même manière, et à cette vision, son cœur s’allégeait. Ca lui avait manqué, de le voir, ça lui avait manqué, tout ça, tous ses souvenirs se bousculaient dans sa tête. Elle était si bien, quand il était là. Tout allait si bien, autrefois, quand le monde ne se résumait qu’à Luke. Elle regrettait que ce fait ait changé. C’était sa faute, si tout était différent aujourd’hui, c’était elle qui l’avait voulu, elle qui était partie, en le laissant derrière. Quelque part, elle avait presque cru qu’il l’attendrait, ou qu’il la rejoindrait. Elle avait attendu, elle. Elle avait souvent espéré qu’il débarque en plein milieu de la nuit devant son appartement de Chicago, en lui disant qu’il ne pouvait plus supporter la distance, qu’il voulait la retrouver, qu’elle lui manquait bien trop. Elle ne pouvait pas lui en vouloir de ne pas l’avoir fait. Elle, de son côté, n’avait pas ravalé sa fierté pour lui. Et voilà où ils en étaient aujourd’hui.

La réponse de Luke la fit rire. Tous les jours, ou presque, lorsqu’ils étaient enfants, ils se retrouvaient pour le goûter, un bol de chocolat chaud et quelques tartines pour l’accompagner. C’était une habitude qu’ils avaient gardé à leur adolescence, tous deux fanatiques de chocolat. Elle hocha la tête, un sourire ému aux lèvres. « Evidemment. » Elle avait parlé doucement, comme un secret qu’ils partageaient. Elle avait toujours une boîte de Nesquik avec elle. Sa réponse était si symbolique. Son cœur explosait, soulagé. Il ne semblait plus en colère à présent, et elle n’avait pas eu à lui révéler la vérité. C’était à lui faire un peu plus regretter de ne pas l’avoir revu plus tôt. Elle espérait qu’après ça, ils pourraient se retrouver, comme autrefois. Les deux meilleurs amis, les deux inséparables, et tant pis si elle n’avait jamais plus que cela.

Prise par l’émotion, elle finit par lui lâcher d’une voix légèrement tremblante qu’il lui avait manqué, lâchant prise face à la volonté de ses larmes de couler. Neuf ans, c’était si long. Ils s’étaient vus pendant ce temps, évidemment, mais ce n’était plus pareil. Les visites furtives et les appels entre deux, ça ne lui suffisait pas. En la voyant dans cet état, Luke franchit la distance qui les séparait pour la prendre dans ses bras, la faisant sursauter bien malgré elle. Depuis Noah, la proximité avec un homme l’effrayait. Elle resta un moment immobile, avant qu’il ne lui réponde qu’elle lui avait manqué, elle aussi. L’emploi de son surnom la fit lâcher un rire, autant qu’il lui monta les larmes aux yeux. Elle s’accrocha finalement à lui, serrant fermement son haut dans sa main pour laisser couler ses pleurs. Il ne devait pas comprendre pourquoi elle pleurait, pourquoi elle fondait en larmes dans ses bras. Mais elle n’arrivait pas à s’en empêcher. La tête contre son torse, elle sentait son parfum, et ses bras rassurants autour d’elle. Elle avait tant besoin de lui, au point de se demander comment elle avait pu vivre tout ce temps sans son étreinte. A sa remarque, elle rit parmi les pleurs. C’est vrai qu’ils devaient avoir un comportement étrange, vu de l’extérieur, mais peu lui importait. « Je suis sûre qu’ils pensent déjà tous que je suis bizarre, alors tant pis. » Après tout, elle fuyait ses voisins, particulièrement les hommes, un regard apeuré au visage et rentrait bien vite dans son appartement pour y rester une bonne partie de la journée. Elle n’était sans doute pas la voisine enjouée et souriante que l’on désire le plus.

Elle resta accrochée à lui quelques instants. Dans ses bras, elle se sentait rassurée. Elle avait beau avoir peur des hommes, Luke semblait être la seule exception. Elle aurait pu rester là pendant des heures, sur le seuil de sa porte enveloppée dans les bras de son meilleur ami. Ses larmes avaient fini par sécher, et elle se dégagea un peu, à regret, reprenant son sourire en essuyant ses pleurs. « Alors… On va le prendre, ce bol de chocolat chaud ? » Elle lâcha un rire et releva les yeux vers lui. La complicité allait revenir. Ils étaient bien trop proches pour que tout s’arrête. Elle avait fait une erreur, elle avait vécu des choses qu’elle n’avouerait jamais, mais tant qu’il était là, tout pouvait aller bien. Elle lui prit la main gentiment, et l’entraîna à l’intérieur de son appartement. C’était petit, c’était ridicule et assez mal rangé, elle avait un peu honte, mais elle en venait à ne plus en tenir compte. Elle relâcha sa main et replaça ses cheveux derrière son oreille, légèrement gênée, avant de faire bouillir du lait et de sortir la fameuse boîte de Nesquik. Elle avait peur qu’il lui pose des questions, qu’il découvre la vérité, c’était plus fort qu’elle. « Désolée c’est… ce n’est pas très grand, ici. » C’était à peine assez grand pour Niahm et elle. Sa colocataire, d’ailleurs, les avait laissés seuls. Ca lui faisait presque peur, de se retrouver seule avec lui. « Comment va Rosie ? Ca fait longtemps que je ne l’ai pas vue ! » Elle essayait de tenir la conversation, pour éviter qu’il ne lui pose des questions, ne faisant que retarder l’échéance, elle le savait parfaitement. « Et… Eileen ? » Elle avait demandé sur un ton plus triste, à peine remarquable, derrière son petit sourire. Elle remplit deux bols de chocolat chaud et les posa sur la table, l’un en face de l’autre, s’asseyant pendant que Luke en faisait de même. Ca faisait bien longtemps qu’ils n’avaient pas discuté de cette manière.
Codage par Emi Burton



Bad timing tore us apart
Look, if you reject him now, he’s gonna make it his life’s mission to go out there and meet the most perfect, beautiful girl in the world just to try and get over you. And he’ll end up marrying this other woman and spending the rest of his life with her. And you know, he’ll tell himself that she’s perfect and he really must be happy, but she won’t be you.
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Fée Clochette
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MessageSujet: Re: Face to face and heart to heart, we're close yet so far apart. (Lucky)   Mar 10 Mai 2016 - 14:53


Face to face and heart to heart
We're so close yet so far apart

feat Lucky

Des moments comme ça, il en avait rêvé, Luke. Beaucoup. Trop sans doute. Pouvoir sentir ce parfum si fruité, si floral aussi. Si elle. Pouvoir glisser ses mains dans son dos. Sentir son corps presque frémir sous la surprise de cette étreinte. Sentir qu'elle s'abandonnait contre lui. C'était sans doute ce qui lui manquait le plus chez elle. Ouais. Le souvenir d'un baiser manqué trônait presque encore au dessus de sa tête. Une occasion manquée, une occasion bafouée. Ils n'en avaient jamais reparlé tous les deux. Comme si Lucy préférait omettre voire oublier ce souvenir trop honteux. Embrasser son meilleur ami n'a jamais mis quiconque dans une bonne position. Bien au contraire. Surtout quand on ne l'aime pas. Idiot va. Pourtant, c'était presque instinctif chez lui. L'avoir ainsi dans ses bras, était presque rarissime qu'il ne pouvait s'empêcher de penser aux possibilités. Toutes pourtant vaine. Pourtant quand on aime, l'amour ne rend vulnérable aux pires illusions, aux pires pensées. Parce que penser ça fait mal quand on aime. S'évertuer à penser à pouvoir changer les choses dans un passé lointain ou tenter encore et encore d'imaginer un potentiel "nous" faisait mal. Ca pouvait détruire ça. Pourtant, dans ses bras, Luke ne pouvait pas faire autrement. C'était plus fort que lui. Après tout, il y en a eu des occasions. Des occasions où il aurait pu clamer ses sentiments, s'opposer à tout ce gâchis. Il aurait pu aller à son mariage déjà. Se lever de façon théâtrale au fameux "quiconque s'oppose à ce mariage se lève maintenant ou qu'il se taise à jamais" comme dans toutes les mauvaises comédies romantiques. Ouais, il aurait pu faire tout ça. Peut-être aurait-il été sorti de force par le marié lui-même. Peut-être que Lucy aurait simplement détourner le regard comme quand ils avaient dix-huit ans. Ouais. Ou alors, elle l'aurait regardé de ce regard qu'il aime tant avec ce petit sourire en coin, celui qu'elle arborait toujours quand elle avait été avec Noah. Pourtant, jamais, elle ne lui avait montré ce petit sourire. Luke, c'était son meilleur ami. Rien de plus, et rien de moins. Après tout, même le destin lui avait montré la réponse qu'il s'évertuait presque à oublier certaines. Elle ne t'aime pas. C'était une évidence. Après tout, cela s'était vérifié une fois, sans parler de leur premier baisé alcoolisé. Un soir, lorsque Lucy venait tout juste de se marier, Luke s'était enfoncé dans ses sombres pensées, une bière à la main. Il venait tout juste d'arracher le faire-part de mariage du mur pour le contempler. Son regard fixe, il aurait presque pu faire peur. Puis il avait balancé le misérable bout de papier. Le papier se consumait à mesure que la rage et le désespoir s'insinuait en lui. Il avait fini par prendre son portable, composer un numéro à la va-vite. Son regard observait le papier se réduire à néant tandis qu'à l'autre bout du fil, une sonnerie retentit dans le vide. Le répondeur se mit en marche. Le bip retentit. Il ne pouvait détacher ses yeux du faire-part déjà cramoisi. La tristesse suintait dans sa voix. Lucy, c'est moi, je me sens mal, je me sens très mal. J'ai mal au coeur. Même mon coeur me fait mal.Une pause, comme pour reprendre son souffle. Ou son coeur sans doute. Ton souvenir me tue, ton amour me bloque. Tu me gâches la vie. Je t'aime. Je peux pas me construire avec toi et je ne peux pas me construire sans toi. T'es avec ton mari aux Etats-Unis, et moi je suis là, je pense à un nous, un nous qui n'existera jamais. Seul. Comme depuis presque dix ans. Il avait fini par raccrocher avant de balancer son portable sur le canapé. C'était tout. Elle ne rappela jamais. Il pensa qu'elle était beaucoup trop occupé à roucouler son amour qu'à se préoccuper de lui et de ses états d'âme. Au moins, il avait tenté une chose. Le destin s'était encore joué de lui. Le lendemain, un ami l'avait appelé. Un certain Julian. Luke avait apparemment taper le mauvais numéro. A croire que c'était vaine perdue, ouais. Le jeune homme à cette seule pensée, sentit son coeur se serrer un peu plus. Peut-être aurait-il pu la rendre heureuse ? Qui sait ? Pourtant, elle ne l'aimait pas. C'était un fait avéré. Il fallait vraiment qu'il se mette ça dans le crâne. D'ailleurs, ce sont les larmes de la jeune femme qui le fit sortir de ses pensées. Elle pleurait. La raison lui échappa à vrai dire. Est-ce lui ? Etait-ce la situation ? Ou était-ce autre ? Il n'en savait strictement rien et cela l'angoissait pourtant. Elle rit à sa remarque, même si les rires n'arrivaient pas encore à arrêter les larmes. « Je suis sûre qu’ils pensent déjà tous que je suis bizarre, alors tant pis. » Ils étaient toujours enlacés, se fichant pas mal des gens qui auraient pu surgir sur le palier. Non, c'était eux contre le reste du monde. Comme toujours. Cela le fit presque sourire. Lucky après tout. « Et encore, je suis sûr qu'ils n'ont pas connaissance de ton addiction au cappuccino. » Luke n'avait jamais compris ce qu'elle adorait dans cette boisson. Faut dire qu'il n'aimait pas le café, alors ça réglait le problème. Mais quand même. Il savait qu'elle pouvait en boire toute la journée sans aucun problème. Rien qu'à entendre ça, cela lui donnait envie presque de rendre son déjeuner. Non, il ne pouvait réellement pas supporter le cappuccino. Peut-être que sa remarque la fit rire. Il l'espérait du moins. C'était le but recherché après tout. Quand, la jeune femme décida de mettre fin à leur étreinte, c'est presque avec un pincement au coeur. Il aurait voulu que le temps s'arrête là maintenant et tout de suite. « Alors… On va le prendre, ce bol de chocolat chaud ? » Elle lâcha un rire et releva les yeux vers lui. Il acquiesça doucement avec un sourire. Une larme, rebelle, était pourtant restée sur sa joue comme résistante. Luke effleura alors à peine la peau de la jeune femme pour l'essuyer. Il fit comme si de rien n'était. Presque en réponse, elle lui prit sa main comme lorsqu'ils étaient petits. Il lutta presque contre l'envie d'entrelacer leurs doigts. Non. Il ne fallait pas. Le souvenir d'Eileen lui revint presque en mémoire. Imbécile. Il avait une petite amie qui l'aimait et qu'il aimait, et le voilà qu'il commençait à partir dans des délires vains. Encore une fois. Il soupira presque d'exaspération. Seule Lucy avait ce don de lui faire oublier la réalité. Il la suivit alors vers ce qui était la cuisine. Il observa juste. De toute façon, il n'eut pas le temps de s'exprimer qu'elle l'avait déjà doublé tandis qu'elle préparait les deux tasses. « Désolée c’est… ce n’est pas très grand, ici. » Il secoua doucement la tête. « C'est parfait, t'en fais pas. Du moment que tu t'y sens bien, avec Niahm, c'est le principal, je pense non ? » Du moment, qu'ils étaient tous les deux, il se fichait pas mal de l'endroit. A vrai dire, elle enchaîna sur sa question. Il n'eut presque pas le temps de poser autre chose. Il l'observait encore, l'épaule contre le chambrant de porte de la cuisine. « Comment va Rosie ? Ca fait longtemps que je ne l’ai pas vue ! » Rien qu'en évoquant sa fille, le visage de Luke s'illumina. Sa fille était tout pour lui. C'était bien connu. Rosie était un petit ange tombé du ciel. Lucy n'avait du la voir que peu de fois, si ce n'est même qu'en photos. « Oh, elle se porte comme un charme. Elle grandit. Trop sans doute. Elle commence à gambader un peu partout, du coup, on est obligé de constamment mettre tout en dehors de sa portée. Mais c'est un ange. Elle dit déjà un petit peu des petites phrases. Enfin même si c'est plus du vocable que réellement des mots. Elle adore d'ailleurs le livre que tu lui as offert à Noël. Depuis, elle nomme tous les animaux "chat". » réfléchit-il alors avant de sourire. En effet, le livre que Lucy leur envoyait raconter l'histoire d'un petit chaton perdu. Cela faisait presque du bien de parler avec Lucy. C'était presque comme avant. Presque. Parce qu'une gêne presque indescriptible était toujours installée. Il aurait voulu casser cette dernière barrière mais elle semblait pour le moment trop insurmontable. Il préféra alors se contenter de ce qu'ils avaient déjà accompli. C'était déjà grandement. « Et… Eileen ? » Son souvenir s'imposa presque à eux. Il s'assit en face d'elle. Leur tasse de chocolait dégageait une longue fumée. Pourtant, l'odeur était comme autrefois. « Et bien, elle va bien. Enfin, c'est un peu comme toujours. Tu sais avec le boulot tout ça... Mais elle va bien. Elle te passe le bonjour d'ailleurs. Elle a du rester avec Rosie, elle dormait. » se justifia-t-il alors. Pourtant, c'était presque une excuse qui sonnait faux. A vrai dire, il ne lui avait pas donné réellement le choix. Et puis, vu comment les premières minutes de retrouvailles se sont passées, il avait bien fait. Evoquer Eileen le ramenait presque à la réalité. Il n'était plus dans ses songes. Il était bien réveillé. Un réveil un peu brutal à vrai dire. Après quelques secondes, il souffla sur son chocolat chaud. Il finit par relever le regard vers Lucy, comme pour trouver déjà la réponse dans ses yeux. En vain presque. « Et toi, Lucy, comment tu vas depuis... Ton départ ? » Ton divorce. Pourtant, il ne l'avait pas dit. Il avait omis à la dernière minute. Ayant lui-même vécu un divorce, il savait que le sujet était difficile parfois insurmontable. Alors il tentait de jouer dans la finesse. Après tout, il voulait qu'il était toujours là comme avant, qu'elle pouvait se reposer sur lui, lui dire tout ce qu'elle avait sur le coeur. Comme avant.



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MessageSujet: Re: Face to face and heart to heart, we're close yet so far apart. (Lucky)   Ven 20 Mai 2016 - 23:57



Face to face and heart to heart
Luke & Lucy
Il y avait toujours eu quelque chose de particulier dans les étreintes de Luke. Comme si un bout d’éternité les saisissait, le temps d’un instant. Oh, ce qu’elle aurait aimé que cette éternité dure plus longtemps. Malgré tous ses efforts pour les enfouir, ses sentiments pour lui ne faisaient que croître à mesure qu’elle passait du temps avec lui. On compare souvent l’amour à la drogue et pour elle, c’était bien le cas. Luke était la drogue à laquelle elle était devenue accroc, avant de tenter désespérément de décrocher, replongeant malgré elle à chaque minute passée près de lui. La seule différence était que l’on pouvait guérir d’une drogue, mais pas de Luke. Une seule étreinte et elle replongeait déjà. Son parfum l’entourait et la consumait presque. Elle avait cette étrange sensation, ce silence, cette bulle qu’ils se créaient lorsqu’ils étaient ensemble, était-elle la seule à la ressentir ? Probablement. Elle pleurait, comme épuisée de retenir la moindre émotion. Il ne savait pas, il ignorait tout, mais ne lui posait aucune question. Il était simplement là pour elle, pour la serrer contre lui, la réconforter, et c’était tout ce qu’elle voulait, tout ce dont elle avait besoin. Il était le seul capable de l’apaiser sans même prononcer un mot. Il lui avait manqué, oui, terriblement manqué, elle s’en rendait compte à présent. Elle avait tant besoin de lui que c’en était effrayant, aujourd’hui. Elle savait pourtant que lui s’abandonnait dans les bras d’une autre, que cette autre comptait sans doute bien plus, ou bien différemment, et cette pensée lui pinçait le cœur, et l’écrasait. Elle voulait profiter de chaque seconde d’éternité que cette simple étreinte lui offrait, quitte à oublier qu’il n’était que son ami, que jamais cette barrière ne serait franchie. Après tout, s’ils étaient faits pour être ensemble, il y aurait eu quelque chose depuis bien longtemps, pas vrai ?

Lorsqu’il évoqua sa légère addiction pour le cappuccino, elle ne fit que rire un peu plus. Si lui n’avait jamais pu supporter, Lucy, elle, pouvait en boire toute la sainte journée, du matin au soir. Ce n’était sans doute pas très sain mais n’aimant pas spécialement le goût brut du café, le cappuccino était un bon compromis. « Ca fait longtemps que je n’en ai pas bu, d’ailleurs. » Encore un changement dans sa vie. Ce n’était pas qu’elle n’aimait plus, au contraire, mais même ce petit plaisir ne lui faisait plus grand-chose. Elle cessa alors de rire et s’engouffra un peu plus dans les bras de Luke, avant de finalement s’éloigner à son plus grand regret pour l’inviter à boire ce fameux bol de chocolat chaud. Lorsque son pouce effleura sa peau, elle sursauta légèrement, irrémédiable preuve de son traumatisme, mais s’apaisa bien vite quand il essuya une dernière larme échouée sur sa joue. Son cœur tambourinait si vite qu’elle dut se mordre la lèvre pour ne pas craquer et l’embrasser. Il avait ce pouvoir sur elle, cette force d’attraction qui la faisait vaciller. Alors elle lui prit la main, comme une enfant, comme autrefois, pour l’emmener à l’intérieur. Elle lâcha sa main une fois rentrés, pour ne pas avoir à lutter plus longtemps contre l’envie de la serrer plus fort, et s’éloigna pour chercher de quoi faire deux tasses de chocolat chaud, s’excusant déjà pour l’appartement minuscule dans lequel elle habitait.

« C'est parfait, t'en fais pas. Du moment que tu t'y sens bien, avec Niahm, c'est le principal, je pense non ? » Elle esquissa un sourire forcé, pas vraiment convaincue. Est-ce qu’elle se sentait bien, ici, avec Niahm ? Evidemment, la présence de sa meilleure amie arrangeait grandement la situation, et elle était heureuse de l’avoir à ses côtés, mais vivre dans ce petit appartement, avec si peu de moyens, dans une telle situation, ne lui faisait pas plaisir. Elle acquiesça néanmoins, complétant d’un petit hm hm peu convaincant. Elle enchaîna si vite qu’il n’eut pas le temps de commenter son air, détournant son attention sur Rosie. Elle ne l’avait pas beaucoup vue, cette petite, à vrai dire, et le regrettait. Elle semblait si adorable pourtant. Elle lui rappelait néanmoins où Luke en était dans sa vie, ce qu’il avait fait, ce qu’il avait accompli. Il était père aujourd’hui, et un bon père, en plus de ça. Il y avait comme un monde entre eux. Elle fut émue de l’entendre parler de sa fille, il avait l’air si heureux de l’avoir, et son sourire la faisait fondre. Elle lâcha un rire à l’évocation du livre qu’elle lui avait offert. « Je suis contente qu’elle aime ! Elle a bon goût, c’est un de mes livres pour enfants préférés. J’aimerais bien la revoir ! Tu as l’air de bien t’en sortir avec elle, en tout cas. Et si tu veux mon avis, tu fais un très bon père. Vraiment, un très bon père… » Elle esquissa un sourire, dos à lui, retenant quelques larmes de rouler sur ses joues.

Eileen. Elle avait comme gommé son existence depuis quelques minutes, et son souvenir réapparaissait douloureusement dans sa mémoire alors qu’elle en demandait des nouvelles. Comme si ça l’intéressait réellement. Elle faisait pourtant désormais partie de la vie de son meilleur ami, et, par conséquent, de la sienne aussi. Elle l’avait à peine aperçue et pourtant, ressentait une totale aversion pour elle. La jalousie, peut-être. Sans doute. Elle aurait tant voulu être à sa place, voir le sourire que Luke lui adressait se dessiner sur ses lèvres lorsqu’il était avec elle, elle voulait tenir son rôle, faire partie de cette famille, tenir la main de Luke et ne plus jamais la lâcher, se réveiller à ses côtés le matin et voir le soleil illuminer son visage en se reflétant sur les carreaux de la fenêtre. Cette femme, elle la haïssait d’avoir le droit à tout ça. Luke lui donna quelques nouvelles et Lucy se concentra sur la tasse de chocolat chaud qu’elle avait face à elle, touillant vainement le liquide à l’aide de sa cuillère. « Oh, tu lui passeras le bonjour de ma part aussi, dans ce cas. » Elle sourit, relevant à peine la tête sans réellement le regarder de peur que ses pensées se lisent un peu trop dans ses yeux. « On sera sans doute amenées à se voir à l’avenir, j’imagine… Je suis contente pour toi, Luke. Vraiment. » Oui, elle était heureuse pour lui, simplement terriblement triste pour elle. C’était égoïste et elle le savait, mais elle ne pouvait pas faire autrement. Elle l’aimait, et il lui brisait le cœur.

« Et toi, Lucy, comment tu vas depuis... Ton départ ? » Elle releva brusquement la tête pour l’observer. Que répondre à ça ? Elle eut un moment d’hésitation durant lequel elle replaça une mèche rebelle derrière son oreille, avant d’esquisser un nouveau sourire, un de ces faux qu’elle fabriquait à tout-va ces derniers temps. « Tout va bien je… Je me réhabitue doucement à la ville… » Elle baissa la tête et prit une première gorgée de son chocolat, détournant le regard de Luke comme pour éviter de l’affronter. « Ca n’a pas été si facile de quitter Chicago… Après ce qu’il s’est passé. » S’il penserait à la tromperie de son ex-mari, elle se souvenait surtout des coups et par un réflexe étrange, elle porta sa main à son ventre, qui, elle le savait, ne recueillerait jamais d’enfant. « Mais mes parents semblaient ravis ! » Elle lâcha un rire, presque amer, en revoyant ses parents l’accueillir à bras ouverts à son retour, lui souhaitant la bienvenue à la maison, comme si, malgré toutes ces années, ce fait n’avait jamais changé. Ils avaient sans doute raison, pensait-elle… « J’ai vu qu’ils avaient coupé l’arbre sur lequel on jouait avant… C’est triste, pour moi il faisait partie intégrante de la ville. » Certaines choses avaient changé ici, passant presque inaperçues aux yeux de la plupart des gens, mais pour elle, dont les souvenirs étaient encore si vifs et si regrettés, c’était comme des petites blessures en plus.
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Fée Clochette
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MessageSujet: Re: Face to face and heart to heart, we're close yet so far apart. (Lucky)   Jeu 2 Juin 2016 - 1:56


Face to face and heart to heart
We're so close yet so far apart

feat Lucky

Avait-il déjà réussi à oublier Lucy ? S'il disait oui, il se mentirait à lui-même. Lucy avait toujours fait partie intégrante de sa vie même lorsqu'elle était à des millions de kilomètres de lui. C'était comme ça. Il n'arrivait pas à passer outre. Il l'avait dans la peau cette petite. C'était bien sa veine. Certaines fois, il avait espéré ne plus ressentir ces sentiments qui commençaient à l’étouffer. Aimer une personne qui ne ressentait pas la même chose était sans doute la chose la plus dure au monde. L'amour est merveilleux, mais c'est une torture quand il n'était pas réciproque. Luke l'avait malheureusement compris bien que trop tard. Lucy l'avait pris dans ses filets sans le savoir. Elle l'avait ensorcelé pendant toutes ses années à coups de rires, de calins et de complicité. Certains disaient que l'amitié entre une fille et un garçon n'était pas possible. Il avait sans doute raison. Luke était voué à tomber amoureux de Lucy. Un des deux qui devaient tomber. Ce fut lui. C'est dans ce genre de moment qu'il a réellement compris le sens de tomber amoureux. Tomber, ça fait mal. Et voir Lucy heureuse avec un autre lui avait fait un sacré mal de chien. C'était un peu comme si on lui avait arraché son coeur pour le piétinait ensuite. En fait, son départ en Amérique, c'était presque un soulagement. Loin des yeux, loin du coeur non ? C'est en partie vraie. Mais qu'en partie. Grâce à ça, Luke, il a pu s'émanciper un peu de la brunette. Il a pu faire taire ces sentiments qui commençaient à l'empoisonner à petit feu. Un sentiment merveilleux qui s'insinuait dans chaque partie de son corps pour le détruire. Même la fille qu'il s'était dégotée pour effacer cette histoire impossible n'avait pas réussi à sa tâche. Olivia. C'était son nom. La fille qu'il avait trouvé après l'anniversaire de Lucy. Une blonde aux yeux bleus, grande. Un peu le contraire de Lucy. Son opposé pour tenter d'étouffer le feu qui le consumait. En vain bien évidemment. Est-ce qu'il brûlait encore ? Est-ce qu'il restait encore des braises de cet amour venimeux ? Toujours. Luke ne pourra jamais réellement se débarrasser de cet amour. Dans un sens, il ne veut pas. C'est ce qui l'a construit, il s'est construit avec cette douleur, il s'est construit sur cette idée d'impossibilité. En quelques sortes, ne plus ressentir de l'amour pour Lucy serait un peu se trahir lui-même non ? C'était étrange à se dire sans doute, mais c'était ce qu'il ressentait. Une horreur presque. Alors il vivait avec, il tentait de ne pas aller contre, mais de plutôt au contraire, de vivre avec pour avoir un certain équilibre. Autrefois, il avait mal à force de ne plus vouloir ressentir. A présent, il prenait les moments qui venaient, il les appréciait et passait à autre chose, sans pour autant oublier. Cela faisait encore mal mais c'était mieux. Pour lui. Alors ouais, cette étreinte tant redoutée presque mais tellement voulue avec la jeune femme lui fit du bien. C'était comme si l'espace d'un instant, ils étaient revenus à l'époque du lycée où tout allait encore bien. C'était tellement plaisant. Luke pouvait oublier l'espace d'un instant leur condition. Ils n'étaient plus une femme divorcée, et un père ayant une petite amie. Non, ils étaient simplement Lucy et Luke. C'était tout. Et cela faisait du bien. Se retrouver était une sensation tellement merveilleuse qu'il aurait voulu que cela dure pour toujours. Mais toutes les bonnes choses ont une fin n'est-ce pas ? C'est bien connu. Pourtant, pouvoir rester un peu avec la jeune femme était un peu un lot de consolation. C'était mieux que rien. Au moins, peut-être ne pourra-t-il l'aimer que de loin en étant son meilleur ami ? Comme avant. Ouais, comme avant. Cette période lui manquait terriblement. C'était indéniable. Ils ne pouvaient plus être insouciants et naïfs. Il y avait beaucoup trop d'enjeux à présent. Comme sa fille, Rosie, et Eileen. Oui. Elles se rappelaient à lui comme un boulet de canon. Surtout la deuxième. Lucy avait toujours eu ce don de le déconnecter de la réalité. Mais cette dernière s'obstinait toujours à lui revenir. Un vrai boomerang qu'il s'efforçait parfois à jeter le plus loin possible. En vain. Il posa alors son regard sur sa boisson chocolatée dont la fumée se plaisait à s'évaporer dans l'air. Comme un petit nuage de rêves. « Je suis contente qu’elle aime ! Elle a bon goût, c’est un de mes livres pour enfants préférés. J’aimerais bien la revoir ! Tu as l’air de bien t’en sortir avec elle, en tout cas. Et si tu veux mon avis, tu fais un très bon père. Vraiment, un très bon père… » Il ne put s'empêcher d'esquisser un sourire. Sa fille. C'était le soleil de sa vie à vrai dire. Même si la mère de la petite, Haley, avait disparu de la surface de la Terre, trop occupée à vivre son amour à l'autre bout du monde,Rosie semblait ne pas s'en préoccupée tant que cela. Alors ouais, peut-être qu'il faisait un bon père. Sans doute. En tout cas, les paroles de la brune réchauffèrent un peu son coeur. Venant de Lucy, un compliment était toujours source de bonheur. Il pensait s'en sortir lui. Il fallait bien à vrai dire. Luke finit par hausser les épaules tout de même. « C'est gentil. Mais tu sais, je fais simplement de mon mieux. Du moins, j'essaye. Au début, je pensais être plus à l'aise avec mes élèves qu'avec ma propre fille. Elle était si petite -elle l'est toujours d'ailleurs-. On aurait presque cru pouvoir la casser. C'était très étrange à vrai dire. » Il se remémorait avec plaisir les premiers moments de vie de sa fille. Il avait presque eu peur de la tenir dans ses bras. Pourtant, une fois qu'on l'y avait déposé, il était difficile pour lui de la lâcher. Sentir un petit bout de soi logé dans ses bras était un sentiment indescriptible. Un vrai sentiment paternel en somme. D'ailleurs, il ne vit pas le trouble de Lucy, bien trop occupée à répondre aux paroles de cette dernière. « Oh elle ne l'aime pas ce livre. Elle l'adore littéralement. Je me demande s'il va vivre encore longtemps tant elle aime le consulter ou qu'on le lui lise. On a d'ailleurs essayé de lui lire une autre histoire mais rien a faire. Elle ne veut que cette histoire. On commence à en faire une overdose de ce lapin blanc. » Il rit alors un instant. Puis, il porta la main à sa veste où se logeait alors son porte-feuille. Délicatement, il sortit une photo qu'il tendit à Lucy. Il est vrai que cette dernière n'avait pas eu réellement l'occasion de voir Rosie, vivant à l'autre bout du monde. Malgré les quelques vidéos ou séances de vidéocams, il devait bien être difficile à la jeune femme de se représenter la petite. Surtout que cette dernière grandissait à un rythme fou. Luke en était presque parfois à dire en plaisantant si cela s'arrêterait un jour. Il gardait son regard sur la jeune femme qui regardait la photo. Puis, il y eu un mouvement de conversation. Comme toujours. Cette fichue réalité. « Oh, tu lui passeras le bonjour de ma part aussi, dans ce cas. On sera sans doute amenées à se voir à l’avenir, j’imagine… Je suis contente pour toi, Luke. Vraiment. » Eileen. Pourtant, il l'aimait Eileen. Il en était sûr. Mais en étant avec Lucy, elle s'effaçait presque. Il ne devrait pas pourtant mais c'était plus fort que lui. Plus fort que son coeur à vrai dire. Eileen était une femme extraordinaire qui l'aimait tendrement. Il n'avait pas le droit de penser à une autre femme qu'elle. Il devait se contenter de cet amour. C'était ce qu'il faisait. Il essayait du moins. Alors il ne répondit pas réellement à sa phrase. Elle était contente pour lui. Ouais. Il l'était aussi pour lui. Il avait réussi à trouver une femme qui l'aimait. Et lui la trahissait. Après tout quelle femme aurait rêvé d'un homme qui ne pouvait s'empêcher de penser à une autre hein ? Il baissa à son tour alors son regard vers sa propre tasse, touillant un instant son chocolat encore fumant. « Je n'y manquerais pas alors. Elle sera contente. Et puis, évidemment que l'on serait amenés à se voir. Eileen ne me pardonnera sans doute pas si je ne vous présentais pas. Je parle si souvent de toi à la maison. Elle doit en avoir marre de ne pas pouvoir mettre des bouts de récits sur un visage réel. Tu verras, elle est géniale. » Elle l'était. Et il était sûre que la jeune femme s'entendrait à merveille avec Lucy. « Et puis comme ça tu pourras voir Rosie. Par contre, je crois que tu n'échapperas pas à la présentation de tous ses doudous. » finit-il par dire en esquissant un sourire. Sa fille pouvait réellement être adorable avec ses manières. Il n'y avait pas plus sociable qu'elle. Elle tenait sans doute ça de Luke. Il se revoyait encore dans la cour de l'école allant voir une certaine petite fille aux longues nattes brunes. Pourtant, il se sentait presque coupable d'étaler son bonheur devant Lucy. La jeune femme venait d'essuyer un divorce et il se sentait presque mal d'étaler tout ça devant elle. Il ne se rappelait que trop bien de sa période post-divorce. Elle n'était pas du tout belle à voir. Après tout, n'était-ce pas à cause de cela qu'il n'était pas allé au mariage de sa meilleure amie ? Entre autre, oui. Alors il se mordit la lèvre presque quand elle lui répondit. « Tout va bien je… Je me réhabitue doucement à la ville… Ça n’a pas été si facile de quitter Chicago… Après ce qu’il s’est passé. Mais mes parents semblaient ravis ! » Son regard se plantait sur sa propre tasse. Les yeux de Luke, eux, se focalisèrent sur Lucy. Il voyait bien que cela lui faisait du mal de parler de tout ça. Son rire semblait presque amer. Et cela se voyait sur son visage, il n'avait même pas besoin de rencontrer son regard pour ça. Il la connaissait. Doucement, il posa alors sa main sur celle de la jeune femme qui tenait l'anse de son récipient chocolaté. « J'imagine. Si tu as besoin de quoi que ce soit, en tout cas, tu peux compter sur moi. Je sais que ce genre de période n'est jamais facile. Alors n'hésite pas. Comme quand on était petits hein ? » Un sourire se dessina sur ses lèvres. Comme quand ils étaient petits. Luke ne se souvenait que trop bien de ces moments passés ensemble où chacun se racontait ses angoisses et ses peurs. Luke parlait souvent de ses rêves truffés de bizarreries et de nuages. Lucy l'avait toujours écouté et épaulé à ce moment-là. Il était peut être temps que Luke lui rende la pareille. Evidemment. « J’ai vu qu’ils avaient coupé l’arbre sur lequel on jouait avant… C’est triste, pour moi il faisait partie intégrante de la ville. » Luke réfléchit alors un instant. C'était vrai. Il n'avait pas réellement fait le rapprochement mais c'était vrai, elle avait raison. Encore une chose qui disparaissait qui les concernait. Bientôt ils pourraient construire le cimetière de Lucy et Luke en y incluant l'arbre et tous les moments qu'ils avaient partagés à présent bien trop loin. « Tu veux parler de l'arbre où je me suis cassé le bras après avoir voulu faire le singe non ? » Un assez vieux souvenir qui fut autrefois douloureux à cause de ce fichu plâtre qu'il avait du gardé plusieurs semaines, mais qui semblait à présent trop loin pour qu'il ne lui évoque à présent qu'une certaine hilarité. Il avait été bien ridicule ce jour-là. Lucy s'en était même moquée. C'était de sa faute après tout, il avait voulu faire le fou et il l'avait payé. C'était tout. « Ils ont du le couper il y a un an ou deux ans je crois. Le maire voulait construire un nouveau parc pour les enfants. Projet qui n'a d'ailleurs pas abouti quand j'y pense. » réfléchit-il alors un instant. « Il y a beaucoup de choses qui ont changé quand on y regarde bien. Mais dans le fond, les souvenirs restent. C'est le plus important n'est-ce pas ? Après tout, tout le monde part un jour. » Réalité pure et brute.



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MessageSujet: Re: Face to face and heart to heart, we're close yet so far apart. (Lucky)   Lun 13 Juin 2016 - 12:54



Face to face and heart to heart
Luke & Lucy
Elle n’aurait jamais dû quitter Dublin. Cette pensée s’était lentement immiscée dans son esprit depuis quelques années, depuis que les choses avaient commencé à mal tourner à Chicago. Non, à vrai dire, depuis le jour-même où elle avait posé un pied dans l’avion. Elle aurait dû rester, craquer dans les bras de Luke plutôt que d’écouter sa fierté et ne pas se retourner. Chaque fois qu’elle était rentrée à Dublin, chaque fois qu’elle l’avait au téléphone, et aujourd’hui, alors qu’elle le voyait face à elle, qu’elle pleurait dans ses bras, qu’elle lui prenait la main, cette pensée ne quittait pas son esprit. Si seulement elle n’était pas partie. Si seulement, que ce serait-il passé alors ? Elle regardait sa vie et la comparait à celle de Luke, ils avaient comme vécu en parallèle. Luke était père, aujourd’hui, il avait réussi sa vie et s’était même reconstruit après sa séparation. Elle n’avait rien de tout ça. Si elle était heureuse pour son ami, elle se sentait terriblement inférieure. Elle, n’avait plus rien, aujourd’hui. Elle ne savait même plus quoi faire de sa vie à présent, perdue au milieu des décombres, dans une ville qu’elle ne reconnaissait qu’un peu, des souvenirs passés pleins la tête et des débris d’illusions brisées depuis longtemps déjà. Elle avait gaspillé tant de temps, tant de moments, pour se retrouver au point de départ, plus perdue que jamais.

Luke parlait de sa fille et elle avait envie de pleurer. Il était un père, un père heureux, un père fier, un bon père. Il lui racontait la peur qu’il avait ressenti de briser sa petite en la tenant dans les bras, et elle retenait ses larmes en pensant qu’elle n’aurait jamais la chance de connaître un moment comme celui-ci, quelque chose d’aussi précieux que ça. Elle esquissa un sourire ému en tachant de le rassurer un peu plus sur sa façon de gérer l’éducation de sa fille. « Ton mieux, c’est déjà beaucoup. Je pense que c’est normal d’avoir peur, après tout, c’était tout nouveau. Mais tu t’en tires à merveille. » Elle accentua son sourire, sincère, alors qu’il lui racontait que Rosie adorait le livre qu’elle lui avait offert. Elle éclata de rire alors qu’il lui disait qu’elle ne le lâchait pas, rire qui fondit bien vite à la mention du ‘on’ qui le représentait avec sa nouvelle compagne. Elle tacha malgré tout de sauver les apparences d’un sourire, s’intéressant à la photo de Rosie qu’il lui montrait. Elle lui ressemblait. C’était flagrant, en tout cas pour elle, qui avait toujours connu Luke. « Ah, une petite fille et son livre préféré, impossible de le lui arracher, et je sais de quoi je parle ! Elle est adorable en tout cas… Elle tient beaucoup de toi, je trouve. Elle a tes fossettes ! » Elle sourit, concentrée sur la photo. Les fossettes de Luke, elle les avait toujours adorées. Chaque fois qu’il souriait, elle avait envie de passer délicatement ses doigts dans le pli que formaient ses joues. Il y avait tant de choses qu’elle aimait chez lui.

Elle mit le sujet d’Eileen sur le tapis et le regretta presque aussitôt. A croire qu’elle aimait se faire mal à parler de la petite-amie de Luke. Il semblait l’aimer, et elle accusait le coup, la tête vissée sur sa tasse de chocolat. Si elle avait pu se noyer à l’intérieur, elle l’aurait sans doute fait. Il lui raconta qu’il parlait souvent d’elle avec Eileen, mais elle en vint à se demander en quels termes, et de quelle façon ? Etait-elle la pauvre meilleure amie tout juste divorcée d’un mari qui l’avait trompée, ou était-ce autre chose. Elle esquissa un sourire comme pour lui montrer qu’elle allait bien, le lui faire croire en tout cas, lorsqu’il affirma que sa petite-amie était géniale. Il était amoureux d’elle, c’était certain, et probablement bien heureux d’avoir trouvé la bonne personne. Elle se surprit à se demander s’il comptait l’épouser avant d’abandonner là sa pensée pour ne pas s’infliger trop de peine. Son premier mariage avait déjà été si douloureux, un deuxième ne ferait qu’appuyer un peu plus sur son éternelle blessure. Elle éclata de rire à l’évocation de Rosie et de ses doudous, elle avait l’air si adorable, cette petite fille. « Je serais ravie de rencontrer Eileen, à l’occasion, alors ! Elle n’en a pas marre de t’entendre parler de moi ? Qu’est-ce que tu lui racontes, d’ailleurs ? Toutes les bêtises qu’on a pu faire ? » Elle lâcha un petit rire, prenant une gorgée de son chocolat chaud avant de reprendre. « Et je meurs d’envie de faire la connaissance de tous les doudous de ta fille ! » Un nouveau rire qui laissait transparaître sa fatigue, son état actuel. Et il lui posa une des questions qu’elle redoutait tant et qu’elle avait tenté d’éviter en tenant la conversation. Elle ne fut apparemment pas assez rapide à reprendre la parole pour cette fois. Elle resta vague en lui répondant, entre l’honnêteté et les secrets, alors qu’elle baissait un peu plus la tête sur sa tasse, triturant l’anse sans raison.

Lorsqu’il posa sa main sur la sienne, elle eut un sursaut avant de relever la tête pour le regarder. Il lui proposait son aide comme quand ils étaient petits. Elle aurait tant rêvé de revenir à cette période d’insouciance qu’ils avaient connue, à ce temps où ils étaient inséparables. Un sourire fendit ses lèvres, touchée par les mots de son ami, et elle hocha la tête. « Comme quand on était petits. » Ca sonnait comme une promesse tout juste prononcée. Son sourire s’accentua un peu et elle baissa la tête une nouvelle fois. « Merci, Luke. » Elle était rassurée de voir qu’après tout ce temps, et malgré tout ce qui était arrivé, il était toujours là. Son meilleur ami. Au final, c’était bien ça le plus important. Il était son meilleur ami, son camarade de toujours, et elle se souvint alors pourquoi elle avait gardé ses sentiments secrets : le perdre pour ça aurait marqué sa fin. Elle se rappela tristement de l’arbre sur lequel ils avaient l’habitude de jouer plus jeunes, qu’elle n’avait pas retrouvé à son retour. Lorsque Luke évoqua le moment où il s’était cassé le bras, elle ne put s’empêcher d’éclater de rire. Si ce jour-là elle avait paniqué, toute la situation était aujourd’hui une anecdote amusante à laquelle repenser. « Celui-là même ! » Son rire continua de percer le silence en y repensant. Ils avaient tant de souvenirs ici, tant de bons moments partagés. Les savoir révolus lui pinçait le cœur, et cet arbre était le symbole-même de ce temps passé. Il lui raconta les raisons du maire de vouloir faire couper l’arbre, et elle soupira. Elle n’eut pas le temps de répliquer qu’il enchaîna, effaçant le sourire de Lucy en quelques mots. Tout le monde part un jour. Elle avait été la première à le faire. Cette évidence la frappait de plein fouet et, d’un seul coup, alors que la conversation devenait plus légère et ponctuée de rire, les larmes l’assaillirent à nouveau. Sans qu’elle ne puisse rien y faire, elle fondit en larmes devant lui, se cachant honteusement derrière ses mains, et au milieu des sanglots, elle parvint à glisser quelques mots. « Je n’aurais jamais dû partir, Luke… Jamais… »

Elle ne pouvait plus bouger, tremblant sous les pleurs, se sentant misérablement ridicule de fondre en larmes de cette manière. Elle était fatiguée, constamment stressée, angoissée, par tout ce qu’elle avait vécu ces dernières années. « Excuse-moi, je… » Elle ne savait pas comment l’expliquer, pourquoi elle pleurait de la sorte, incapable de faire quoi que ce fût d’autre. Elle était seulement capable de se tenir là, assise face à lui, les larmes ruisselant le long de son visage sans pouvoir les arrêter. « Est-ce que… Est-ce qu’il y a quelque chose que tu regrettes ? Un moment où… quand tu y repenses aujourd’hui… Tu te dis que tu avais tort… Que tu aurais dû faire autrement ? » Elle ne le regardait plus. Elle ne pouvait plus. Elle avait eu tant de ces moments, tant de ces occasions manquées. Elle avait mérité tout ça, sans doute, pour avoir fait de si mauvais choix. « Luke, j’aurais dû rester ici… avec toi… » Un seul moment, quelques secondes à peine, et toute une vie s’en retrouve basculer. Et si Luke l’avait retenue, à l’aéroport, neuf ans auparavant ? Et si elle avait changé d’avis, qu’elle avait demi-tour dans le hall des départs ? Et s’il était venu avec elle ? Et si elle était rentrée après ses premiers échecs, si elle ne s’était pas mariée, et si, et si…
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Fée Clochette
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MessageSujet: Re: Face to face and heart to heart, we're close yet so far apart. (Lucky)   Sam 25 Juin 2016 - 15:46


Face to face and heart to heart
We're so close yet so far apart

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Oublier quelqu'un avec une autre n'était-il pas se mentir à soi-même ? Pire encore, n'était-ce pas une façon de s'oublier soi-même ? Beaucoup disent qu'aimer une personne est ce qui nous défini le mieux. Mais quand on est résolu à l'oublier, ne se perdons pas nous-même ? Sans doute. Luke s'était toujours posé la question. De toute façon, quoi qu'il fasse, le résultat était le même. Il n'aurait jamais avoué pour un sou à Lucy ses sentiments. Clairement du moins. Après tout, il avait déjà eu le goût amer d'un rejet. Il ne voulait pas encore s'infliger cette douleur lancinante. Ce fameux baiser de dix-huit ans oui. Elle l'avait repoussé, ou du moins, l'expression de son visage avait déjà tout dit. Il était resté seul sur la piste, le gout encore fruité de ses lèvres sur les siennes et cette incroyable sensation de gêne. Gêner de la voir partir comme elle l'avait fait. Gêner de la voir ne plus jamais en reparler. Gêner d'avoir pu mettre autant d'espoir et de rêves dans une relation vaine. Gêner d'avoir été aussi stupide en fait. Dans un sens, ce qui l'avait le plus gêner, c'était de ne pas pouvoir en reparler. De mettre les choses à plat clairement sur la table. Il aurait eu besoin de tout déballer, de dire comment il avait su tomber amoureux de la petite fille solitaire, de celle qui avait écouté le son de son violon pour la première fois sans rire, de celle qui le comprenait avant même que lui même ne le fasse, de celle qui l'avait toujours écouté même si ses rêves étaient on-ne-peut-plus étranges, il fallait bien l'avouer. Oui, il avait toujours ressenti ce besoin de mettre des mots sur ce qu'il ressentait même si cela semblait difficile. Mais il ne l'avait jamais fait. Sans doute par peur, gêne. Ouais détruire une amitié pour si "peu". Alors, il avait tenté d'oublier. Cela avait commencé par cette fille, la blonde aux yeux bleus. A croire qu'il voulait rien qui ne lui rappelle Lucy. Elle s'appelait Juliet, si ses souvenirs étaient bons. Il l'avait emmenée au bal de fin d'année, le sourire aux lèvres. Il avait dansé avec elle, en essayant de se concentrer sur ce qu'elle disait. Cela avait été parfois dur. Après tout, à quelques mètres de là, Lucy dansait avec son partenaire. Un certain Fred, Greg, ou peut être bien Mark. Il ne savait plus. C'était de toute façon un abruti de première classe. Il fallait bien voir comment il dansait. Un vrai bout en train. Mais, il avait persisté Luke. Se taire était la meilleure des solutions à vrai dire. Alors, il avait commencé à réellement s'intéresser à Juliet. Vraiment. Il avait enfui une partie de lui-même, celle qui aimait tendrement la brune, pour s'en découvrir une autre à vrai dire. Oui, on peut dire qu'il avait aimé Juliet, et toutes les autres qui ont suivi comme Hayley ou encore Eileen. D'un amour sincère. Mais... Jamais il ne pouvait les aimer comme il avait toujours aimé Lucy. Ce n'était pas possible. On dit toujours que les hommes n'on qu'un seul et même grand amour. Ce grand amour pour Luke, c'était Lucy. Aussi horrible que cela puisse paraître à vrai dire. Un amour à sens unique n'était jamais agréable. Voir l'être aimé dans les bras d'un autre était une sensation désagréable. Elle avait rendu fou plus d'un homme. C'était connu. Il fallait juste savoir avancer avec tout ça. C'était dur, parfois, on tombait. Luke n'avait plus compter les soirs où il était au plus bas avec tout ça. Et puis, on se remettait en selle Et puis, Lucy était partie. Loin. Ca aidait pas mal à vrai dire. Mais c'est sans doute pour ça qu'il était en constante recherche, quand il était seul. Il avait besoin de sentir que quelqu'un l'aimait et d'aimer en retour. Il avait besoin de sentir un amour à double-sens qui pansait, certes assez vainement fallait bien l'avouer, ses blessures. C'était sans doute ça oui. Et puis, Eileen, par exemple, était une fille formidable non ? Elle était drôle, intelligente, aimante et belle. Elle s'occupait aussi de Rosie malgré le fait qu'elle n'était pas sa fille. Oui, elle était parfaite Eileen. Mais elle n'était pas Lucy. Luke tenta d'éloigner toutes ses pensées le temps d'un instant. Au moins, il se concentra de nouveau sur la jeune fille devant lui, un sourire toujours sur les lèvres. « Ton mieux, c’est déjà beaucoup. Je pense que c’est normal d’avoir peur, après tout, c’était tout nouveau. Mais tu t’en tires à merveille. » A ces paroles-ci, son sourire s'agrandit. Il n'eut pas réellement besoin d'en dire plus. Il savait très bien que Lucy lirait dans le silence. Elle saurait qu'il la remerciait de ces paroles, qu'elle avait juste dit ce qu'il avait envie d'entendre. Cela le rassurait et au moins, il avait apparemment pas l'air de s'y prendre comme un manche. C'était bon signe. Vraiment. Et puis, de toute façon, Lucy enchaîna. « Ah, une petite fille et son livre préféré, impossible de le lui arracher, et je sais de quoi je parle ! Elle est adorable en tout cas… Elle tient beaucoup de toi, je trouve. Elle a tes fossettes ! » Luke regarda un instant la photo avant de répondre. « Tu trouves ? » Il était difficile pour un parent de se rendre compte à vrai dire. « J'ai toujours cru qu'elle tenait plus de sa mère. » Ouais. Hayley. Prénom qu'il n'avait pas prononcé depuis un bail. Même lors des rares fois où cette dernière prend des nouvelles de sa fille, c'est à dire tous les trente six du mois, il évitait. Cette femme, il la détestait dans un sens. Il la détestait de devoir un jour expliquer à leur fille pourquoi sa mère avait été trop égoïste en l'abandonnant elle, son propre sang et sa propre chair, pour aller batifoler à droite et à gauche au bout du monde. « Et oui, ne t'inquiètes pas. Je le sais. Tu as même failli une fois, ou tu l'as fait je ne sais plus, me taper avec un livre quand j'ai lu te le faire lâcher pour aller jouer. C'est sacré aha. » Oui il s'en rappelait de ça. Lucy pouvait avoir un petit caractère quand elle le voulait vraiment. D'ailleurs cette dernière enchaîna sur Eileen. La jolie Eileen. Il l'écouta un instant, silencieux. Elle semblait réellement ravie pour lui. Evidemment. Elle n'allait décemment pas dire qu'Eileen n'était celle qu'il lui fallait, qu'elle aurait du être à sa place ou il ne savait quoi d'autres. Oui, elle était heureuse. Il l'était aussi. C'est vrai. Il devait bien se l'avouer. Il était heureux avec Eileen, Rosie... Il avait la vie dont beaucoup rêverait. Rangée, simple, et remplie d'amour. Que demander de mieux hein ? « Je serais ravie de rencontrer Eileen, à l’occasion, alors ! Elle n’en a pas marre de t’entendre parler de moi ? Qu’est-ce que tu lui racontes, d’ailleurs ? Toutes les bêtises qu’on a pu faire ? » Luke rit. A vrai dire, c'est vrai qu'il en avait parlé de Lucy à Eileen. Beaucoup. Déjà durant leur séance de Skype entre deux bouts du monde avec Lucy. Elle lui avait demandé comment l'avait-il connu, pourquoi était-elle partie. Des questions que tout le monde se serait posé à vrai dire. Peut-être gardait-elle en elle d'autres questions plus.. Personnelles ? Sans doute oui. Mais elle n'en avait rien fait. Ou peut être un jour oui. C'était vers Noël, Luke venait tout juste de converser un peu avec sa meilleure amie devenu américaine au sujet des cadeaux et autres bagatelles. Et puis une fois que le signe de la déconnexion clignota, Eileen lui lança une phrase comme ça, en riant. Elle blaguait surement. Vous êtes bien les seuls meilleurs amis du monde à n'avoir jamais flancher. Comme quoi l'amitié garçon-fille existe réellement. Luke en avait rit aussi. D'un rire presque jaune à vrai dire. Si elle savait franchement... Elle n'en aurait pas autant ri. Oh ça non. « Je crois qu'elle doit avoir en tête un portrait de toi en petite fille aux nattes avec plein de confiture sur la bouche. Ou encore peut-être la fois, quand on avait douze ans, où on avait voulu laver Milka et que cela a fini en inondation de la salle de bain. » Il en avait raconté des anecdotes à sa petite amie. C'est vrai. Il se souvenait parfaitement de la tête surprise et amusée d'Eileen en découvrant ce qu'ils avaient osé faire à ce pauvre Milka, chien de la famille Hopkins. « Elle doit être saoulée je crois à force de toutes ces anecdotes. Je la soupçonne de ne plus m'écouter au bout d'un moment d'ailleurs parfois. » Il plaisantait même si de rares fois, il avait cette impression-là. « Et je meurs d’envie de faire la connaissance de tous les doudous de ta fille ! » Terrain miné. A vrai dire, Rosie devait avoir au moins une cinquantaine de peluches. Luke, lui-même, en était horrifié. Une fois, sa soeur, Jilian, avait même fait la blague de cacher la petite dans son lit avec toutes ses peluches, Luke n'avait même pas apperçu sa fille dans la mêlée. Oui, on pouvait dire que Rosie en avait pas mal de doudous. Même si un seul et même était toujours dans sa main quoi qu'il advienne. « Tu prends des risques, Lulu là. D'ailleurs, tu te rappelles du petit lapin rose pâle que tu lui avais envoyé peu après sa naissance ? Elle ne l'a toujours pas quitté. Monsieur Pimpim a depuis eu l'oreille bien amoché. » Rosie avait tout de suite adopté la peluche quand Luke lui a présenté dans son berceau. Elle a entouré ses petits doigts autour d'une des deux oreilles du lapin, et Monsieur Pimpim ne l'avait jamais abandonné. Tous les enfants ont une peluche attitré. Rosie avait élu celle de Lucy. C'était aussi simple que cela. D'ailleurs depuis un an et demi, cette dernière n'avait vu que très rarement la petite fille lors des séances de conversation vidéo entre les deux meilleurs amis. Et du peu qu'il s'en souvienne, Rosie avait toujours eu avec elle la fameuse peluche. Lucy en riait parfois. Et puis, il avait senti le désarroi et la tristesse dans le regard de la jeune femme. Il avait posé la main sur la sienne, faisant oralement une promesse. « Comme quand on était petits. » lui répondit-elle alors. « Merci, Luke. » Il ne répondit pas. La légère pression qu'il fit sur sa main le fit à sa place. Après tout, certaines fois les mots étaient de trop. Le silence était plus éloquent. Alors il préféra se taire et laissa couler quelques secondes voire minutes. Les souvenirs d'enfance s'accumulaient presque dans sa tête. Il les revoyait, enfants, assis sous la tente faite de ses draps de lit dans sa chambre à se compter leurs rêves, il se les remémoraient encore assis dans l'herbe à rire ou encore dans la chambre de Lucy à tenter d'échapper aux mains du petit frère et de la petite soeur de cette dernière. Oui, rien qu'avec une simple pression pouvait faire revenir tous les souvenirs. C'était une promesse qu'il lui avait faite. Mais pas seulement. Il se la faisait aussi à lui-même. Retrouver cette relation qu'ils avaient failli perdre, retrouver cette complicité et cette fusion qui les avait toujours défini. Parce que Lucy sans Luke, ce n'était pas Lucy. Et Luke sans Lucy, n'était plus Luke. C'était ainsi. Même si aucun des deux n'avait voulu l'avouer, ils s'étaient construits ensemble, main dans la main. La voir partir avait été pour lui, comme perdre un morceau de lui-même. Douloureux et irremplaçable. Mais il la retrouvait. C'était plaisant. Très plaisant. « Celui-là même ! » rit  alors Lucy. « Te moque pas. Ce n'est pas de ma faute si mon pied avait glissé ce jour-là. D'ailleurs, je crois que je n'avais jamais vu autant ma mère en colère ce jour-là. La pauvre. On lui en a fait voir de toutes les couleurs. » se remémora-t-il. Ils avaient été des sacrés tous les deux. Oh que oui. Luke emmenait toujours Lucy, depuis le jour où il l'avait vu toute seule avec ses nattes et son livre dans la cour de récréation. La voir rire ainsi lui fit du bien. Elle était heureuse. Mais cela ne dura pas. Oh non. Quel idiot. Il ne savait même pas pourquoi il avait dit ça. C'était juste.. Sorti comme ça. Si l'on peut dire ça ainsi. « Je n’aurais jamais dû partir, Luke… Jamais… » commença-t-elle alors les yeux larmoyant. Les larmes se transformèrent en rivière coulant doucement sur les joues douces de Lucy. Elle fondait littéralement en larmes. Lui en voulait-elle ? Croyait-elle par cette simple phrase qu'il lui en voulait toujours d'être partie ? Parce que si, c'était le cas, elle avait tord. Il ne lui en voulait pas à elle. Oh que non. Il s'en voulait à lui-même. Vraiment. « Lucy, écoute, ne crois pas que... » Mais elle ne l'écoutait même pas. Ses épaules frêles tremblaient presque sous ses pleurs. Il n'avait jamais aimé la voir pleurer. Oh non. Cela lui trouait le coeur. Littéralement. Luke prit alors sa main dans les siennes complètement. Il la serra. Mais cela ne suffit pas. C'était rien. Alors il préféra abandonner sa chaise en face de la jeune femme pour s'asseoir celle à sa gauche sans lâcher sa main. « Lucy... » commença-t-il doucement. Mais elle le coupa presque net. Elle releva enfin ses yeux vers les siens; juste un simple instant pourtant. « Excuse-moi, je… » Il n'avait pas à l'excuser. Elle n'avait pas à s'excuser en fait. Tout le monde craque un jour. Lucy devait le faire aujourd'hui. Ces derniers mois avaient été dur pour elle, une période jamais facile. Luke était bien trop connaisseur de ce genre de moment. Il n'avait pas le droit d'en plus lui sortir une phrase comme il venait de le faire. Oh ça non. C'était comme enfoncé un peu plus un couteau déjà planté dans son coeur. « Est-ce que… Est-ce qu’il y a quelque chose que tu regrettes ? Un moment où… quand tu y repenses aujourd’hui… Tu te dis que tu avais tort… Que tu aurais dû faire autrement ? » Elle ne lui laissa pas le temps de répondre, ne supportant pas son regard. Fuyant même son regard. « Luke, j’aurais dû rester ici… avec toi… » Si elle savait.. Si elle savait. Il regrettait de n'avoir pas reparler de leur baiser, il regrettait de l'avoir laissée partir sans un mot, il regrettait de ne pas être allée la rejoindre en Amérique, il regrettait de s'être marié, d'avoir eu Rosie -même s'il adorait littéralement sa fille hein- avec Hayley, il regrettait de pas avoir au moins tenté quelque chose quand il était encore temps, quand leur amitié aurait pu plus facilement se remettre d'un refus. Oui, il regrettait tout ça. C'était indéniable. Mais il était trop tard à présent. C'était ça qui faisait le plus mal en fait. Savoir qu'il avait eu la possibilité mais qu'il n'avait pas bouger. Un crève-coeur. Ses yeux se posèrent une seconde sur la table de la cuisine de Lucy et Niahm. Avant de se relever vers la brune. « Tous les jours. Et, ça fait un mal de chien. » Luke sentait qu'elle voulait une réponse honnête de sa part. Il en avait trop sur le coeur depuis bien trop longtemps. Alors oui, il allait être honnête. Pour une fois. Mais cela sera sans doute la dernière oui. « Mais c'est comme ça. On a tous des regrets qu'on doit porter comme un boulet. Le tout, c'est de ne pas se laisser bouffer par ça et avancer. Faut juste que tu laisses aller, Lucy. Regretter des choses est humain, un peu trop d'ailleurs. Mais ça ira mieux Lucy. Tu vas rebondir, tout va aller mieux. Arrête d'y penser... Et ne dis pas ça. Tu as fait de belles choses en partant, regarde tout ce que tu me racontais avec ton travail, ton rêve... » Il croyait qu'elle parlait de son mariage raté, de ce Noah qui a été assez idiot de la tromper avec une autre. Oui, il croyait tout ça. Il n'avait pas osé s'imaginer qu'elle puisse penser à eux d'eux en disant ça. Cela aurait été presque surréaliste pour lui. Il allait ajouter quelque chose seulement son portable sonna. Surement Eileen. Il l'ignora, ce n'était pas le moment. A croire que tout l'univers était contre eux. Damn it.



it's hard to wait around for something you know might never happen ; but it's even harder to give up when you know it's everything you want.


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Capitaine Crochet
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MessageSujet: Re: Face to face and heart to heart, we're close yet so far apart. (Lucky)   Jeu 7 Juil 2016 - 21:59



Face to face and heart to heart
Luke & Lucy
Elle regrettait tant de choses dans sa vie. Elle avait été heureuse, à Chicago, à un instant T, quelques années à peine, un an, deux ans peut-être, mais à y bien regarder, ses meilleurs moments restaient toujours ceux passés avec Luke. Il n’y avait rien à faire, il avait pris toute la place dans son cœur. Les années, et la distance, n’avaient fait qu’accentuer ses sentiments. Loin des yeux, loin du cœur, c’était pourtant ce que l’on disait, mais pour elle, c’était l’opposé. Il lui avait manqué chaque jour, chaque seconde depuis son départ, et elle avait eu beau insisté, il n’était jamais venu la rejoindre. Ils n’étaient sans doute pas faits pour être ensemble, après tout. C’est drôle, en y pensant, sa mère lui avait toujours dit que Luke et elle formeraient un beau couple. Elle avait totalement tort. Elle ne serait jamais que la meilleure amie, celle à qui il racontait ses malheurs, mais jamais celle avec qui il les partagerait. Et elle lui avait tant menti sur les siens, elle. Elle savait qu’un jour viendrait où il découvrirait toute la vérité, et elle était terrorisée d’imaginer sa réaction. Le perdrait-elle, alors ? Ca avait déjà failli arriver, ses mensonges et ses cachoteries les éloignant sans qu’elle ne le veuille. Elle refusait de le perdre, mais peut-être que c’était encore la meilleure solution ? Il avait certainement la vie dont il avait rêvé, une fille, une petite-amie, qu’elle soupçonnait d’obtenir le titre de fiancée d’ici peu, un travail qui l’enchantait, et qu’avait-elle, Lucy ? Que lui apportait-elle, qui était-elle ? Un boulet, rien que des souvenirs d’enfance qui les hantaient tous les deux, et pour elle, la sensation d’avoir raté sa vie en montant dans cet avion plutôt que de lui avouer qu’elle l’aimait. Oh, elle l’aimait, Luke, elle l’aimait assez pour s’être toujours éclipsée, pour ne jamais avoir fait la moindre crise de jalousie devant lui, alors qu’il traînait sa bimbo partout avec lui, à la fin du lycée, juste après leur anniversaire. Elle l’aimait assez pour avoir accepté l’invitation d’un autre au bal, un type quelconque qu’elle n’appréciait qu’à peine, simplement pour qu’il n’ait pas d’excuse pour ne pas inviter la blonde -était-ce Juliet ?. Oui, elle l’aimait de tout son cœur depuis plus de neuf ans, un amour qui la détruisait simplement, mais contre lequel elle ne pouvait rien faire. Y avait-il un remède à l’amour ? Une guérison miracle, une pilule pour oublier ? Elle se serait jeté dessus, sans doute. Il était son meilleur ami, le meilleur, le seul, avec Niahm, à avoir tenu si longtemps.

Luke avait une fille adorable. Elle l’adorait. Elle ne la voyait qu’en vidéos jusqu’à présent, ou à de rares, très rares occasions, et pour palier à son absence, elle tâchait de la gâter de cadeaux. Elle se souvenait du jour où Luke lui avait annoncé qu’Hayley était enceinte, au téléphone. Elle avait pleuré, mais avait fait passer ses larmes par de la joie. Elle était heureuse pour lui, c’est vrai, mais quelque part, le savoir père les séparait encore un peu plus, et elle avait eu bien du mal à se faire à l’idée. Le soir, elle avait passé la soirée à pleurer. Puis elle avait vu la petite Rosie, un prénom adorable pour une jolie petite fille qui, selon elle, ressemblait beaucoup à son père. Lui trouvait qu’elle ressemblait plus à sa mère, elle n’était pas vraiment d’accord. Ou peut-être préférait-elle voir ce qu’elle aimait, plutôt que ce qu’elle détestait. Elle haussa les épaules, et laissa passer un petit silence. « Tu as des nouvelles, parfois ? » Hayley, cette mère indigne qui avait abandonné mari et enfant pour partir avec un autre. Elle la détestait. Au départ, elle était simplement jalouse, sans doute, mais après ce qu’elle avait fait, mieux valait qu’elle ne revienne plus dans les parages.
« Si mes souvenirs sont bons, tu m’avais attrapé le bras pour m’emmener jouer au ballon, avant de me retirer mon livre, je ne faisais que me défendre ! » Elle leva la tête d’un air fier avant d’éclater de rire. Ils avaient tant de souvenirs ensemble, tant de moments partagés, des joyeux, des douloureux, mais coûte que coûte, toujours ensemble. Elle n’avait aucune idée de ce qu’elle serait devenue sans lui.

Elle se demandait ce qu’Eileen pensait d’elle. Elle ne l’avait jamais rencontrée, en avait simplement entendu parler, et l’avait aperçue le jour de son retour, à travers la fenêtre de chez Luke. Elle était jolie, des yeux clairs, brune, l’air enjouée, et le plus important, elle semblait rendre Luke heureux. Savoir qu’il parlait souvent d’elle avec sa petite-amie la surprenait. Noah, lui, n’avait jamais apprécié qu’elle parle de Luke, ou qu’elle lui parle si souvent. Bon nombre de leurs ‘disputes’ avait comme point de départ une conversation un peu trop longue avec son meilleur ami. Elle espérait pour lui qu’Eileen ne soit pas si possessive, et comprennent qu’une amitié comme la leur avait besoin d’être entretenue par de longues conversations, au téléphone ou via Skype. Elle tiqua lorsqu’il lui raconta que sa petite-amie la voyait sans doute avec des nattes et de la confiture plein le visage, réalisant alors que Luke devait la voir comme ça aussi. La petite fille aux nattes qu’il avait un jour abordé dans la cour de récréation. Ca avait beau être touchant, une part d’elle s’en retrouva vexée. Evidemment. Evidemment qu’il la voyait comme la gamine qu’il avait rencontrée, évidemment qu’il gardait en mémoire les nattes, sa coiffure typique lorsqu’elle était petite. Elle baissa la tête pour ne pas montrer sa confusion et sourit comme si de rien n’était à l’évocation de Milka, le regard plongé dans sa tasse de chocolat. « Je me souviens encore des sermons de ta mère, et ça me fait des frissons ! Elle était folle de rage. J’ai été punie pour deux semaines pour cette bêtise. » Un nouveau rire survint. Ils ressassaient les souvenirs. Voilà. Ils étaient pleins de souvenirs. Elle était le passé, pour lui, et ça la rendait triste, bien malgré elle.

« Parle-moi un peu plus d’elle alors, ça contrebalancera. » Elle esquissa un sourire. Elle n’avait aucune envie de parler d’Eileen, elle n’avait pas envie de savoir à quel point elle était géniale et à quel point elle le rendait heureux. Elle l’avait vu, son sourire, derrière la fenêtre. Elle s’était sentie… bien peu importante. De l’extérieur, elle avait observé une scène de bonheur à laquelle elle n’était pas conviée. Il avait une famille, maintenant, et il fallait qu’elle l’accepte réellement. Avec Rosie, c’était différent, c’était comme une nièce qu’elle voulait combler de bonheur. Lui offrir un doudou, ou un livre, c’était la moindre des choses. Elle fut touchée d’apprendre que c’était sa peluche qu’elle avait élu comme doudou, comme si à travers celle-ci, elle était là, elle aussi. « Les lapins roses ont un pouvoir sur les petites filles, aucun autre animal ne peut les remplacer, c’est comme ça, désolée ! » Elle lâcha un petit rire, se rappelant elle-même de son lapin rose qu’elle traînait partout étant petite. « Elle a du goût, cette petite ! Bon, je retire ce que j’ai dit, elle ne te ressemble pas tant que ça, en fait ! » Elle tira légèrement la langue en riant gentiment de sa plaisanterie. Ce que ça lui avait manqué, leurs discussions face à face, les taquineries, les blagues… Comment avait-elle fait tout ce temps sans lui ? Elle se le demandait.

Il lui faisait la promesse d’être là, comme avant, comme lorsqu’ils étaient enfants, et ces simples mots la rassurèrent. Sa main dans la sienne, elle pouvait avoir confiance. Il était probablement l’un des trois seuls hommes dont elle n’avait pas peur à l’heure actuelle. Son père, son frère, et Luke. Oui, elle était en sécurité, tant que Luke était là. Elle savait que ce n’était qu’une illusion, qu’il ne pourrait jamais être aussi présent qu’elle le souhaitait réellement, mais au moins, il était là. Elle fit remarquer la disparition de l’arbre sur lequel ils jouaient, un nouveau souvenir effacé qui rejoignait les autres à son grand désarroi. « C’est même étonnant qu’elle nous ait laissé jouer ensemble malgré tout ce qu’on a pu faire ! » Elle éclata de rire en souvenir de toutes les bêtises qu’ils avaient faites ensemble. Ils étaient le cauchemar des professeurs, qui essayaient toujours de les séparer, et pourtant, il n’y avait rien à faire, ils étaient comme les deux doigts d’une même main, inséparables. Elle eut soudain l’envie de rendre visite aux parents de Luke, prendre de leurs nouvelles maintenant qu’elle était là. Les Hopkins étaient une seconde famille pour elle, tout comme la sienne était celle de Luke. Ils étaient comme frère et sœur. Un titre parfois lourd à porter.

Et puis, elle avait fini par craquer, par exploser. Des regrets, elle en avait des tonnes. Elle se demandait si Luke aussi en avait. Elle savait qu’elle n’aurait pas dû partir, elle savait que sa vie aurait été bien meilleure si elle était restée, mais elle ne pouvait rien y faire. Elle craquait pour tous ces souvenirs envolés, ces occasions manquées, pour ne pas avoir dit à Luke qu’elle l’aimait bien plus qu’en ami, qu’il était pour elle son âme sœur, que jamais elle ne pourrait enfouir ses sentiments, pas faute d’avoir essayé pourtant. Elle pleurait pour toutes les choses qu’elle aurait dû faire, ou ne pas faire, des choses qu’elle ne pouvait pas réparer. C’était trop tard maintenant, elle avait dix ans de retard. Il ne comprenait pas, Luke. Il se rapprocha d’elle pour la rassurer alors qu’elle fondait en larmes devant lui, s’étant pourtant juré de ne pas se montrer faible, d’aborder un beau sourire, mais sa promesse intérieure n’avait pas duré bien longtemps, finalement. « Tous les jours. Et, ça fait un mal de chien. » Elle releva ses yeux pleins de larmes pour le regarder, se demandant ce qu’il pouvait bien regretter pour que ça fasse si mal. Hayley, peut-être. « Et ne dis pas ça. Tu as fait de belles choses en partant, regarde tout ce que tu me racontais avec ton travail, ton rêve... » Elle fondit à nouveau en larmes alors qu’il mettait en avant tous ses mensonges, secouant la tête de droite à gauche en rapprochant sa tête de l’épaule de son meilleur ami, seul réconfort qu’elle pouvait se permettre. « Luke… J’ai menti… » Elle avait la voix faiblarde, étouffée sous ses sanglots, alors qu’elle enfouissait sa tête contre l’épaule de Luke d’une façon coupable.

Son téléphone retentit, et elle s’éloigna bien vite, comme prise en faute. Elle s’attendait à ce qu’il décroche, mais il ne le fit pas. Elle essuya ses larmes du revers de sa main en reprenant ses esprits. « Tu ne décroches pas ? » Elle posa un peu plus de distance entre eux, admirant une nouvelle fois sa tasse alors qu’elle venait d’avouer qu’elle lui avait menti toutes ses années. Elle avait honte, tellement honte. Elle avait promis de ne jamais en parler, de ne jamais lui révéler la vérité, en plus de ça. Elle se mordit l’intérieur de la joue nerveusement, et se leva d’une traite pour s’éloigner un peu plus et éviter de lui faire face. La sonnerie continuait de retentir, mais il ne répondait pas. Lorsqu’elle s’arrêta, un silence de plomb vint les saisir. Elle était dos à lui, et ne savait plus comment agir à présent. « Tu… Je crois que tu devrais partir, Luke… » Ca la tuait de le dire, mais son secret était plus en sécurité comme ça. Sa fierté avant tout, pas vrai ?
Codage par Emi Burton



Bad timing tore us apart
Look, if you reject him now, he’s gonna make it his life’s mission to go out there and meet the most perfect, beautiful girl in the world just to try and get over you. And he’ll end up marrying this other woman and spending the rest of his life with her. And you know, he’ll tell himself that she’s perfect and he really must be happy, but she won’t be you.
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Fée Clochette
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MessageSujet: Re: Face to face and heart to heart, we're close yet so far apart. (Lucky)   Mer 20 Juil 2016 - 3:39


Face to face and heart to heart
We're so close yet so far apart

feat Lucky

Lucy avait toujours été une part importante de sa vie. Jamais il n'avait vécu un moment sans qu'elle ne soit pas là. Ou qu'il lui en parle. Lucy avait toujours été là à ses côtés. Ou dans son coeur. Cela ne changerait surement jamais. Comment pouvait-on laisser partir un premier amour ? C'était inscrit en nous. Rien n'était plus fort que ça. Pas même le destin. Alors oui, Luke en crevait tous les jours à cause de ça. En bavait tous les jours. Mais, jamais il ne pourrait s'en défaire. C'était ainsi. Il devait apprendre à vivre avec. A accepter ça. Même si c'était dur. Même si certaine fois, abandonner ses sentiments aurait été plus simple. Mais aurait-il été toujours lui s'il n'avait plus aimer Lucy ? Elle avait toujours été si importante pour lui qu'elle était presque devenue une partie de lui. Quand elle était partie loin de lui. Vers ses rêves. Vers l'Amérique. Il avait comme senti une amputation non consenti de sa propre âme. Cela avait été douloureux. Long. Et surtout... La plaie était encore ouverte. Voilà seulement qu'elle commençait à cicatriser. A ses côtés. Pourtant, il en avait d'autres cicatrices au coeur. Moins importantes. Mais douloureuses comme celle-là. La plupart était réservé à son ex-femme. A sa très chère ex-femme. Cette dernière qui était au bout du monde. Il ne savait pas trop où. Sans doute aux Maldives. Ou peut-être aux Philippines. Qu'importe. Il n'avait jamais été fort en géographie. Elle lui avait brisé le coeur. Un peu plus que Lucy. Mais Lucy, c'était différent. Un amour impossible, un amour à sens unique. Alors on s'y fait. On peut vivre avec. Mais quand l'être aimée vous plaque pour faire le tour du monde avec un autre. Votre égo en prend un sacré coup. Comme votre coeur. Luke s'est remis en question des nombreuses fois à cause de ça. Et si c'était lui en fait le problème ? Et si au fond, les autres ne faisaient que tous le suivre. Entre Lucy et ses sentiments impossibles cachés, Hayley et leur divorce... Il ne manquait plus qu'Eileen sur le tableau de la désolation. Alors c'était peut-être lui. Sans doute. Mais il fallait bien avouer qu'Hayley n'avait pas été de main morte. Elle lui avait brisé le coeur comme jamais. Presqu'autant qu'une certaine autre. Qui ne le savait même pas. La rousse avait piétiné son coeur avec ses talons. Elle avait balayé un mariage, des années de bonheur, et leur enfant pour simplement un autre homme. Un gigolo sans doute. Luke se l'était toujours imaginé comme le genre de type énervant à avoir toujours un brushing parfaits et des dents qui faisaient à elles seules la promotion d'un dentifrice blanchissant. Que devait-il penser de ça ? Il ne savait même plus. Hayley l'avait mis devant le fait accompli. Elle ne lui avait pas laissé le choix. Oh ça non. Ca aurait été tellement plus simple. Le regard du blond s'assombrit un peu à l'évocation de la jeune femme. Il aurait préféré ne plus entendre parler d'elle. Ca aurait été trop beau. Trop facile. « Tu as des nouvelles, parfois ? » Luke fuya un instant son regard. Réflechissant sans doute. Trouvant les mots. Hayley n'était pas une mère présente. Pourrait-on dire qu'elle était une mère indigne ? Sans aucun doute. En fait, le jeune homme lui en voulait plus pour Rosie que pour autre chose. Leur fille ne méritait pas ça. Elle avait le droit de connaître sa mère, de grandir à ses côtés. Même si à vrai dire, selon lui, Hayley n'avait même plus le droit de la connaître. Elle les avait abandonnés. Elle avait abandonné sa propre fille. Et Rosie s'était habituée. Rosie avait fini par ne plus poser de questions, se résignant. Ou du moins à ne plus réclamer simplement sa "maman", dans ses propres mots. C'était ça le pire. Elle s'était habituée à l'abandon. Ca faisait presque froid dans le dos à Luke. Il ne voulait pas ça pour sa fille. Oh ça non. Loin de là. « Non. Pas tellement. Elle téléphone. Parfois. La dernière fois, c'était pour l'anniversaire de Rosie en octobre dernier. C'est tout. » finit-il alors par dire. Presque lui-même résigné. Après tout, Hayley ne méritait sans doute pas cette vie. Elle était bien trop égoïste pour tout ça. Pour sa fille. Cette dernière s'en porterait sans doute mieux. Pourtant, au fond, Luke n'en était pas convaincu lui-même. Leur fille avait besoin de repères. D'une mère pour la guider, pour l'épauler tout au long de sa vie. Les autres femmes ne pourraient jamais complètement combler ce vide. Eileen avait beau être la femme parfaite, elle n'était pas la mère de Rosie. Luke en prenait de plus en plus conscience. Et ça faisait mal. Parce qu'il avait du fauté quelque part pour que tout ça arrive. « Parfois, j'ai l'impression de la détester au plus haut point. De la haïr comme jamais d'avoir tout laissé derrière elle pour... Un autre homme du bout du monde. Mais d'autres fois, j'ai l'impression que ça venait de nous. De moi. Tu sais... Comme ne pas en faire assez. Ou la routine. J'en sais rien.. » Il parlait à coeur ouvert. Parce qu'il en avait besoin. Vraiment. Il n'avait jamais trop parlé d'Hayley. Même avec Lucy. Cette partie de sa vie était bien trop sombre. Même Lucy en avait été presque exclue. A cette époque elle se mariait, Luke n'était même pas venu à son mariage, étant fraîchement divorcé. Ne voulant pas faire tâche devant son bonheur éclatant avec sa vie toute juste gâchée. Il l'avait repoussée pour se refermer sur lui-même. Pour simplement tenter de se reconstruire loin de tout ce qui l'avait détruit à petit feu. Il soupira un instant. Des images lui revinrent. Celle de la petite Lucy lors de leur première rencontre. Son sourire revint presque. Timide. Mais un peu plus fier qu'il y a quelques minutes. « Si mes souvenirs sont bons, tu m’avais attrapé le bras pour m’emmener jouer au ballon, avant de me retirer mon livre, je ne faisais que me défendre ! » A l'entente de ses paroles, il ne put s'empêcher de rire. Lucy avait toujours eu un caractère de feu. Il ne comptait plus les fois où elle s'était défendue gentiment face à ses farces. Il leva alors les mains presque en signe de reddition. De paix. Un grand sourire trônait sur ses lèvres. Les souvenirs d'enfance faisaient toujours du bien. Ils étaient certes toujours un peu plus lointains mais se souvenir était la plus belle des choses. La douleur de leur passé ne les étreindrait que plus tard. « Pour ma défense, je te sociabilisais ! T'étais pire que Calimero, si je me souviens bien. Fallait bien que quelqu'un s'y colle. Et puis, excuse-moi mais t'étais toujours dans tes livres. C'était la seule manière de pouvoir attirer ton attention. T'étais une coriace ! » Il plaisantait évidemment. Son rire accompagna ses paroles. Ils avaient tant de bons souvenirs ensembles. De moments partagés. Toujours fourrés ensemble à faire les quatre cent coups. Ce jour-là dans la cour de récréation avait été le premier d'une longue et belle amitié. Il l'avait connue petite fille avec ses nattes. Il l'avait connue adolescente dans sa période dite de presque rébellion. Et il l'avait connue femme. A travers des photos, des conversations parfois filmées. Oui, il l'avait toujours connue. Et il avait aimé chaque parcelle d'elle. Celle de la meilleure amie, celle de sa partenaire de crimes, celle de la confidente, celle de la femme. Surtout celle de la femme. Toujours ensemble. Comme toujours. Toujours complices. A faire les quatre cent coups. Digne d'un film de Truffaut. Ils en avaient été des cauchemars des professeurs. Même à l'autre bout de la classe, ils trouvaient toujours un moyen de communiquer. Des lancers de bouts de papier, des feuilles passées de main en main et plus récemment des messages même si à cette époque la technologie n'était pas si avancée que ça. Même leurs parents étaient parfois désolés. Ils étaient désolants. Comme la fois où ils voulurent laver le chien des Hopkins. Un vrai carnage aquatique. « Je me souviens encore des sermons de ta mère, et ça me fait des frissons ! Elle était folle de rage. J’ai été punie pour deux semaines pour cette bêtise. » Il joignit son rire au sien. Il l'aimait l'entendre rire. Il avait toujours adoré ça. C'était sans doute un des plus jolis sons de la Terre. Sans exagération. « Oh m'en parle pas. J'en ai entendu parler pendant deux mois. Ma mère ne s'en est jamais remise. Elle n'a jamais été aussi inventive en punition ce jour-là. C'est bien la première fois que je la voyais autant en colère. J'ai découvert son côté obscur ce jour-là. Faut dire qu'il y en avait partout. Une vraie piscine. Milka détestait les bains. » Il rit alors encore un petit peu. Pourtant, ce jour-là, il ne faisait pas le fier. S'il avait pu se cacher dans un trou de souris, il l'aurait fait. Lucy, quant à elle, n'en menait pas large. Si sa mémoire ne lui faisait pas défaut, elle s'était presque cachée derrière lui, honteuse. Ils avaient cru bien faire. Milka devait être tout propre pour le soir-même. Les Hopkins avaient décidé de faire un dîner. Mais apparemment, la tentative avait misérablement échouée. Comme beaucoup d'autres d'ailleurs. Et le sujet revint sur la jolie Eileen. Douce Eileen. « Parle-moi un peu plus d’elle alors, ça contrebalancera. » C'est vrai qu'il lui en parlait beaucoup de Lucy. Elle n'en semblait pas tellement agacée. Elle acceptait. Ou alors ne voulait-elle pas le froisser ? Il n'avait jamais réellement trop fait attention. Sans doute un tord. Certes, il est vrai que lors de rare fois, la brune l'aurait coupé dans son élan parce qu'ils devaient y aller, ou parce qu'il était l'heure d'aller à table. Des raisons valables de couper court à une conversation. Pas une intention voulue. Enfin... Il en doutait presque en y réfléchissant. « Parle-moi un peu plus d’elle alors, ça contrebalancera. » Luke en fut presque surpris. Parlez d'Eileen. Ca ne devrait pas être trop difficile. Pourtant, il ne sut pas par où commencer. Voulait-elle parler de ses hobbies ? De ses habitudes ? Ou alors de son histoire ? Le blond était un peu perdu, fallait bien l'avouer. « Hé bien... Que veux-tu savoir ? » Il lui retourne la question. Un peu comme pour y échapper. Sans doute. C'était mal. Dans un sens. Mais c'était plus fort que lui. « Si tu veux, contrairement à toi, elle déteste le cappucino. Elle n'arrive pas à en boire une seule gorgée. Elle a toujours vécu à Dublin. C'est sa ville natale. C'est presque drôle que l'on ne se soient pas croisés déjà dans notre enfance tous les trois. Elle devait sans doute habiter de l'autre côté de la ville, il me semble. Elle n'a jamais eu d'animaux. Si ce n'est un poisson rouge qui n'a pas tenu long feu. Elle adore les enfants. C'est pour ça qu'elle en a fait son métier. Oh, son péché mignon, ce sont les fraises. Mais ça il ne faut pas le dire. » Il avait fini par opter pour une cascade d'informations en tout genre. Pour que Lucy soit sur un pied d'égalité avec Eileen. Même s'il était clair qu'elles ne le seront jamais. Dans le coeur de Luke. Pouvait-on aimer deux personnes à la fois ? C'était une question à la fois si simple et si compliquée. Luke serait incapable. Il aimait Lucy. Du plus profond de son être. Mais il aimait aussi Eileen. D'un autre amour. Plus tendre. Plus jeune aussi. Moins fort ? Il n'en savait rien. Sans doute. A cause de sa récente apparition sans doute. Aussi fragile. Plus facile à briser. Peut-être. Il ne saurait dire à dire. C'était presque le drame. Le sujet s'allège un peu. Sa fille, il maîtrise. Ca le rassure presque. En terrain connu. Même s'il est évident que la paternité est une chose nouvelle pour lui. Même encore maintenant. Ses débuts n'avaient pas été très fleurissant faut dire. Bien trop incertain et peureux. Heureusement que son ex-femme avait été là. Pour une fois tiens. « Les lapins roses ont un pouvoir sur les petites filles, aucun autre animal ne peut les remplacer, c’est comme ça, désolée ! » Luke rit. Elle a pas tord. Déloger le petit lapin rose de Rosie était comme demander à Scratt de lâcher sa noisette : Impossible. Et la petite brune enchaîna avec un sourire. « Elle a du goût, cette petite ! Bon, je retire ce que j’ai dit, elle ne te ressemble pas tant que ça, en fait ! » Il se senti offenser. Mais gentiment. Il prit d'ailleurs une mine faussement choquée. « Lucy Melody Donegan, je ne vous permets pas. J'ai de très bons goûts ! » Hormis une certaine veste au lycée. Lucy en avait ri pendant des mois. Luke s'était toujours défendu. Elle ne comprenait pas la subtilité de la mode à la Luke James Hopkins. C'est ce qu'il avait décrété. Pour se défendre. Avec du recul, maintenant, cette veste était vraiment ignoble. Mais jamais il ne l'avouerait. Il avait trop de fierté -ou presque- sur cette question-ci. Même encore maintenant, ils pourraient en rire. Comme de leurs bêtises. Il s'en souvient comme si c'était hier. Des vrais petites terreurs. Lucy l'évoque aussi. Ca la fait sourire. « C’est même étonnant qu’elle nous ait laissé jouer ensemble malgré tout ce qu’on a pu faire ! » Il réfléchit un instant avant d'hausser doucement les épaules. « Sans doute parce qu'ils savaient que même s'ils nous l'interdisaient, on l'aurait fait quand même. On était de vrais hors-la-loi quand on s'y mettait ! » Il sourit. Pourtant, le sourire fut de courte durée. Lucy fondit en larmes. Elle craqua littéralement. Luke tenta de la réconforter. De lui montrer qu'il était là. Toujours. Des regrets, on en avait tous lui le premier. Mais c'était la vie. Fallait faire avec. Pourtant, il aurait aimé tout lui déballer. Maintenant. Parce que tous ses regrets ne portaient qu'un seul et unique nom. Son prénom. C'était elle son plus grand regret. Il aurait du tenter. Il aurait du essayer lorsque leur amitié aurait été encore capable de s'en remettre. Il aurait du vraiment. Mais c'était trop tard à présent. Il était en couple. Amoureux de surcroit. Et elle... Elle était heureuse sans lui. Elle s'était trouvé un Noah. Elle s'en retrouvera un autre. Qui celui-là durera surement toute la vie. Emportant alors à jamais ses sentiments avec lui. Lucy sanglota. Sa tête presque son épaule. Il lui parla de son métier. De ses réussites. De ce qu'elle avait accompli. Mais les paroles de Lucy furent irrévocables. « Luke… J’ai menti… » Il ne comprit pas sur le moment. Que voulait-elle dire ? Sur quel sujet ? Mais quand elle enfouit sa tête contre son épaule, il eut le réflexe de porter sa main à ses cheveux. La rassurer. Comme lorsqu'ils étaient petits. Comme il lui avait promis. Pourtant, il fut vite coupé dans son élan. Par la sonnerie de son téléphone. La première sonna dans le vide. Sans doute Eileen. Ce n'était pas le moment. Il verrait plus tard. Cela ne devait pas être trop grave. Sans doute. Non. Son attention était toute focalisée sur Lucy. Elle venait de s'éloigner. Elle lui tourna le dos. Ne lui faisant plus face. Comme si la sonnerie du téléphone de Luke avait été le signal. Il l'observa un instant ravaler ses larmes. S'essuyer les joues. Un silence presque glacial s'annonça depuis l'arrêt de la sonnerie. Un silence de plomb. « Tu ne décroches pas ? » Il ne répondit pas sur le moment. Il l'observa juste un instant. Sans un mot. Il voulait comprendre. Savoir. Pourquoi toutes ses larmes, toute cette scène. Il était perdu. Littéralement. « Tu… Je crois que tu devrais partir, Luke… » Là. Il ne put pas. Il se leva à son tour. Mais pas pour partir. Il n'en avait jamais eu l'intention. Il voulait des réponses. Des réponses à ses pourquoi. Il la fixa quelques secondes. Le silence perdura. Elle n'allait donc pas parler. Le laisser seul à ses interrogations. Mais il ne se laissera pas faire. Pas cette fois-ci. Il allait se battre pour une fois. Pour elle. Alors il croisa les bras. Comme toujours lorsqu'il est contrarié. « Non. » dit-il simplement. Il laissa filer encore quelques petites secondes. « Pas tant que tu m'auras répondu, Lucy. » Il était têtu Luke. Sans doute aussi têtu que la jeune femme. Alors il pourrait passer la nuit ici à attendre une réponse de la part de la jeune femme. Ne pas savoir le rendait dingue. Surtout quand il voyait l'état dans lequel la brune se mettait. Il voulait des réponses alors il les obtiendrait. Coûte que coûte. « Sur quoi m'as-tu menti ? Pourquoi ? » finit-il par dire. Il avait le regard déterminé. Au fond, il avait un peu peur Luke. Peur que ça implique son ex-mari. Peur que tout se rattache à Noah. Parce qu'il ne voyait que ça en Amérique. Du moins, pour le moment.



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MessageSujet: Re: Face to face and heart to heart, we're close yet so far apart. (Lucky)   Dim 4 Sep 2016 - 18:32



Face to face and heart to heart
Luke & Lucy
Elle avait parfois, plus souvent qu’elle ne se l’avouerait, pensé à dévoiler tous ses sentiments à Luke, qu’elle enfouissait depuis si longtemps déjà, probablement depuis son adolescence, si ce n’était depuis toujours. Luke était son alter-ego, son yang, celui avec qui elle s’épanouissait, celui qui la complétait si parfaitement. Sans lui, elle n’était plus Lucy, la jeune femme enjouée et rêveuse d’autrefois, et sa façon d’être depuis son départ le prouvait bien. Pour réellement exister, elle avait besoin de lui, c’était aussi simple et douloureux que ça. Elle pouvait fuir autant qu’elle le voulait, toutes ses erreurs la ramenaient jusqu’à lui. Il était son idéal inatteignable, son espoir manqué. Et aujourd’hui, il était trop tard. On dit que l’amour est une question de timing, et c’était vrai pour eux, pour elle. Un timing cabossé, une histoire d’amour désespérée. Un amour à sens unique avec lequel elle avait bien du mal à vivre. Elle avait fui la vérité toutes ces années pour s’en protéger, mais ses pas la ramenaient au passé. Elle était convaincue d’avoir plus besoin de lui qu’il n’avait besoin d’elle. S’il disparaissait, Lucy, elle, en mourrait. A l’inverse, elle était sûre qu’il se relèverait. Ce n’était pas une plainte ou un apitoiement, simplement la réalité, un peu douloureuse, de savoir que Luke était plus fort qu’elle, et qu’il pouvait faire sa vie sans elle. Il l’avait d’ailleurs fait, et il avait réussi. Malgré son divorce difficile, il avait eu une fille, et avait rebondi. Il s’en sortait parfaitement bien maintenant. Elle se sentait toute petite face à lui, insignifiante, et ce sentiment ne datait pas d’hier. Sa confiance en elle effondrée, Luke était comme un modèle qu’elle admirait sans savoir comment s’en rapprocher. Ca non plus, il n’en avait pas idée, cette admiration sans borne qu’elle lui vouait depuis le tout premier jour.

Parler de l’ex-femme de Luke lui faisait toujours un pincement au cœur. Elle avait brisé bien des cœurs dans l’histoire, celui de Lucy en premier, le jour où son meilleur ami lui avait annoncé qu’il se mariait, son cœur à lui, en le quittant si brusquement, et le cœur de Rosie, cette petite qui grandissait sans sa mère. Elle détestait Hayley, de tout son cœur, de toute son âme, plus qu’elle n’avait jamais détesté qui que ce fût. Elle ne méritait même pas le titre de mère que la vie lui avait attribué. Quelque part, c’était sans doute mieux pour tout le monde qu’elle soit partie, pensait-elle souvent. Elle se demandait quelle mère elle aurait été si elle était restée. Peut-être aurait-elle été de celles qui exigent toujours plus de leur enfant sans jamais se contenter de les aimer. La vérité, c’est qu’elle ne la connaissait pas assez pour imaginer quoi que ce soit. Encore une chose qu’elle avait manqué. Elle n’avait connu qu’à peine l’ex-femme de la personne la plus importante de sa vie. Elle ne referait plus la même erreur, même si c’était dur, même si le savoir avec une autre lui brisait le cœur, même si voir Rosie lui rappelait ce qu’elle ne pourrait jamais avoir. Cette fois-ci, elle serait là. Et elle se trouvait bien égoïste d’avoir ce genre d’objectifs. A l’évocation d’Hayley, elle vit la gêne qu’éprouvait Luke à parler d’elle. Elle se mordit la lèvre inférieure, persuadée d’avoir gaffé, alors qu’il répondait d’un air dépité. « Je vois… Tu parles d’une mère… » Alors qu’il se dénigrait, elle posa une main sur la sienne pour le rassurer, petit sourire aux lèvres. « Tu n’y es pour rien. Tu as fait ton maximum Luke. Et jusqu’à preuve du contraire, ce n’est pas toi qui a abandonné ta fille. Au contraire, c’est toi qui l’élèves, c’est toi qui la vois grandir, et qui est là chaque jour pour elle. Tout ce qu’elle a fait, elle, c’est fuir. » Et en matière de fuite, elle s’y connaissait. Luke, lui, était un père exemplaire.

Les rires revinrent lorsqu’ils parlèrent du passé, ce tendre passé, qu’elle chérissait tant. Ils avaient tant de souvenirs ensemble qu’ils pourraient bien en faire un long roman d’aventures. Aucun obstacle de pouvait entacher leur amitié, toujours plus forte, et la preuve en était qu’aujourd’hui, malgré toutes les blessures, ils étaient en train de discuter en buvant une tasse de chocolat l’un en face de l’autre. D’un point de vue extérieur, tout portait à croire qu’ils finiraient leur vie ensemble, et tout le monde en était convaincu depuis leur enfance. « Eh ! C’est méchant ! C’est pas vrai en plus, j’avais quelques amis… » Elle rit légèrement. Enfant, il fallait bien avouer que Luke l’avait sauvée d’une vie de solitude. Elle n’était pourtant pas associable, simplement trop timide pour aller d’elle-même vers les autres. Il l’avait ouverte au monde. Sourire au coin des lèvres, elle le poussa gentiment à l’épaule. « C’est sûr que toi, tu avais plus la tête dans un ballon ! Tu étais comme un leader. » Elle baissa légèrement les yeux, nostalgique, avouant à demi-mots l’admiration qu’elle avait pour lui. Il aurait pu l’ignorer, comme tous les autres, la laisser dans sa bulle, mais ce n’était pas ce qu’il avait fait. Il lui avait pris la main et l’avait embarquée dans son monde à lui. Et son monde était devenu le sien aussi. Et dans ce monde, ils en avaient fait des bêtises. « J’aurais été folle de rage moi aussi, je pense, à sa place ! » Elle éclata de rire en souvenir de ce bon vieux temps avant d’enchainer sur un sujet qui la réjouissait beaucoup moins : Eileen.

Elle s’efforçait de s’intéressait à elle, lui demandant de lui parler de celle avec qui il partageait sa vie, en retenant au mieux la douleur qui s’immisçait dans son cœur à l’évocation de la brune. Elle avait eu un aperçu de sa nouvelle vie lorsqu’elle était rentrée à Dublin, prête à surprendre Luke avant de les voir, telle une jolie petite famille, par la fenêtre, à l’extérieur, presque éjectée de cette vie. Elle s’était soudain sentie exclue, seule. « Je ne sais pas, raconte-moi comment elle est, enfin, ce que tu veux ! » Elle était sa meilleure amie après tout. Elle n’avait pas le droit d’être jalouse, pas le droit de prendre tout ça si mal, il devait sentir qu’il pouvait en parler devant elle. Tout ce qu’elle voulait, c’était qu’ils retrouvent leur lien si particulier. Parler d’Eileen, c’était se rapprocher de lui. Elle n’avait aucun droit d’être égoïste. Elle écouta attentivement ce qu’il lui racontait sur sa petite-amie, un sourire légèrement forcé qu’elle espérait malgré tout naturel, alors que son cœur souffrait à l’intérieur. Elle avait toujours vécu à Dublin. Etonnant qu’ils ne se soient jamais rencontrés, en effet. Heureusement, pensa-t-elle égoïstement. « Et… Rosie arrive à s’y faire ? Tu en es où, avec elle ? Est-ce que tu l’aimes ? » C’était une question un peu idiote, dont elle pensait déjà connaître la réponse, mais elle avait comme besoin de l’entendre de sa bouche. S’il lui répondait oui, ou de son petit sourire presque gêné qu’elle connaissait par cœur, elle s’effacerait pour de bon. Elle resterait son amie, et enfouirait ses sentiments un peu plus profondément dans l’espoir de les oublier. Peut-être rencontrerait-elle quelqu’un d’autre, quelqu’un de gentil, de vraiment gentil, quelqu’un qu’elle pourrait se voir aimer, quelqu’un avec qui elle accepterait de passer le reste de sa vie. Encore fallait-il qu’elle vainque sa peur des hommes.

Elle était rassurée de voir que tout n’était pas perdu pour eux. Malgré le silence de Lucy depuis quelques temps, leur lien semblait revenir à la normale. Les taquineries et les rires étaient toujours là, à croire que Luke pouvait tout lui pardonner, même le pire. Ca lui réchauffait le cœur. Elle se moqua gentiment de Luke et sa réplique la fit rire un peu plus. « Mouais, je me souviens encore de cette veste… » Elle laissa sa phrase en suspens avant de ricaner en repensant à la fameuse veste hideuse qu’il avait eu un jour l’idée de porter malgré tout ce qu’on pouvait bien lui dire. Leur complicité n’avait aucune limite, aucune faille. Ses sentiments avaient beau troubler son cœur, ça ne changeait rien. Ils avaient vécu tant de choses ensemble, ils avaient affronté les épreuves de la vie ensemble, jusqu’à récemment. Leur divorce mutuel, c’était une chose dont ils ne parlaient pas, cependant. Heureusement, pensait-elle. Elle lui mentait beaucoup trop, et parler de ça ne ferait qu’alimenter un peu plus ses mensonges, et ça, elle n’en avait plus envie. Elle préférait étouffer le tout et éviter toute question qu’il pourrait lui poser. Pour le moment se remémorer les souvenirs heureux qu’ils avaient en commun la rendait bien plus heureuse. « C’est vrai, même les profs avaient fini par abandonner, je m’en souviens ! On s’est toujours arrangé pour contourner les interdictions de toute façon. » Elle continua de rire à l’évocation de ce passé révolu, puis la réalité l’assaillit de nouveau. Elle aurait voulu qu’il existe un moyen de revenir dans le temps pour prévenir de toute cette souffrance qui l’attendait. Les regrets. C’était ça le pire. Elle avait passé ces neuf dernières années à regretter, et c’était loin d’être la fin de son calvaire.

Alors qu’ils discutaient tranquillement, les larmes la trahirent finalement et elle ne parvint pas à les retenir. Elle avait honte de se montrer dans cet état de faiblesse devant Luke, après tout ce temps. Elle était trop fière, beaucoup trop fière, Lucy, et c’était son plus gros défaut. Alors qu’il lui parlait de toute la réussite dont elle s’était vanté dans ses messages, la serrant fort dans ses bras, elle lui révéla la vérité, que tout ça n’était qu’un mensonge, une vie factice qu’elle avait préféré s’inventer pour qu’il s’imagine qu’elle avait fait le bon choix lorsque Lucy, elle, savait qu’elle avait commis la pire erreur de sa vie en s’acharnant. Elle aurait dû écouter ses parents, sa sœur, son frère, tout son entourage, et elle s’en mordait les doigts. Brisant le silence qui avait fait suite à sa révélation, la sonnerie du téléphone de Luke retentit, et elle en profita pour s’écarter. Elle devait s’arrêter là, elle savait qu’une fois qu’il saurait la vérité sur son métier, il poserait des questions sur son mariage, c’était la suite logique, et elle n’avait aucune envie que toutes ces illusions s’écroulent. Le téléphone sonna dans le vide, et elle sentit le regard plein d’incompréhension de Luke tourné vers elle. Il ne comptait pas décrocher. Elle avait merdé. Elle se leva alors, s’éloignant un peu plus de lui, lui tournant même le dos pour ne pas avoir à croiser son regard alors qu’elle lui demandait de partir. Elle priait pour qu’il s’exécute, mais elle le connaissait bien trop pour y croire.

Elle l’entendit se lever derrière elle et retint son souffle en essuyant le reste de larmes qui coulaient sur ses joues. Elle le sentit s’approcher, espérant qu’il ne ferait que la dépasser pour prendre la porte, mais au lieu de ça, il se posta devant elle, les bras croisés, l’air déterminé, en refusant de partir. Elle le savait. Elle releva les yeux pour le regarder et ce fut comme si un duel de regard se jouait au milieu du silence, avant qu’il ne le brise en demandant des réponses. Comment pouvait-elle s’en sortir maintenant ? Elle soupira et esquissa un faible sourire plein d’amertume. « Laisse tomber. » Evidemment, sa remarque n’eut aucun effet sur lui, et il ne fit qu’expliciter sa question. Il ne lâcherait rien, elle le savait. Et voilà, elle payait ses mensonges à présent. Elle se demandait la réaction qu’il aurait s’il savait tout. Peut-être qu’au final, il ne lui pardonnerait pas ça ? Neuf ans passés à lui mentir, ce n’était pas rien. Elle le toisa un moment, silencieuse, hésitant entre tout lui dire et le pousser de force à sortir. Dans les deux cas, elle briserait certainement leur amitié. Elle était fichue. « Tu ne peux pas juste oublier ça ? On pourrait faire comme si de rien n’était, ne pas parler des Etats-Unis, et reprendre nos vies où elles en étaient, non ?! » Non. Ca ne fonctionnerait pas cette fois, elle le savait. Après quelques secondes, de longues secondes de tumulte, elle affronta à nouveau son regard. « J’ai jamais réussi là-bas ! Je vivais dans un taudis jusqu’à ce que Noah arrive ! J’ai jamais eu le succès que je te racontais, je bossais dans une maison d’édition qui me payait à peine de quoi payer mon loyer et manger, j’ai créé une seule bande-dessinée, et ça a été un tel flop que j’ai dépensé plus d’argent que je n’en ai gagné ! Personne ne s’intéressait à mes dessins, pas plus qu’à mes histoires ! » Elle se tut quelques instants, les larmes aux yeux, et sa voix s’éleva à nouveau. « J’ai menti ! Tout ce temps ! Tu me demandais des copies de ce que je faisais et je te racontais que je ne pouvais pas te les montrer pour telle ou telle raison, alors que je n’avais simplement rien à montrer ! Partir en Amérique a été la pire chose que j’ai faite ! C’était un enfer, un vrai cauchemar là-bas, mais je ne voulais pas que vous soyez au courant, alors j’ai menti ! A tout le monde ! Niahm a été la seule au courant d’absolument tout, et c’est seulement parce qu’elle a insisté pour venir ! » Elle commençait à trop en dire. Encore un peu et elle lui racontait pour Noah. Ce secret-là, elle ne pouvait pas encore le laisser sortir. Elle fusilla son ami du regard, entre colère, peur, honte, et désespoir. « T’aurais dû venir avec moi. Tu m’avais dit que tu viendrais. » Elle était persuadée que s’il avait été là, tout aurait été différent. Il aurait dû venir avec elle, ou elle aurait dû rester ici. Ils auraient dû rester ensemble, quoi qu’il arrive.

Codage par Emi Burton



Bad timing tore us apart
Look, if you reject him now, he’s gonna make it his life’s mission to go out there and meet the most perfect, beautiful girl in the world just to try and get over you. And he’ll end up marrying this other woman and spending the rest of his life with her. And you know, he’ll tell himself that she’s perfect and he really must be happy, but she won’t be you.
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